Un cadre coopératif étoffé pour un produit national compétitif

Un cadre coopératif étoffé pour un produit national compétitif. Le partenariat est un tremplin pour atteindre l’objectif de produire à terme localement les matières premières des médicaments.
Le secteur de l’industrie pharmaceutique connaît un essor remarquable s’érige en levier parmi d’autres de l’économie nationale. Ce bond qualitatif est la résultante d’une stratégie nationale s’appuyant sur plusieurs axes, dont la coopération internationale l’élargissement des partenariats avec les opérateurs étrangers visant essentiellement à garantir un transfert technologique.
À la conquête des marchés étrangers
L’objectif étant de satisfaire, d’abord, la demande du marché national et atteindre une couverture de 70% des besoins locaux en médicaments, tout en mettant le cap sur la conquête des marchés étrangers, à commencer par
le marché africain. C’est dans cette optique que s’inscrivent les multiples projets en production ainsi que d’autres
démarches menées auprès des investisseurs étrangers dans ce secteur vital. Parmi les groupes pharmaceutiques internationaux présents en Algérie, on cite Novo Nordisk, Medi Pharma, El Kendi (MS Phram), Pfizer, Sanofi ou encore Bayer et Roche.
Ainsi, des partenariats stratégiques ont été noués tout au long des années précédentes avec, entre autres, la Jordanie, à même de consolider la place et les exportations de l’Algérie dans la région Mena (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Il importe de préciser, dans ce sillage, que cette coopération ne se limite pas à la production des médicaments, mais s’étend à l’aspect relatif à l’homologation et au contrôle de qualité des produits pharmaceutiques ainsi qu’à la certification des bonnes pratiques de fabrication.
La Suisse est présente aussi à travers la société Roche Algérie, spécialisée en diagnostic et en biotechnologie. Celle-ci tente d’élargir sa coopération en Algérie vers la formation de la ressource humaine et l’innovation. C’est dans ce sens, d’ailleurs, qu’un accord a été signé en mars 2024 entre cette société suisse et l’accélérateur public Algeria Venture, visant à assurer un accompagnement aux start-up, désirant se lancer dans le domaine de la santé et des technologies médicales. La société s’est engagée à faciliter l’accès aux ressources au profit des start up proposant des solutions novatrices.
Une recherche scientifique innovante
Dans le domaine de la recherche scientifique et du développement, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a lancé un programme intitulé B-Imtiyaz dans le cadre d’un partenariat avec le laboratoire Pfizer Pharm Algérie. Le programme en question a pour but, rappelons-le, de former des experts
en santé et en production pharmaceutique. De même que des accords-cadres ont été signés entre les facultés de pharmacie et des laboratoires pharmaceutiques étrangers réputés pour leur compétence et leur savoir-faire innovant.
L’on cite, dans ce sillage, les partenariats liant la faculté de pharmacie de l’Université d’Alger 1 aux laboratoires Merinal, Biophram, Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) et Novo Nordisk. Le but à travers de tels cadres coopératifs est d’assurer un encadrement de qualité et de prodiguer étudiants en pharmacie d’une formation solide. Pour ce qui est des partenariats en perspective, ce sont les Qataris qui affichent leurs intentions. Il s’agit de la compagnie Qatar Pharma, dont une délégation importante a été reçue en mois de février dernier à Alger, où elle a eu l’occasion
d’explorer les opportunités d’investissement et les avantages accordés par l’État en la matière.
Ambition de production locale de la matière première
En ce sens, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, avait souligné que le partenariat repose
sur l’échange d’expertises et de savoir faire, notamment en médicaments innovants. Toujours dans le cadre de la coopération avec les partenaires du monde arabe, des négociations ont été engagées, il y a quelques jours, avec le Sultanat d’Oman en vue d’entreprendre des projets communs consistant en une unité de production de médicaments avec l’éventualité de créer une succursale à Mascate, à même de consolider la coopération bilatérale dans l’industrie pharmaceutique.
Il est question également de la création d’un centre national des médicaments à Oman en coordination avec la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) ayant pour finalité de développer le réseau de production et de distribution des médicaments à l’échelle régionale. Cette volonté a été exprimée par les ministres de la Santé des 2 pays en marge des travaux de la 78e session de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tenue récemment à Genève.
Aujourd’hui, l’Algérie ambitionne de consolider davantage ce secteur en s’orientant vers la production locale de la matière première destinée à la fabrication des médicaments. La priorité est accordée aux traitements anticancéreux, à même d’améliorer la prise en charge des patients. Ce qui pourrait constituer une nouvelle
piste pour tisser de nouveaux partenariats étrangers.
A. Mehdid