Gala de musique andalouse pour fêter l’Indépendance

Un gala de musique andalouse pour fêter l’Indépendance a ravi les mélomanes vendredi soir au Palais de la Culture à Alger.

Dans le sillage des festivités marquant le 63e anniversaire de l’Indépendance et de la Jeunesse, un récital de musique andalouse a embrasé, vendredi soir, le patio du Palais de la Culture. Dans une ambiance solennelle et festive, ce concert a rassemblé quelque 400 musiciens, issus de 40 écoles et associations de musique sanâa à travers le pays, réunis sous la bannière de l’Orchestre algérien de sanâa.

Hommage aux héros de l’Algérie

Une soirée en hommage à la mémoire des martyrs et à l’identité plurielle de la nation, en présence du ministre de la Culture et des Arts, Zohir Bellalou, et d’un public aussi fervent que nombreux. À l’heure où l’Algérie rend hommage à ses héros et célèbre les fondements de son indépendance retrouvée, la musique andalouse – dans ses riches déclinaisons sanâa, hawzi et aâroubi – a été conviée comme messagère de paix, de beauté et de continuité. Dès les premières notes, le patio du Palais de la Culture s’est transformé en un écrin sonore où se sont entremêlés virtuosité instrumentale et ferveur populaire.

Sous la direction inspirée des maestros Yazid Hamoudi et El Hadi Boukoura, le concert s’est déroulé en 3 mouvements bien distincts, illustrant la profondeur et la diversité de ce legs musical séculaire. C’est d’abord le chef d’orchestre Yazid Hamoudi qui a ouvert la soirée en plongeant le public dans la noble nouba Sika. Les pièces choisies – «Ya nass ama taâdarouni», «Zad el hob woujdi» ou encore «Ma t’faqert ya ghzali» – ont été livrées avec une justesse maîtrisée, dans le respect du cycle traditionnel de la nouba, alternant entre mélancolie poétique et allégresse rythmique.

«Min Djibalina» en chœur

L’orchestre, aux timbres harmonieux et équilibrés, a brillé par la qualité de ses exécutions, donnant toute leur ampleur aux maqâms et aux cadences du sanâa. C’est ensuite au maestro El Hadi Boukoura de prendre le relais avec une 2e partie dédiée au aâroubi, ce style expressif souvent associé aux émotions intimes du peuple. Les pièces «Ya ibn El warchane» et «Ana el gharib» ont suscité une vive interaction avec le public, composé en majorité de familles venues nombreuses partager ce moment de communion culturelle.

Les applaudissements nourris et les youyous lancés avec spontanéité témoignaient de la résonance populaire toujours vive de ce patrimoine musical, transmis de génération en génération. Le clou de la soirée a été sans conteste la 3e et dernière partie, à forte charge symbolique, au cours de laquelle l’Orchestre algérien de sanâa a interprété en chœur, avec l’ensemble du public, la chanson «Min Djibalina». Ce chant patriotique, imprégné d’histoire et de recueillement, a résonné comme un vibrant hommage aux sacrifices des martyrs tombés pour l’indépendance. «Elle est un hommage aux sacrifices de tous les martyrs, morts pour une Algérie libre et indépendante», a déclaré avec émotion El Hadi Boukoura à l’issue de l’interprétation.

«El Hamdoulilah mabqach istiîmar fi bladna» retentissante

Enfin, c’est avec la mythique «El Hamdoulilah mabqach istiîmar fi bladna», chantée en chœur par l’orchestre et reprise par une assistance transportée, que le rideau s’est refermé. Composée et interprétée par le maître incontesté du chaâbi, Hadj M’hamed El Anka, cette œuvre a offert une conclusion majestueuse à une soirée qui a su lier, avec une rare élégance, la mémoire nationale et la splendeur artistique.

En conjuguant fidélité au patrimoine et ferveur populaire, cette soirée de musique andalouse a illustré l’extraordinaire vitalité de la culture algérienne, capable de fédérer autour d’un langage commun: celui des émotions, de la transmission et de la mémoire partagée. Un récital d’exception, véritable offrande musicale à la patrie et à ceux qui ont œuvré pour qu’elle soit libre, debout, et fière de son identité plurielle.

Walid Souahi

Bouton retour en haut de la page