Crise entre l’Iran et l’entité sioniste, la géopolitique ravive l’instabilité du marché pétrolier

En raison de la crise entre l’Iran et l’entité sioniste, la géopolitique ravive l’instabilité du marché pétrolier. Celui-ci reste sous haute tension, sans perspective d’accalmie à court terme.
De plus en plus vulnérable aux chocs géopolitiques, il réagit avec nervosité à chaque montée des tensions, notamment au Moyen-Orient. L’escalade militaire entre l’Iran et l’entité sioniste, durant ces 2 derniers jours, a ravivé les craintes d’un embrasement régional, entraînant une nouvelle poussée de volatilité sur les cours du brut. Force est de constater que la réaction du marché ne s’est pas fait attendre. L’impact: les prix se sont emballés.
Le Brent atteint 74,23 dollars le baril
Le Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a bondi de 7,02 %, atteignant 74,23 dollars le baril, avec un pic en séance à 78,50 dollars, soit son plus haut niveau depuis janvier. La tendance haussière s’est poursuivie hier encore, avec une progression de près de 5 dollars par rapport à la veille, où le baril se négociait à un peu plus de 69 dollars. Selon plusieurs analystes, aussi bien internationaux qu’algériens, une stabilisation du marché de l’or noir semble encore hors de portée tant que les tensions persistent. L’un des scénarios les plus envisagés est une poursuite de la hausse des prix, pouvant atteindre 80 dollars à court ou moyen terme si les risques d’approvisionnement s’aggravent.
C’est là ou réside la crainte des pays consommateurs sachant qu’ un tiers de l’approvisionnement mondial en pétrole provient du Moyen-Orient. Ceci explique la forte sensibilité du marché à toute instabilité dans la région. L’Iran, acteur influent sur le marché, a rassuré quant à la sécurité de ses infrastructures pétrolières. Le ministère iranien du Pétrole a affirmé, en effet, vendredi qu’«aucun dommage n’a été causé aux installations de raffinage et aux dépôts de pétrole», et que l’approvisionnement en carburant se poursuivait normalement à travers le pays.
Malgré sa production d’environ 3,3 millions de barils par jour, se positionnant comme 9e producteur mondial, la véritable force stratégique de l’Iran réside dans sa position géographique, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 millions de barils quotidiennement, explique les annalistes internationaux. Le blocage du détroit constituerait un «cauchemar absolu» pour le marché pétrolier. Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, avertit qu’une perturbation majeure dans cette zone pourrait faire grimper les prix jusqu’à 120 dollars le baril.
L’OPEP+ est sur le qui-vive pour renforcer la résilience du marché
Pour l’expert algérien Ahmed Tartar, contacté à ce sujet, un prix de 120 dollars le baril reste improbable à ce stade. Il souligne que les pays de l’OPEP+ œuvrent de concert pour préserver non seulement leurs intérêts, mais aussi ceux des consommateurs. «Les pays de l’OPEP+ entretiennent des relations solides dans l’optique de stabiliser le marché et de préserver les intérêts des pays consommateurs en équilibrant les prix», explique-t-il. Il estime qu’«une hausse de près de 8 dollars observée récemment reflète l’inquiétude croissante des marchés face à l’évolution du conflit».
Il souligne que les hausses à venir dépendront directement de l’ampleur des tensions géopolitiques. Il fait savoir que l’OPEP+ est sur le qui-vive pour renforcer la résilience du marché face à ces chocs. «Les pays membres se réunissent tous les 2 mois pour évaluer et apporter des ajustements que ce soit de manière planifiée et volontaire, mais aussi des réunions extraordinaires peuvent être convoquées en cas de crise», indique-t-il tout en rappelant les augmentations de production décidées, en juin dernier, de 411.000 barils/ jour pour répondre à la demande. Il ne conclut pas sans préciser que ces perturbations du marché restent conjoncturelles.
Wassila Ould Hamouda