ADEL DAOUDI, WALI-DÉLÉGUÉ DE MESSAÂD

«Nous disposons de plus de 500.000 têtes de mouton dans la région»

Adel Daoudi, wali-délégué de Messsaâd, précisera: «nous disposons de plus de 500.000 têtes de mouton dans la région».

Le wali-délégué de Messaâd, Adel Daoudi, rencontré dans son bureau, insiste d’emblée sur l’identité agricole de
la région. Ici, l’activité pastorale façonne les paysages et les modes de vie, indissociable de la disponibilité de l’eau, ressource dont la rareté a pesé lourd ces dernières années.

Plus de 100.000 quintaux de blé attendus à Messaâd

«Les éleveurs et les agriculteurs ont souffert de la sécheresse et du manque d’eau», rappelle-t-il, conscient de la
fragilité de cet équilibre. Pourtant, la saison actuelle a offert un répit inespéré. «Heureusement, cette année, les
précipitations ont été significatives», souligne-t-il, tout en regrettant les pertes humaines et les dégâts matériels occasionnés par ces intempéries, pour lesquels des mesures de soutien sont déjà engagées. Ce retour de la pluie a redonné de l’élan à l’ensemble du secteur agricole local. Les terres, longtemps assoiffées, ont retrouvé leur vitalité.

Les champs de blé, qui s’étendent à perte de vue autour de Messaâd, promettent une récolte exceptionnelle. «On s’attend à une production dépassant les 100.000 quintaux dans les zones concernées, soit une augmentation d’environ 40% par rapport à la saison précédente», précise Daoudi. Un regain qui n’est pas sans effet sur l’élevage ovin, pilier de l’économie locale. La région, «forte de plus de 500.000 têtes de moutons», fait savoir le responsable, se distingue par la qualité de ses troupeaux et la robustesse de ses races, perpétuant une tradition pastorale solidement ancrée. «La filière ovine, ici, ne se limite pas à l’élevage: elle irrigue toute la vie économique et sociale», fait-il observer.

«Ce marché attire des visiteurs de toutes les régions du pays»

Les marchés à bestiaux, véritables carrefours d’échanges, rythment la semaine et culminent chaque mercredi dans la ville de Messaâd. Ce jour-là, la cité se transforme. Les rues s’animent, les camions affluent, chargés de bêtes venues des douars environnants et des wilayas voisines. Les acheteurs, parfois venus de très loin, se pressent pour évaluer les animaux, négocier, comparer et, souvent, conclure une affaire après de longues discussions.

«Ce marché attire des visiteurs de toutes les régions du pays et connaît une grande affluence», se félicite le wali-délégué, qui voit dans cette vitalité un signe de la place centrale de Messaâd sur la carte ovine nationale. Au fil des années, le marché de Messaâd s’est imposé comme une référence, notamment à l’approche de l’Aïd El Adha. L’événement, attendu par tous, donne à la ville un visage particulier: les étals se multiplient, les voix s’élèvent, les critères de choix s’affinent.

«Des programmes d’accompagnement sont mis en place»

«Derrière chaque transaction, il y a la volonté de perpétuer un savoir-faire, mais aussi de répondre à une demande nationale qui ne faiblit pas», nous dit Daoudi. Et d’insister sur l’importance du soutien apporté par les autorités à cette filière stratégique. «Des programmes d’accompagnement sont mis en place pour faciliter l’accès aux ressources, moderniser les pratiques et garantir la pérennité de l’élevage», souligne notre interlocuteur, tout en assurant que «la préservation des pâturages, l’amélioration de la gestion de l’eau et la valorisation des produits locaux figurent parmi les priorités».

Ce dynamisme, conjugué à la résilience des éleveurs, permet à Messaâd de conserver son statut de pôle incontournable pour l’élevage ovin en Algérie. Dans ce contexte, la récente embellie climatique apparaît comme une chance à saisir pour renforcer encore la filière et soutenir l’économie locale. Si les défis demeurent, «la mobilisation des acteurs et l’attachement des habitants à leur terroir laissent entrevoir des perspectives encourageantes pour les saisons à venir, dans une région où chaque marché, chaque troupeau, témoigne de l’alliance entre traditions et renouveau», conclut-il.

Lyes Mechti

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