Tourisme de montagne, quand l’Algérie prend de la hauteur…

Tourisme de montagne, quand l’Algérie prend de la hauteur… Se ressourcer en altitude attire de plus en plus d’Algériens.

À la recherche d’un peu d’air pur et de fraîcheur, de plus en plus d’Algériens choisissent de fuir les chaleurs écrasantes des villes pour se ressourcer en altitude. Du Djurdjura aux majestueux cèdres de Théniet El Had, les montagnes du pays attirent chaque été familles, randonneurs et amoureux de la nature. Un engouement que les autorités veulent transformer en atout durable, en misant sur le développement d’un tourisme de montagne structuré et porteur.

Un tourisme participatif

Face aux députés, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a récemment détaillé un plan d’ac
tion ambitieux. Vingt et une zones ont été classées ZET (zones d’expansion touristique), soit plus de 2.000 ha destinés à accueillir des projets respectueux de l’environnement. À Tizi Ouzou, Sétif, Djelfa, Saïda ou M’sila, 5 plans d’aménagement sont déjà prêts. Résultat: 41 terrains libérés pour accueillir près de 3.000 lits touristiques et générer plus de 2.000 emplois.

Sur le terrain, ces projets prennent vie dans les villages perchés et les forêts paisibles. À Bouira, le  village d’Imesdurar est un bel exemple de cette renaissance: hébergements chez l’habitant, tentes traditionnelles rénovées, randonnées accompagnées, bivouacs et sensibilisation à l’environnement. Un tourisme participatif,
simple, humain, qui séduit aussi bien les jeunes que les familles.

Même dynamique en Kabylie, où les hauteurs d’Ath Yenni offrent une immersion unique mêlant artisanat local, gastronomie, culture et panoramas verdoyants. Chaque été, la Fête nationale des bijoux y attire un public curieux de découvrir un tourisme différent, fait d’échanges, de beauté et d’authenticité. Mais pour passer à l’échelle  supérieure, les initiatives locales ne suffisent pas.

Un tourisme plus humain

L’État s’emploie à réhabiliter des stations emblématiques comme Tala Guilef, Tamgout à Tizi Ouzou, ou Chelia,
à Khenchela; cette dernière devant ouvrir ses portes dès l’automne 2025 dans le cadre du programme présidentiel complémentaire. L’objectif est clair: désengorger les plages saturées, proposer des alternatives attractives à l’intérieur du pays et faire de la montagne une destination à part entière, été comme hiver. L’Algérie,
qui a accueilli plus de 3 millions de visiteurs en 2024, a encore une large marge de progression. Autre levier d’action: le cadre réglementaire.

Pour gagner en efficacité, la ministre propose de permettre aux investisseurs de financer et réaliser eux-mêmes leurs projets, sans dépendre exclusivement des fonds publics. Une réforme qui pourrait débloquer de nombreuses initiatives, notamment dans les zones enclavées. Bien sûr, le chemin reste semé d’embûches: routes escarpées, manque de signalisation, insuffisance des infrastructures d’accueil ou de secours. Mais les projets lancés et les efforts en cours donnent des raisons d’espérer.

Avec ses massifs variés – des forêts du Tell aux sommets volcaniques du Hoggar – l’Algérie a tout pour devenir une terre de tourisme de montagne. Il suffit maintenant de tracer la route avec constance, audace et clairvoyance, car au bout du sentier, c’est un tourisme plus humain, une économie plus ouverte et des territoires enfin revalorisés qui pourraient émerger.

Amine G.

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