«Un prétexte fallacieux pour porter atteinte aux relations algéro-françaises»

Sofiane Chaïb est revenu, mardi, lors d’un entretien exclusif accordé à la Télévision algérienne, sur le dernier acte hostile commis par les autorités françaises à l’égard de l’Algérie.
Pour Sofiane Chaïb, l’arrestation de l’agent consulaire algérien est contraire aux us et coutumes en vigueur dans les relations diplomatiques.
« Une violation flagrante des accords et traités entre les deux pays »
«L’agent consulaire algérien a été interpellé dans la rue dans des conditions sans précédent, sans respect des procédures légales reconnues par les autorités françaises compétentes», a déclaré le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger. Et de préciser que «cet acte va à l’encontre de toutes les normes et conventions diplomatiques en vigueur et constitue une violation flagrante des accords et traités entre les deux pays». Plus grave encore, soulignera-t-il, l’interpellation de l’agent consulaire algérien s’est faite sous prétexte que son téléphone portable a été borné à une adresse proche de celle d’un individu recherché par la justice. De même, ajoutera-t-il, «l’Algérie dénonce fermement le «prétexte» avancé par les autorités françaises pour placer l’agent consulaire algérien en détention provisoire. Et d’indiquer que l’Algérie a clairement exprimé sa position à chaque étape de cette affaire, sachant que l’agent consulaire algérien injustement arrêté bénéficie d’une protection, d’une immunité et de privilèges liés à ses fonctions consulaires.
L’Algérie, dira aussi Sofiane Chaïb, «a exprimé sa ferme volonté de défendre et de protéger son agent consulaire». Pour le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le «prétexte fallacieux» invoqué vise à porter atteinte aux relations algéro-françaises qui commençaient à se normaliser». Ainsi, Sofiane Chaïb rend, par ailleurs, Bruno Retailleau responsable de cette nouvelle situation. «Le ministre de l’Intérieur français porte l’entière responsabilité de cette nouvelle situation entre l’Algérie et la France», a-t-il asséné. Et de rappeler que cet acte honteux intervient à un moment où les relations algéro-françaises entraient dans une phase d’apaisement, suite à l’appel téléphonique entre les deux chefs d’État, suivi de la visite du ministre français des Affaires étrangères en Algérie.
Paris choisit l’escalade
Evoquant l’impact de ce nouvel incident, il indiquera que «lorsqu’on parle de la communauté algérienne, on parle de 80% des Algériens inscrits auprès de nos représentations consulaires, c’est pourquoi cette situation a un impact sur le climat actuel entre les deux pays». Et de rappeler qu’à «chaque occasion, le président de la République adresse un message de soutien et de réassurance aux membres de la communauté algérienne. La création d’un poste de ministre chargé de la Communauté nationale à l’étranger est une preuve concrète de l’intérêt qu’il leur porte» et de poursuivre en indiquant que «l’Algérie dispose d’un réseau consulaire en France qui œuvre à maintenir et à préserver les liens humains avec les membres de la communauté algérienne établis dans ce pays».
Mais, alors qu’il était attendu que la France fasse preuve de responsabilité et revienne à la raison, il semble que Paris ait opté pour une toute autre voie, celle de l’escalade. En effet, le président français Emmanuel Macron a décidé, mardi, d’expulser 12 agents servant dans le réseau consulaire et diplomatique algérien en France». Il a aussi, selon le communiqué de l’Elysée, «décidé de rappeler pour consultations l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet».
Farah Chibane