Santé et sécurité, une responsabilité partagée

La santé et sécurité sont une responsabilité partagée, signale Dr Fatiha Fenouche, DG de l’Institut national de prévention des risques professionnels (INPRP).
À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, célébrée chaque 1er mai, la question de la santé et de la sécurité au travail s’impose comme un pilier central du dialogue social et du développement économique en Algérie. De nombreux progrès ont été enregistrés ces dernières années, portés par une prise de conscience croissante au sein des entreprises et un accompagnement renforcé des institutions spécialisées tel le cas de l’Institut national de prévention des risques professionnels (INPRP).
«Véritable changement de comportement»
Dans un entretien accordé à horizons, la directrice de l’INPRP Dr Fatiha Fenouche, précisera que le changement est indéniable: «Nous avons avancé. Il y a des résultats assez positifs. Il ne s’agit plus seulement de textes réglementaires, mais d’un véritable changement de comportement au sein des entreprises et chez les travailleurs».
Le 1e indicateur de cette transformation est la demande accrue en profils spécialisés. «Aujourd’hui, on ne trouve pratiquement plus de techniciens ou d’ingénieurs en hygiène et sécurité au chômage. Ils sont tous recrutés, car les universités forment de plus en plus dans ce domaine. Il y a 10 ans, ce n’était pas le cas», explique-t-elle.
Le 2e indicateur qu’elle a mis en avant c’est la prise de conscience des entreprises des enjeux liés à la santé au travail, multiplient les formations, citant entre autre, dans l’habilitations en électricité, gestion des produits chimiques, traitement des déchets dangereux, secourisme, prévention des risques mécaniques ou du bruit. C’est autant de domaines où la maîtrise du risque devient une compétence clé, fait-elle observer. Ajoutant dans le même sillage que ceci «permet aussi d’avoir une meilleure maîtrise, moins d’accidents, moins de maladies professionnelles au niveau du milieu professionnel».
«La conscience du risque est désormais mieux intégrée par les employeurs»
Cependant, Dr Fenouche soutient que le risque zéro n’existe pas. D’après ses propos, les accidents les plus récurrents restent les chutes de hauteur et les brûlures. Selon elle, les efforts engagés dans ce cadre portent leurs fruits précisant que la gravité des accidents diminue dans de nombreux secteurs, notamment dans le BTP et la métallurgie qui d’habitude enregistre le plus d’accidents. «Aujourd’hui, les grandes entreprises enregistrent systématiquement tout incident. Ce qui permet de l’analyser, d’exploiter ces incidents et de corriger», ajoute-t-elle.
Pour Dr Fenouche, la réussite des politiques de prévention repose avant tout sur une conviction partagée entre les travailleurs et les employeurs. «La conscience du risque est désormais mieux intégrée par les employeurs comme par les travailleurs. C’est la condition essentielle pour une amélioration durable des conditions de travail», poursuit-elle. Pour faire face à l’évolution du contexte économique et environnemental, de nouveaux risques qui apparaissent à l’effet des changements climatiques, exposition à des produits toxiques, ou aux nouvelles technologies…
5.134 travailleurs formés par l’INPRP en 2024
L’INPRP adapte sa mission pour y faire face, en réalisant des audits personnalisés dans les entreprises, notamment dans les zones à fortes contraintes comme le Sud. L’institut intervient également sur l’aspect environnement au niveau de l’entreprise. «Nous faisons des audits et constatons les déchets dangereux qui se trouvent au niveau des entreprises. Suite à quoi nous émettons des recommandations pour les orienter vers les meilleures solutions», ajoute Dr Fenouche.
Sur les missions de l’institut, principalement, d’accompagner les entreprises dans le cadre de la recherche, développement, formation, pour l’amélioration des conditions de travail, notamment les aspects de santé et de sécurité. À noter enfin, que l’Institut a formé 5.134 travailleurs, dont 174 inspecteurs du travail, et a analysé 565 postes de travail durant l’exercice de 2024.
Wassila Ould Hamouda