Alger, Tunis et Le Caire appellent à une solution rapide de la crise libyenne

Alger, Tunis et Le Caire appellent à une solution rapide de la crise libyenne, à l’issue de la réunion ministérielle tripartite des pays voisins.

Les récents affrontements de Tripoli entre milices libyennes ont remis la crise libyenne au cœur de l’actualité régionale, d’autant qu’ils préfigurent d’une instabilité prolongée qui forcément impactera les pays du voisinage. Si, souligne une récen­te analyse d’un think tank sur la situation qui prévaut en Libye, Tripoli reste l’épicentre des affrontements entre milices, la possibilité que la violence s’étende au-delà de la capitale reste un risque important. Et d’ajouter que si le conflit se propageait à d’autres régions, il pourrait dégénérer en une guerre civile plus large, attirant des acteurs extérieurs et conduisant à une plus grande fragmentation.

Nécessité d’accélérer le règlement de la crise libyenne

Aussi une telle escalade saperait les efforts de reconstruction de l’État et renforcerait encore le pouvoir des factions armées, exacerbant la crise et délégitimant le gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale. Ces risques ne sont pas sous-estimés par les pays voisins Alger, Tunis et Le Caire, qui ont conscience de la complexité de la situation et des conséquences de la détérioration de la situation politico-sécuritaire sur leur propre sécurité.

Réunis samedi au Caire dans le cadre du mécanis­me tripartite des pays voisins concernant la Libye, les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie de la Tunisie et de l’Égypte, tout en rappelant les liens historiques, fra­ternels et du destin commun que les unis à la Libye, insistent ainsi sur la nécessité d’accélérer le règlement de la crise libyenne et de mettre un terme à la division politique, afin d’éviter une escalade, la propagation de la violence et du terrorisme et l’élargissement du conflit, tout en réaffirmant que la sécurité de la Libye est indissociable de celle des pays voisins.

Recherche d’une solution politique à la crise libyenne

Dans un communiqué conjoint sanctionnant cette réunion les 3 pays réitèrent leur appel à toutes les parties libyennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue et cessent immédia­tement toute escalade, afin de garantir la sécurité du peuple libyen frère, à la lumière des évolutions «graves» que connaît la Libye, notamment en ce qui concerne la situation sécuritaire à Tripoli. Un appel qui décou­le aussi de la volonté sincère des hautes autorités des trois pays de voir le Libye tourner, enfin, cette page de son Histoire ouverte en 2011.

C’est du reste en raison de cette préoccupation que les 3 pays ont convenu de cette première réunion au Caire pour relancer le mécanisme tripartite des pays voisins afin d’examiner l’évolution de la situation en Libye et de soutenir la recherche d’une solution politique à la crise libyenne.

Importance de faire primer l’intérêt du peuple libyen

Du reste les ministres, qui décident de poursuivre leur concerta­tion doivent se revoir de nouveau avant la fin de l’année à Alger et à Tunis, conviennent de poursuivre la coordination entre les 3 pays et les Nations unies pour évaluer la situation en Libye, échanger les points de vue sur l’avenir du paysa­ge politique libyen et collaborer pour assurer la sécurité, la stabilité et le développement dans la région, selon le communiqué final.

La déclaration ministérielle souligne aussi l’importance de faire primer l’intérêt du peuple libyen frère, de préserver ses richesses et ses biens, et de parvenir à un consensus entre toutes les parties libyennes, sous l’égide et avec le soutien des Nations unies, et l’appui des pays voisins, pour mettre fin à la division et avancer dans le processus poli­tique visant l’unification des institu­tions et l’organisation simultanée d’élections législatives et présiden­tielles.

Appropria­tion pleinement libyenne du proces­sus politique

À titre de rappel, l’Algérie a tou­jours plaidé pour une solution poli­tique inclusive. Aussi c’est sans surprise que les participants à la réunion du Caire soulignent également la nécessité d’une appropria­tion pleinement libyenne du proces­sus politique, en affirmant que la solution doit être libyenne-libyenne, émanant de la volonté et du consen­sus de toutes les composantes du peuple libyen, avec le soutien des Nations unies, sans exclusion, et dans le respect des intérêts du peuple libyen frère.

Conscients aussi du rôle des puissances étrangères dans la complexification de la crise libyenne, les participants ont aussi rejeté toutes les formes d’ingérence étrangère en Libye, estimant qu’elles ne font qu’attiser les tensions internes et prolonger la crise, mettant ainsi en danger la stabilité de la Libye et de ses voisins. Ils soulignent aussi la nécessité de soutenir les efforts du Comité militaire mixte (5+5) pour consolider le cessez-le-feu en vigueur, assurer le retrait de toutes les forces étrangères, combattants étrangers et mercenaires dans un délai défini, et réunifier les institu­tions militaires et sécuritaires, en parfaite cohérence avec les efforts en cours dans les cadres onusien, africain, arabe et méditerranéen.

Sans ces réformes l’avenir de la Libye demeurera incertain car le pays restera vulnérable à une insta­bilité continue. Or le peuple libyen qui manifeste régulièrement son mécontentement devant les blocages qui entravent la sortie de crise méri­te que son intérêt ne soit pas sacrifié sur l’autel des luttes de pouvoir et de contrôle politique et économique du pays.

Selma Meziane

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