Rentrée universitaire 2025-2026: Cap sur les sciences et les technologies

La rentrée universitaire 2025-2026 sera orientée essentiellement sur les sciences et les technologies.

La rentrée universitaire 2025-2026 s’annonce ainsi exceptionnelle à plus d’un titre. Avec plus de 367.122 nouveaux bacheliers, dont une part importante issus des filières scientifiques et techniques. Les universités s’apprêtent à accueillir une génération tournée vers l’innovation, les sciences et les technologies. Une orientation qui n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique éduca­tive et universitaire volontariste, menée en cohérence avec les besoins du marché du tra­vail.

«L’objectif est d’élargir les horizons d’employabilité»

Pour Ali Choukri, directeur de l’enseignement et de la formation au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, tout a été préparé pour assurer une rentrée fluide et qualitative. «Le ministère de l’Enseignement supérieur a tout préparé pour accueillir ce nombre important de nou­veaux bacheliers. Les places pédagogiques sont disponibles et nous aurons une rentrée dans de bonnes conditions». Selon lui, l’offre universitaire a été repensée et élargie pour accompagner cette évolution. Il rappelle que le ministère a validé 50 nouvelles licences, dont 70 % relèvent des domaines scientifiques et technologiques, afin de répondre aux besoins réels de l’économie.

«Même pour les bache­liers issus de la filière Lettres-Philosophie, nous avons habilité des licences orientées vers les sciences appliquées et les compétences transversales», explique Choukri. «L’objectif est d’élargir les horizons d’employabilité en renforçant la culture technologique, même chez les profils littéraires, qui peuvent désor­mais s’orienter vers des postes d’emploi comme la gestion hospitalière ou la gestion aéroportuaire…», précise-t-il. Dans ce sillage, des matières transversales sont introduites dans presque tous les parcours, y compris en sciences humaines et sociales. Il s’agit de la programmation informatique, intelligence arti­ficielle, compétences numériques de base… Autant d’outils indispensables à l’employabilité dans un monde en constante mutation.

Des masters et des ingéniorats pour garantir la continuité

Le ministère a également validé, selon Choukri, de nombreux parcours de master, ainsi que des formations d’ingénieurs, notam­ment à travers des masters intégrés dès la licence. Ces cursus sont conçus pour assurer la continuité académique et préparer les diplô­més à des carrières à haute valeur ajoutée, en phase avec les normes internationales. «Tout cela constitue un paquet de formations solide et cohérent, qui permettra à nos étudiants de s’insérer dans des filières prometteuses et ali­gnées sur les besoins du marché», conclut Choukri.

Youcef Ramdani, expert en éducation esti­me, pour sa part, que les résultats enregistrés dans les filières scientifiques témoignent d’un changement de cap stratégique à l’échelle nationale. «On peut dire que cette session a porté des indicateurs très positifs, notamment la hausse significative des taux de réussite dans les filières mathématiques et technique mathématiques, comparativement à la session de 2024», signale-t-il. Cette évolution, explique-t-il, n’est pas fortuite, mais s’inscrit dans une vision claire de l’État qui a accordé un intérêt particu­lier aux filières techniques, convaincu que l’avenir de l’économie nationale et du déve­loppement durable repose sur les compétences scientifiques et technologiques.

La concrétisation de cette vision s’est tra­duite sur le terrain par une série de mesures concrètes mises en œuvre par le ministère de l’Éducation nationale. Parmi elles, précise Ramdani, «l’orientation accrue des élèves vers ces deux filières, un encadrement pédagogique renforcé, ainsi qu’un environnement scolaire propice fondé sur des méthodes d’enseignement modernes et des outils numériques avan­cés».

Spécialités stratégiques 

Youcef Ramdani souligne également le rôle déterminant des programmes éducatifs actualisés, mieux alignés sur les besoins du marché de l’emploi et sur les mutations tech­nologiques mondiales, ce qui a contribué à sti­muler l’intérêt des élèves pour les sciences exactes. Toutefois l’effort ne s’est pas arrêté à l’enseignement secondaire. «Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a aussi ouvert des perspectives universitaires prometteuses pour les diplômés de ces filières, en leur donnant la priorité dans l’accès à des spécialités stratégiques», pour­suit-il. Il cite notamment l’École nationale supérieure de mathématiques, celle de l’intelligence artificielle, de l’informatique, de la cybersécurité, ainsi qu’un ensemble d’écoles nationales supérieures dans les domaines de l’ingénierie et de la technologie.

«Ce maillage entre l’enseignement secondaire et supérieur, en phase avec les exigences de la révolution numérique et industrielle, a renforcé l’ambition des élèves et leur conscience de la valeur de ces filières à fort potentiel», souligne le même expert. À ces efforts s’ajoutent d’autres facteurs essentiels, tels que le soutien continu des enseignants et encadreurs, les cours de renforcement proposés sur les plateformes numériques officielles, ainsi que les cam­pagnes de sensibilisation médiatique souli­gnant le rôle central des disciplines scienti­fiques dans la construction d’une économie du savoir.

Enfin, l’expert souligne l’implication gran­dissante des parents d’élèves, de plus en plus conscients de l’importance des spécialités techniques pour l’avenir de leurs enfants. Cet engagement parental a joué un rôle moteur dans la motivation des élèves, se traduisant directement par la progression notable des taux de réussite cette année. Pour Ramdani, les performances remar­quables enregistrées dans les filières mathé­matiques et techniques mathématiques consti­tuent une avancée concrète vers la réalisation de la vision de l’État: former une élite hautement qualifiée, apte à piloter les futurs projets technologiques du pays. «Ce succès collectif envoie un message fort : miser sur un ensei­gnement de qualité et sur les filières tech­niques, c’est miser sur l’avenir», conclut-il.

Samira Azzegag

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