La DGSN et la GN en première ligne face aux menaces contre les mineurs

La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et la Gendarmerie Nationale (GN) sont  en première ligne face aux menaces contre les mineurs.

Face à la multiplication des risques auxquels sont exposés les mineurs; violences, exploitation, criminalité organisée, dangers numériques, les services de sécurité, police et gendarmerie nationale, renforcent leur action sur l’ensemble du territoire national.

Les brigades de protection des mineurs déployées dans les grandes wilayas

Ces institutions œuvrent quotidiennement pour prévenir les atteintes aux droits des enfants, intervenir en cas de danger, et accompagner les victimes vers une prise en charge adaptée. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) dispose depuis plusieurs années de brigades de protection des mineurs, déployées dans la quasi-totalité des grandes wilayas. Ces cellules ont pour mission de traiter les affaires impliquant des enfants en situation de vulnérabilité : maltraitance physique ou psychologique, exploitation économique, fugues, abus sexuels, disparitions, ou encore implication dans des actes de délinquance. L’approche intègre également la sensibilisation des élèves et des personnels éducatifs aux phénomènes de violence, à la consommation de drogues et aux menaces liées au cyberespace.

La protection de l’enfant demeure aussi une priorité de la GN. À cet effet, une trentaine d’équipes de protection des mineurs ont effectué, durant l’année dernière, 4031 campagnes de sensibilisation à travers les médias, et les établissements scolaires. Ils ont réussi à réintégrer 618 enfants dans leurs milieux familiales, et enregistré 2689 interventions dans le cadre du contrôle des jardins d’enfants, outre la réalisation de 1.362 enquêtes judiciaire relatives aux enfants.

Usage massif des technologies numériques

Le Commandement de la GN a renforcé ses effectifs à travers la formation de 27 brigades pour mineurs dans l’ensemble du territoire national, afin de juguler le phénomène de la délinquance juvénile et protéger les mineurs victimes de violence, sous toutes ses formes, conformément à la loi 15-12 relative à la protection de l’enfant. Au quotidien, ces brigades travaillent main dans la main avec les établissements scolaires, les associations, les centres spécialisés et les familles.

Mais parallèlement aux menaces traditionnelles, les services de sécurité sont de plus en plus confrontés à des formes de danger nouvelles, liées à l’usage massif des technologies numériques par les mineurs. En 2024, les unités de lutte contre la cybercriminalité ont ouvert plusieurs enquêtes sur des faits de harcèlement en ligne, de manipulation psychologique, d’exposition à des contenus illicites et de tentatives de captation par des réseaux criminels, parfois situés hors du territoire national.

Campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires

Ces menaces, plus difficiles à détecter, ont conduit les deux institutions à investir massivement dans la prévention auprès des jeunes publics. Ainsi, la DGSN a mené plus d’une centaine d’actions de sensibilisation dans les établissements scolaires, incluant des sessions interactives sur la sécurité numérique, la prévention de toute forme de violences , la gestion des conflits et la connaissance des droits fondamentaux. La GN a pour sa part organisé des caravanes pédagogiques dans les régions du Sud et de l’intérieur, en partenariat avec les directions de l’éducation et les associations locales.

La question de l’enfance dans le paysage numérique est actuellement préoccupante. En effet,  des enfants et des adolescents sont victimes de cybercriminalité. Le bilan des services de sécurité est inquiétant. Souvent, ce sont des affaires traitées suite  au dépôt de plainte des victimes ou encore des parents.

Etroite coordination

Il convient de savoir que la DGSN a œuvré à la mise en place d’un dispositif de riposte crucial, endurci en moyens humains et logistiques, et ce, en instaurant une structure centrale de lutte contre la criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication, baptisée le Service Central de Lutte contre la Cybercriminalité (SCLC), qui est chargé d’animer et coordonner la mise en œuvre opérationnelle de la lutte contre ce fléau.

La protection des mineurs ne pouvant relever du seul champ sécuritaire, les services de police et de gendarmerie agissent en étroite coordination avec les autres institutions compétentes en l’occurrence : justice, services sociaux, santé, protection civile, et organismes de la solidarité nationale. Mais face à des menaces mouvantes, aux réalités sociales complexes et aux défis structurels persistants, cette mission reste un combat quotidien, qui requiert plus que jamais cohérence, vigilance et solidarité collective.

Samira Sidhoum

 

 

 

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