Tizirine, le souffle marin de Cherchell

À Tizirine, où le souffle marin de Cherchell. Cette plage est située en plein milieu urbain offrant ainsi une douceur marine aux riverains.
Quand la ville de Cherchell, alanguie au pied du mont Chenoua s’éveille au rythme indolent de l’été, la plage de Tizirine, nichée au cœur même du tissu urbain, devient un souffle marin pour les familles en quête de fraîcheur et de farniente.
Tizirine, une plage parfaite pour les enfants
Une plage tout près du centre-ville, accessible en quelques minutes à pied, Tizirine se cache à seulement 1,3 km de la place principale de Cherchell, à l’ouest du port antique et des vestiges romains. On y accède en descendant par la route côtière qui longe les cafés, les marchands de glaces, les échoppes de maillots et de jouets gonflables. Un petit chemin sablonneux, bordé de quelques touffes de figuiers de Barbarie et de plantes sauvages, mène directement à la crique.
Situé dans un creux naturel de la côte, le rivage discret forme une plage en arc de cercle, protégée par 2 avancées rocheuses qui la mettent à l’abri du vent et des grosses vagues. Les collines verdoyantes en arrière-plan forment une muraille douce qui isole la crique du tumulte de la ville. L’eau, d’une limpidité presque méditative, révèle les galets arrondis et parfois même les bancs de poissons qui s’y aventurent. On s’y baigne sans crainte; l’eau est peu profonde, idéale pour les enfants.
Un coin paradisiaque où on oublie l’heure
Dès l’aube, les premiers vacanciers viennent y planter leurs parasols, tandis que les plus matinaux prennent un bain de mer silencieux, presque sacré. Le sable sous les sandales, la mer dans les yeux. À peine arrivé, on entend le chant des mouettes, les éclats de rire des enfants qui courent vers l’eau, insouciants, sur les bras des bouées colorées. Les rochers ronds qui bordent la crique forment des coins ombragés où les habitués viennent s’installer pour la journée. Pas de musique forte, pas de jet-skis tapageurs.
À Tizirine, le spectacle est dans la simplicité; un sable brun et chaud s’étire sous les pas, caressé par une mer tranquille aux reflets d’argent. «Je viens ici chaque été depuis mon enfance», confie Hassina, institutrice en congé. «Tizirine, c’est la plage des retrouvailles. Celle des pique-niques du vendredi, des confidences entre sœurs et des premiers plongeons de nos enfants. Elle n’a pas changé. Et c’est ce qui la distingue des autres plages», se félicite l’institutrice.
Dans ce petit coin de mer paradisiaque, on oublie l’heure. Le temps se lit dans la lumière du ciel et se mesure à la longueur des ombres. Les familles arrivent en groupes, souvent à pied ou à vélo, traversant la ville avec serviettes roulées sur l’épaule. On sent le parfum de la menthe, du pain maison, des beignets encore chauds. Les enfants bâtissent des châteaux de sable, des jeunes improvisent une partie de foot sur le sable sec, et les aînés s’installent à l’ombre des rochers, se remémorant les étés d’autrefois où la plage semblait encore plus grande.
Une plage, une mémoire
Cet écrin marin n’a rien d’une plage de carte postale, elle ne cherche ni à briller ni à séduire. Elle ne se distingue pas par ses infrastructures, mais par son âme. Elle ne vend pas de rêve, elle rappelle la réalité douce et modeste des étés algériens. Ici, on se connaît. On s’échange des parts de pastèque, des magazines froissés, des anecdotes partagées entre voisins.
«Ici, on est entre nous, comme une grande famille en bord de mer», glisse Rachid, retraité, installé sur sa chaise pliante sous un parasol rayé. Ce n’est pas une destination, c’est un refuge. Un lieu qu’on ne découvre pas par hasard, mais qu’on retrouve avec tendresse. Une ancre douce, là où l’enfance se rejoue, où les étés prennent racine.
Tizirine est une plage qui ne cherche pas à vous éblouir. Un de ces endroits rares, si doux, qui vous laisse rêver, écrire les premiers poèmes d’adolescents, construire des souvenirs au creux des vagues…. Tizirine vous accueille comme on ouvre un vieux cahier d’été, à la fois doux et salé.
Samira Azzegag