CAMP- EUROMED Group: Un partenariat pour développer la sous-traitance

L’accord CAMP-EUROMED Group est un partenariat pour développer la sous-traitance en Algérie. Il s’agit de rapprocher les entreprises algériennes et européennes.
Le président du cluster algérien de mécanique de précision (CAMP), Adel Bensaci, salue la portée de l’accord signé à Rome entre son organisme et le groupe privé chargé de la coopération euro-méditerranéenne-Euromed Group, à l’occasion du Forum algéro-italien, tenu en marge de la visite d’État du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Italie.
Rapprocher les PME algériennes et européennes
«Ce partenariat s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la coopération industrielle entre les deux pays, en plaçant les Petites et moyennes entreprises au cœur de cette nouvelle dynamique euro-méditerranéenne», précise Bensaci. Présent à Rome avec la délégation algérienne menée par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Bensaci, relève que cet accord s’insère également dans une dynamique de coopération stratégique visant à rapprocher les PME algériennes et européennes, notamment italiennes, dans des secteurs industriels à forte valeur ajoutée.
Ainsi l’accord prévoit un cadre de collaboration structuré autour de plusieurs axes prioritaires: développement de la sous-traitance industrielle, promotion de la mécanique de précision, renforcement des capacités dans l’industrie automobile, soutien à l’innovation dans les domaines des hydrocarbures, de la biomécanique et des technologies durables.
Parmi les actions concrètes envisagées figurent l’organisation de rencontres B2B ciblées, des missions d’immersion technologique, le partage d’expertises industrielles ainsi que l’accompagnement technique et managérial des entreprises algériennes afin de leur permettre d’intégrer les chaînes de valeur internationales. Ce partenariat ambitionne également d’encourager le transfert de technologie, d’améliorer la compétitivité des PME et de poser les bases d’un tissu industriel plus intégré et plus innovant à l’échelle de la Méditerranée. Il témoigne enfin d’une volonté croissante des acteurs économiques des 2 rives à construire une coopération industrielle durable, équilibrée et créatrice d’opportunités.
Reconnaissance du potentiel algérien sur la scène euro-méditerranéenne
Bensaci souligne également que la participation du CAMP à la cluster connect mission-CCM4, qui s’est déroulée du 25 mai au 1er juin derniers, a été particulièrement bénéfique. Organisée dans le cadre du projet Euromed Cluster Advancement et financée par l’Union européenne, cette initiative a offert aux représentants algériens l’opportunité de renforcer leurs relations avec plusieurs clusters européens et méditerranéens.
«Cela nous a permis de renforcer notre réseau de coopération avec plusieurs clusters européens et méditerranéens, en particulier dans le domaine de la fabrication avancée», précise Adel Bensaci, mettant en lumière le rôle déterminant du CREA et l’engagement de son président dans le succès de cette action. «Les principaux objectifs étaient de nouer des partenariats durables, de promouvoir l’innovation collaborative et de créer des passerelles entre les écosystèmes industriels du Nord et du Sud», indique-t-il.
Et d’ajouter :«Nous avons pu présenter les capacités industrielles algériennes, identifier des synergies et initier plusieurs projets pilotes de collaboration technologique et industrielle», ajoute-t-il. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à ouvrir les PME algériennes à l’international. «C’est un pas important vers l’internationalisation de notre cluster et une reconnaissance du potentiel algérien sur la scène euro-méditerranéenne», souligne-t-il.
Intégrer les PME dans les projets structurants
Revenant sur les opportunités industrielles au niveau national, Adel Bensaci a insisté sur l’importance d’intégrer les PME dans les projets structurants lancés par l’État: «L’essor des grands projets dans les domaines de l’énergie, de l’infrastructure, du transport, de l’industrie mécanique ou encore de l’agro-industrie représente une opportunité majeure pour les PME algériennes». Selon lui, ces projets nécessitent un vaste réseau de fournisseurs et de sous-traitants locaux ce qui crée ainsi un effet d’entraînement sur l’ensemble du tissu industriel. Toutefois, il relève que pour tirer pleinement parti de cette dynamique, les PME doivent améliorer leur compétitivité en investissant dans la formation, l’innovation et la qualité.
Reste que cette éventualité est tributaire notamment «de la relance en urgence du programme de modernisation et de mise à niveau de ces PME par le ministère de l’Industrie», insiste le président du CAMP. Il précise aussi que ces entreprises doivent faire l’effort de se regrouper en clusters ou en réseaux pour mutualiser leurs ressources et être capables de répondre à des commandes de plus grande envergure.
À ce titre, le Conseil national de concertation pour le développement des PME (CNCDPME) est appelé à jouer un rôle d’accompagnement et d’orientation par filière. Bensaci souligne aussi l’importance d’obtenir des certifications et normes industrielles pour être éligibles aux appels d’offres des grands groupes, en s’appuyant sur les institutions spécialisées telles qu’ALGERAC, IANOR (normalisation) ou encore le centre technique des industries mécaniques (CTIME).
Appel à des partenariats entre grandes entreprises
Selon Bensaci, l’environnement réglementaire offre aussi des leviers non négligeables, notamment en matière d’exonérations fiscales et douanières au profit des producteurs, qui doivent être pleinement exploités. Il appelle également à encourager les partenariats stratégiques avec les grandes entreprises afin de permettre aux PME d’intégrer des chaînes d’approvisionnement solides et d’établir une véritable complémentarité industrielle, notamment à travers les mécanismes du partenariat public-privé. Evoquant les mesures structurantes nécessaires pour développer l’intégration de l’industrie nationale, Adel Bensaci met en avant plusieurs priorités.
Il cite outre les incitations fiscales et douanières, le développement de la formation et des compétences, ainsi que la mise en place de plateformes de concertation pour favoriser le dialogue entre industriels, PME, clusters, institutions publiques et donneurs d’ordre. Cela permettra, selon lui, de mieux structurer les filières stratégiques. Il a aussi insisté sur le renforcement de l’infrastructure qualité, par la mise en conformité aux standards internationaux afin de garantir la crédibilité de la production nationale.
Enfin, il plaide pour une véritable promotion du «Made in Algeria» à travers l’instauration de quotas d’intégration obligatoires et un soutien actif aux exportations, en particulier vers les marchés africains et internationaux.
A. Hamiche