Salles de sport, reflet d’une société en quête de bien-être

Salles de sport, reflet d’une société en quête de bien-être. Depuis quelques années, les salles de sport se multiplient à travers les différentes villes du pays.
Cette croissance traduit un intérêt croissant des citoyens pour la pratique sportive régulière, dans une société où la sédentarité et les maladies liées au mode de vie moderne deviennent des préoccupations majeures.
Que ce soit à Alger, Oran, Constantine, Annaba, Tlemcen, Sétif ou même au niveau des petites villes, les clubs de remise en forme attirent de plus en plus d’adhérents, de tous âges et de tous les profils.
Corps sain, esprit sain : les bienfaits prouvés de l’exercice régulier
À El Biar (Alger), la salle «Evolution Gym» ne désemplit pas. À l’intérieur, les appareils s’enchaînent, les coachs circulent et les adhérents s’entraînent avec rigueur. C’est dans cette salle que nous avons rencontré Wassim Bensalem, coach sportif diplômé, actif dans plusieurs structures privées de la capitale. Il observe ce phénomène avec un œil positif : «L’engouement pour le sport est une très bonne chose. Au-delà de l’aspect esthétique, l’activité physique régulière a des bienfaits majeurs, aussi bien sur le plan physique que mental», explique-t-il.
Selon lui, les entraînements doivent être adaptés à chaque personne. «Nous façonnons les séances en fonction des objectifs individuels : perte de poids, prise de masse musculaire, amélioration de l’endurance ou simple remise en forme. Chaque profil a ses besoins, et nous recommandons des programmes sur mesure pour accompagner les adhérents efficacement.»
Le coach insiste également sur l’importance d’adopter une approche globale : «Pour obtenir des résultats satisfaisants, il est essentiel d’associer l’entraînement à une alimentation équilibrée. L’un ne va pas sans l’autre. Et je recommande aussi de pratiquer, en parallèle de la musculation ou du fitness, un sport d’endurance ou de coordination, comme la natation, la boxe ou même la marche rapide, pour canaliser cette vigueur retrouvée dans la salle et la mettre au service d’une activité concrète.»
La salle de sport se féminise et chasse les clichés
Le coach a tenu aussi à briser certains stéréotypes : «La salle de sport n’est plus un espace réservé aux machos qui veulent uniquement sculpter leur corps. Aujourd’hui, la tendance a changé. De plus en plus de femmes s’y inscrivent et s’y entraînent avec sérieux. Elles viennent pour prendre soin de leur corps, de leur santé, et se sentent de plus en plus à l’aise dans ce type d’environnement. Elles font désormais pleinement partie de nos adhérents.»
Il souligne, toute fois, que «la plupart des salles ne sont pas mixtes. Les hommes et les femmes s’entraînent à des heures différentes, ce qui demande une organisation particulière, mais cela reste la norme dans beaucoup de quartiers.» Côté tarifs, les prix varient selon les prestations, les équipements et les zones. En moyenne, un abonnement mensuel coûte environ 5.000 DA pour les hommes et jusqu’à 6.000 DA pour les femmes, notamment dans les salles qui proposent un encadrement spécifique ou des horaires réservés.
Le sport doit rester un allié du bien-être
Mais le coach veut aussi alerter sur un phénomène préoccupant qu’il observe chez certains pratiquants réguliers. «Après quelques années de stagnation, certains se tournent vers des produits présentés comme des boosters de performance, notamment les SARMs (modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes) ou autres substances hormonales. Ces produits agissent sur le système endocrinien, en modifiant notamment les niveaux naturels de testostérone. Ils peuvent sembler prometteurs à court terme, mais les effets secondaires sont réels et souvent graves : troubles hormonaux, problèmes hépatiques, baisse de fertilité, dépendance. Ce sont des produits non recommandés par les professionnels de la santé.»
Son conseil est clair : «Il vaut mieux rester naturel. C’est le meilleur choix pour vivre en équilibre avec son corps, progresser sainement et préserver sa santé à long terme. Le sport doit rester un allié du bien-être, pas un facteur de risque», a-t-il conclu.
Dans cette ambiance dynamique, chacun semble avoir sa propre motivation. Youcef, 24 ans, vient s’entraîner trois fois par semaine : «Je fais du sport pour me sentir bien dans mon corps. C’est devenu une routine, une manière de libérer la pression du travail et d’avoir une meilleure énergie au quotidien.» Pour d’autres, la démarche est d’abord liée à la santé. C’est le cas de Mourad, 52 ans, qui a rejoint la salle il y a six mois. «Mon médecin m’a conseillé de pratiquer une activité physique régulière pour prévenir l’apparition de troubles cardiaques. Depuis, je me sens plus en forme, j’ai perdu quelques kilos, et j’ai retrouvé une certaine vitalité.»
Cette prise de conscience autour du bien-être corporel et mental s’inscrit dans un changement culturel. Si auparavant la salle de sport était perçue comme un luxe ou un simple loisir, elle devient aujourd’hui un espace de prévention, d’entretien et de socialisation. Pour les professionnels du secteur, cet engouement représente également un défi : encadrer, conseiller et sensibiliser les pratiquants pour garantir une approche saine et durable de l’activité physique.
Rostom Belgacem