Festival national de la cuisine traditionnelle à Blida 

Promouvoir le patrimoine culinaire des régions

Blida accueille le Festival national de la cuisine traditionnelle pour promouvoir le patrimoine culinaire des régions.

La maison de l’artiste Rabah Driassa de la ville des Roses a abrité la première édition du Festival national de la cuisine traditionnelle, organisée par l’Association algérienne des arts, de l’artisanat, de la promotion touristique et de la culture populaire, en coordination avec la Direction du tourisme et de l’industrie traditionnelle de la wilaya de Blida. L’objectif de cette manifestation socioculturelle est de promouvoir l’art culinaire traditionnel algérien et de le préserver de tout oubli ou d’une éventuelle appropriation ou vol.

Cette première édition a vu la participation de nombreux artisans représentant 16 wilayas du pays, dont Bouira, Adrar, Constantine, Tindouf, Ouargla, Mascara, Sidi Bel Abbès, Bordj Bou Arréridj, Naâma, Médéa et Boumerdès dont les représentants «ont proposé des plats traditionnels connus et qui font la réputation de leurs régions, démontrant à l’occasion la diversité de la gastronomie populaire algérienne», a indiqué Bilal Houari, chef du bureau de wilaya de l’Association algérienne des arts, de l’artisanat et de la promotion du tourisme et des cultures populaires, organisatrice de l’événement. «Certains artisans ont également eu l’opportunité de participer au festival en exposant des produits du terroir, tels que des stencils en poterie.

Redécouverte de plats oubliés

Au premier rang de ces plats traditionnels, se trouvait le couscous appelé «El Hemama», présenté par Mme Djahida, une artisane très réputée à Blida, figure parmi les curiosités culinaires les plus appréciées par les visiteurs de cette manifestation, d’autant plus que sa préparation coïncide souvent avec cette période de l’année (printemps), qui voit la floraison de nombreuses plantes médicinales et aromatiques nécessaires pour sa préparation. «Ce plat compte près d’une quarantaine de plantes, cueillies sur les hauteurs de l’Atlas blidéen, qui une fois lavées, nettoyées, et broyées, sont roulées avec de la semoule, qui sera cuite à la vapeur pour être servie avec de l’huile d’olive et du sucre», a expliqué Mme Djahida.

Elle a également présenté un plat appelé fatayer un beigné, qui, selon elle, n’est plus en vogue, mais qu’elle s’efforce de faire revivre. «Je m’intéresse de plus en plus à la cuisine traditionnelle. J’ai commencé mes recherches en m’adressant aux femmes âgées qui préservent ces plats d’antan et gardent une richesse inestimable de notre art culinaire hérité a plus d’un siècle», a déclaré cette psychologue.

Mme Djahida ravive la tradition du pain au « tamrasat »

«Autrefois, les habitants du Haut-Chréa préparaient du pain avec du tamrasat, une herbe proche de la menthe. Ce pain était consommé avec de l’huile d’olive. C’est une plante tonique et énergisante aux multiples bienfaits. Mes recherches m’ont permis de découvrir que cette plante pousse sur les rives des vallées montagneuses face à la mer, notamment les montagnes de Cherchell et de Ténès», explique-t-elle, en faisant remarquer que les changements qui ont affecté la société algérienne ont contribué à la disparition des certains aliments traditionnels, auxquels les familles adhéraient dans le passé.

«La société est fondée sur le système familial élargi. La nourriture constitue un élément clé dans ce système, et les aliments sont sains et naturels. Les générations futures devraient être éduquées et sensibilisées à leur importance», a préconisé la dame.

Manger sain et naturel

Cette dernière évoque un autre plat traditionnel. Une soupe appelée chorba bayda, préparé à base d’une pâte fine. «Un plat célèbre à Blida et dans le centre de l’Algérie. Préparer cette pâte est très fatigant, et les femmes ont maintenant une alternative avec la disponibilité du friq de blé, issu de l’est du pays et au goût sucré. De ce fait, la production de cette pâte a diminué et son prix a augmenté sur les marchés», a indiqué notre interlocutrice.

Par ailleurs, la présidente de l’Association nationale de l’artisanat, Nacera Boudissa, indique que le plat de couscous hamama est nominé au classement national et international. «Il contient une multitude d’aliments et apporte plus de bienfaits pour la santé du consommateur en raison de plantes qu’il contient», souligne Mme Boudissa avant d’évoquer la ville de Mostaganem qui, selon elle, se caractérise par un plat traditionnel appelé qawaret, qui est plat très similaire au makaroun laâma, tandis que Médéa est célèbre pour le couscous préparé avec de la poudre de pain sec la chablore. «Ce plat est comme une nécessité née d’une invention pendant l’époque coloniale où les femmes étaient obligées de valoriser le pain sec et d’en préparer du couscous pour les membres de la famille ainsi que pour les moudjahidine de passage dans ces régions montagneuses. Et c’est de là qu’est né ce plat traditionnel», a précisé la présidente de l’Association nationale de l’artisanat avant de soulever la question de la formation limitée aux artisans en cuisine moderne, en raison de l’intérêt des filles pour le domaine commercial.

Sur ce sujet, elle a appelé au développement d’une méthode de formation aux recettes anciennes et à la cuisine traditionnelle, qui est principalement manuelle et artisanale, en faisant référence à ce qu’on appelle, par exemple, le tordage manuel des aliments, ainsi que la pâte à makaroun Laama et autres. Un travail fatigant certes, selon elle, rebuté par les filles de la génération actuelle. Elle attribue la transmission des plats de pigeon, de macaron lama et de boubrais et d’autres d’une génération à l’autre à l’empressement des mères algériennes à enseigner à leurs filles l’art de les préparer.

Des sorties touristiques ont également été portées au programme de cette manifestation, de même que  des concours d’encouragement au profit des participants sont prévus dans le cadre de la promotion du tourisme intérieur.

M.Benkeddada

 

 

 

 

 

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