L’Algérie augmente sa production de pétrole de 12.000 barils/jour

L’Algérie augmente sa production de pétrole de 12.000 barils/jour à partir du mois d’août prochain, à la suite d’une décision prise lors de la dernière réunion ministérielle de l’OPEP+.
Le ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, participe samedi à cette réunion. Cette hausse s’inscrit dans une augmentation collective et progressive de la production décidée par huit pays membres du groupe, soit un total de 548.000 barils supplémentaires par jour pour le mois d’août 2025, sur fond de prévisions favorables concernant la demande mondiale de pétrole durant la saison estivale.
Calendrier de la hausse de 35,6 à 38,1 millions de barils/jour d’ici 2025
Réunis par visioconférence, les ministres de l’Energie et du Pétrole d’Arabie saoudite, de Russie, d’Irak, des Emirats arabes unis, du Koweït, du Kazakhstan, d’Oman et d’Algérie ont échangé sur l’évolution du marché pétrolier mondial et ses perspectives à court terme. Les discussions portent sur le suivi des engagements relatifs aux réductions volontaires de production, ainsi que sur les mécanismes de compensation pour les écarts causés par des excédents de production observés chez certains membres.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la continuité des récentes décisions de l’OPEP+. Depuis avril 2023, plusieurs pays du groupe ont adopté des ajustements volontaires de leur production, afin de soutenir les prix du brut et préserver l’équilibre du marché. À la fin 2022, l’OPEP+ avait mis en place des réductions de production totalisant près de 5,9 millions de barils par jour, combinant des baisses obligatoires et volontaires.
En juin 2024, le groupe a décidé de prolonger les réductions de 3,7 millions de barils par jour jusqu’à la fin 2025 et de maintenir les baisses volontaires de 2,2 millions de barils par jour jusqu’à septembre 2024, avant une réduction progressive jusqu’en septembre 2025. Ce calendrier prévoit une hausse de la production totale de l’OPEP+ de 35,6 à 38,1 millions de barils par jour d’ici fin décembre prochain, hors Iran, Libye et Venezuela qui ne sont pas soumis à quota.
La croissance de la demande devra atteindre 740.000 barils par jour
En mars dernier, les 8 pays concernés par les réductions volontaires avaient déjà validé un retour progressif de 2,2 millions de barils par jour à partir d’avril, tout en restant attentifs à la santé des fondamentaux du marché et à la dynamique de la demande mondiale. L’objectif reste de préserver la stabilité des prix, tout en évitant une offre excédentaire qui pourrait fragiliser l’ensemble du secteur. Il faut dire que cette décision d’augmentation des productions est intervenue au moment où le marché pétrolier mondial traverse actuellement une période d’incertitude et d’ajustement.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la croissance de la demande pour l’année en cours devrait atteindre 740.000 barils par jour, un chiffre revu à la baisse en raison du ralentissement de la consommation en Chine et en Inde, de la progression des véhicules électriques et des efforts d’efficacité énergétique dans les pays de l’OCDE. Parallèlement, l’augmentation de l’offre, notamment de la part de l’OPEP+, exerce une pression sur les prix du brut, malgré des épisodes de tensions géopolitiques qui ont pu ponctuellement soutenir les cours.
Entre 65 et 72 dollars le baril
Depuis le début de l’année, le marché du pétrole a connu une forte volatilité. Le Brent, référence européenne, est passé d’environ 82 dollars à 64 dollars entre janvier et mai 2025, avant de remonter à 68 dollars fin juin, sous l’effet de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Toutefois, les analystes anticipent une offre excédentaire pour la fin de l’année, maintenant la pression sur les prix, avec des prévisions oscillant entre 65 et 72 dollars le baril pour le second semestre 2025.
Dans ce contexte, la décision d’augmenter la production, et en particulier celle de l’Algérie, reflète la volonté des membres de l’OPEP+ d’accompagner la reprise saisonnière de la demande, tout en conservant une gestion prudente et coordonnée du marché. C’est pourquoi les ministres ont convenu de poursuivre leur coordination à travers des réunions mensuelles pour garantir le respect des engagements, ajuster leur stratégie et surveiller de près l’évolution des fondamentaux du marché. La prochaine réunion ministérielle est d’ores et déjà fixée au 3 août 2025, témoignant de la vigilance constante du groupe face à un environnement pétrolier mondial en mutation.
Lyes Mechti