AMADOU DIAGNE, PRÉSIDENT DU FOGECA

«L’Algérie a un rôle structurant dans la coopération Sud-Sud»

Amadou Diagne, président du Forum des opérateurs pour l’émergence économique en Afrique (FOGECA), souligne que «l’Algérie a un rôle structurant dans la coopération Sud-Sud».

L’Algérie abritera la 4e édition de la Foire du commerce intra-africain (IATF), du 4 au 10 septembre prochain. À cet effet, un Road show de promotion de l’événement se tient, aujourd’hui, à l’hôtel Marriott à Alger, sous l’égide de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Dans cet entretien, le président du Forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence éco­nomique en Afrique (FOGECA), Amadou Diagne, livre son analyse sur les enjeux de cet événement majeur pour l’intégration économique africaine. Il évoque aussi l’impact attendu de la manifestation sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les opportunités offertes aux PME du continent ainsi que le rôle stratégique que peut jouer l’Algérie dans le renforcement de la coopération industrielle continentale.

Quel est l’impact attendu de l’organisation de l’IATF en Algérie sur le commerce intra-africain, en particulier dans le contexte de la ZLECAf?

L’organisation de la Foire du commerce in-tra-africain en Algérie revêt une portée straté­gique majeure pour le commerce intra-africain. Elle symbolise l’adhésion de l’Algérie à la dy­namique continentale d’intégration économique et renforce la mise en œuvre opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Je salue cette initiative qui permettra de connecter les opérateurs économiques du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne et de la diaspora et de concrétiser les objectifs de la ZLECAf, notam­ment la création de chaînes de valeur régionales et la réduction de la dépendance aux marchés extérieurs. L’IATF en Algérie contribuera à repositionner l’Afrique comme espace économique intégré, fluide et compétitif où ses entrepreneurs deviennent les premiers partenaires des écono­mies africaines.

Justement, comment les entreprises africaines, notamment les PME, peuvent-elles tirer profit de leur participation à cet événement?

La Foire constitue une opportunité unique pour les PME africaines qui représentent plus de 80% du tissu économique du continent. Le FOGECA encourage ces entreprises à aborder l’IATF comme une plateforme stratégique de vi­sibilité, de réseautage, de financement et de par­tenariat. Pour maximiser les retombées de leur participation, les PME doivent venir à l’IATF avec des objectifs clairs: rechercher des débouchés, valoriser leur savoir-faire, rencontrer des acheteurs institutionnels ou privés et explorer les opportunités d’intégration dans les chaînes de valeur régionales.

Le FOGECA plaide également pour une facilitation des visas, des frais de parti­cipation réduits pour les petites structures et un accompagnement institutionnel comme le coaching, la formation et la mise en réseau avant, pendant et après l’événement. Ce type de salon est un levier puissant pour décloisonner les éco­nomies africaines et renforcer les capacités d’exportation des PME.

Dans ce sillage, quel rôle l’Algérie pourrait-elle jouer pour renforcer la coopération économique et industrielle entre pays africains?

Par son positionnement géographique stratégique et son potentiel industriel, l’Algérie a un rôle structurant à jouer dans le renforcement de la coopération Sud-Sud. En abritant l’IATF, elle envoie un signal fort : celui de sa volonté d’être un acteur pivot dans l’intégration économique africaine. Nous espérons que cette dynamique s’inscrira dans la durée, avec des partenariats in­dustriels, des investissements croisés et un par­tage d’expertise dans les secteurs-clés tels que l’agro-industrie, l’énergie, les infrastructures et la digitalisation.

Le FOGECA appelle aussi à la mise en place de mécanismes concrets de coopé­ration: zones économiques conjointes, pro­grammes de formation professionnelle, fonds d’investissement communs et partenariats pu­blic-privé continentaux. L’Afrique a besoin de leaderships économiques régionaux et de volon­tés politiques fortes. L’Algérie peut incarner cette impulsion dans l’espace maghrébin et continen­tal, en contribuant à bâtir l’Afrique des peuples, prospère et souveraine.

Wassila Ould Hamouda

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