Prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles

Pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles, 2 instantes sont installées par le département du Travail.
L’Algérie a célébré lundi la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail sous le signe de l’innovation numérique. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fayçal Bentaleb, a souligné l’importance cruciale de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle dans l’amélioration des conditions de travail et la prévention des risques professionnels.
FAVORISER LE « DIALOGUE SOCIAL SPÉCIALISÉ »
Dans son discours prononcé à cette occasion, le ministre a mis en exergue la nécessité pour l’Algérie de s’adapter rapidement aux mutations digitales, en modernisant les chaînes de production, en renforçant les infrastructures technologiques et en développant des politiques de prévention exploitant les capacités de l’intelligence artificielle pour anticiper et réduire les accidents du travail. En présence du ministre de la Santé, de la représentante de l’UGTA et du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Bentaleb a annoncé l’installation, cette année, du Conseil national de la prévention sanitaire, de la sécurité et de la médecine du travail, ainsi que de la Commission nationale des maladies professionnelles.
«Ces 2 instances constitueront des cadres institutionnels favorisant le dialogue social spécialisé, permettant d’échanger les expertises et de renforcer la coopération entre les différents acteurs du marché du travail», a-t-il souligné. Selon le ministre, la mise en œuvre de ces 2 organes permettra de diagnostiquer les systèmes de prévention des accidents de travail, d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la coordination entre les parties concernées, de développer des stratégies efficaces en matière de prévention et de proposer des mécanismes nationaux modernes adaptés aux activités professionnelles. D’où l’importance de cette journée, a souligné le ministre.
Placée, cette année, sous le thème «Une révolution en matière de sécurité et de santé au travail : le rôle de l’intelligence artificielle et de la numérisation», cette journée vise, insiste-t-il, à sensibiliser l’ensemble des acteurs, syndicats, institutions publiques et entreprises, aux profondes transformations du monde du travail engendrées par les nouvelles technologies. Ainsi, il devient, dira-t-il, «impératif de suivre ces mutations rapides et de réfléchir à la manière d’exploiter les immenses potentialités offertes par ces technologies, notamment celles liées à l’intelligence artificielle, afin d’élaborer des politiques nationales de prévention en matière de santé et de sécurité au travail».

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE POUR PRÉVENIR LES RISQUES
La numérisation et l’intelligence artificielle sont, a-t-il indiqué, des outils-clés dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail, précisant qu’elles «permettent une détection rapide et précise des risques, fournissent des informations fiables en temps réel, facilitent la prise de décisions efficaces et la mise en œuvre de mesures préventives et proactives». Dans cette perspective, le ministre a appelé à une mobilisation collective pour ancrer une véritable culture de la prévention dans toutes les entreprises, «condition essentielle pour garantir un environnement de travail sûr, préserver la santé des travailleurs et soutenir le développement économique du pays», a-t-il insisté.
De son côté, le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi, a indiqué que dans le cadre de la médecine du travail, ses services ont principalement axé leurs efforts sur la prévention. Cette approche, selon lui, a eu «un impact positif et donné de bons résultats». Il a également souligné que son département, en phase avec les avancées technologiques, prévoit d’introduire l’intelligence artificielle comme outil de détection précoce des accidents de travail et de renforcement des actions de prévention.

UNE ARME À DOUBLE TRANCHANT
La représentante de l’UGTA, Pr Akif, a indiqué que l’Organisation syndicale accorde un fort intérêt à cet aspect informant que la Centrale syndicale a créé 2 structures dont une dédiée à la sécurité dans le milieu du travail et l’autre à la numérisation. Dans ce sillage, le président du CREA, Kamel Moula, a souligné que les moyens technologiques ont révolutionné le monde du travail, faisant émerger de nouvelles pratiques citant le travail à distance, notamment durant la période de la Covid 19.

Cependant, il insiste sur l’impératif de faire face aux méfaits de l’utilisation abusive des moyens technologiques qui, précise-t-il, peuvent être néfastes sur la santé des travailleurs. Le représentant du bureau du travail mondial en Algérie a, quant à lui, mis l’accent sur l’approche participative soulignant que la transformation numérique consolide la sécurité dans le milieu du travail.
Wassila Ould Hamouda
