Secteur minier, plus de 200 millions $ d’exportations en 2024

Dans le secteur minier, plus de 200 millions $ d’exportations sont réalisés en 2024, annonce lundi soir le PDG de la SONAREM, Blekacem Soltani, lors d’une conférence au Palais de la culture à Alger.  

La conférence est organisée en col­laboration avec le Centre algérien de prospective économique, de déve­loppement de l’investissement et de l’entrepreneuriat, sous le thème: «À pas sûrs vers la valorisation des potentialités nationales et le renfor­cement du processus de développe­ment local». Le secteur minier a enregistré en 2024 une performance notable avec plus de 200 millions de dollars d’exportations, grâce à des produits comme le phosphate, le marbre, le zinc, le sel ou encore le quartz.

Substitution aux importations et exportations hors hydrocarbures

Cette dynamique se poursuivra en 2025, selon les prévisions du groupe de la Société Nationale de 
Recherches et d’Exploitation Minières (SONAREM), notam­ment grâce à la production locale de matériaux auparavant importés tels que le silicate de fer, les mattes denses et le carbonate de calcium micronisé, utilisés dans les industries du plastique et des peintures.

«Les grandes unités de production de car­bonate de calcium récemment mises en service illustrent cette volonté de substitution aux importations et de développement des exportations hors hydrocarbures», souligne lundi soir président-directeur général de la SONAREM, Blekacem Soltani.

4 axes majeurs de la stratégie nationale

Dans son allocution d’ouverture, prononcée devant des cadres de plu­sieurs ministères, des représentants des 2 chambres parlementaires, des opérateurs économiques et des experts, le PDG a rappelé que le sec­teur minier est aujourd’hui au cœur de la stratégie nationale de diversifi­cation économique. «Il constitue un puissant levier pour soutenir les autres secteurs, notamment l’industrie, le BTP, l’agriculture et l’agroalimentaire», affirme-t-il.

Et de pré­ciser que la stratégie nationale est fondée sur 4 axes majeurs, à savoir le développement de l’industrie minière avec une intégration accrue à l’économie nationale, la transformation locale des ressources pour créer de la valeur ajoutée et réduire les importations, l’amélioration de la gouvernance et de l’organisation du secteur, et enfin la mobi­lisation des ressources humaines, notamment par la formation profes­sionnelle.

Interdiction d’exporter les produits bruts

Évoquant les projets structurants du secteur, Soltani fait savoir que l’objectif tracé par SONAREM est de développer la transformation locale. «Le président de la République nous a interdit d’exporter les produits bruts. C’est la raison pour laquelle nous œuvrons pour le développement de l’activité minière en amont et en aval, notamment à travers la valorisation des produits miniers par la transformation et la création de produits à forte valeur ajoutée», précise.

C’est dans cette optique que s’inscrivent de nombreux projets structurants en cours de réalisation, à l’image du gisement de fer de Gara Djebilet. À cela s’ajoute le partenariat conclu avec Tosyali pour la valorisation de ce gisement et la transformation d’environ 4 millions de tonnes de minerai concentré. Soltani indique qu’une unité de prétraitement de 5 millions de tonnes y a été installée pour améliorer la teneur en fer et réduire le taux de phosphore.

«Une production de 2,6 millions de tonnes de minerai prétraité est prévue dès 2026, en partenariat avec Tosyali, pour une transformation locale avan­cée par broyage haute pression, cal­cination, séparation magnétique et traitement chimique», indique-t-il, précisant que les minerais de fer de Gara Djebilet seront acheminés vers Béchar.

Une méthode d’extraction innovante 

Concernant le projet d’exploitation de la mine de plomb et de zinc de Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, le PDG a souligné que toutes les études de faisabilité ont été réali­sées. «Nous sommes en phase d’ouverture et de préparation de la construction de la mine souterraine avec une méthode d’extraction inno­vante, et nous allons installer une unité de traitement avec une capacité de production de 30.000 tonnes de plomb et plus de 170.000 tonnes de zinc par an», indique Soltani.

Le PDG de la SONAREM n’a pas manqué de rappeler, à cette occa­sion, que le secteur sera régi par un nouveau cadre législatif, précisant que la nouvelle loi sur les activités minières fait l’objet de débat au niveau du Parlement. Selon lui, cette loi marque un tournant décisif. Outre le fait qu’elle soit plus attractive pour les investissements directes étrangers, elle simplifie considéra­blement les procédures d’octroi des titres miniers. Cette ouverture s’accompagne d’un environnement juri­dique modernisé et d’une meilleure coordination entre institutions et acteurs privés, estime-t-il.

Signature d’une convention pour la contribution de la recherche scientifique

Le capital humain constitue un autre pilier de cette transformation du secteur. À travers sa filiale, SONAREM ETTAKWINE, le grou­pe investit massivement dans la for­mation continue et la montée en compétences. C’est dans cette optique qu’une convention a été signée lors de cette rencontre avec le Centre algérien de prospective économique, de développement, d’investissement et d’entrepreneuriat. Le président de ce centre, Akram Zaïd, précise que ce protocole de coopéra­tion vise à renforcer la contribution de la recherche scientifique dans le développement minier, notamment à travers la formation et la valorisation des compétences.

Enfin, parmi les recommanda­tions découlant de cette rencontre économique figure l’impératif de valoriser les réformes structurelles liées au secteur minier, d’ouvrir la voie à des accords internationaux ciblés selon une approche «gagnant-gagnant» et d’encourager les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que l’enseignement supérieur, à accéder au secteur minier.

Wassila Ould Hamouda

 

Bouton retour en haut de la page