La maison du bijoutier livrée d’ici fin de 2025 à Ath Yenni

La maison du bijoutier sera livrée d’ici fin 2025 à Ath Yenni, annonce jeudi lewali de Tizi Ouzou lors de l’ouverture de la fête du bijou.
«Les artisans bijoutiers d’Ath Yenni auront leur maison du bijoutier d’ici la fin de l’année», tel est l’engagement du wali de Tizi Ouzou, Abou Bakr Essedik Boucetta, à l’issue de la cérémonie d’ouverture de la 19e édition de la fête du Bijou d’Ath Yenni.
160 artisans venus de 14 wilayas d’Algérie
Une fête qui s’étalera sur 10 jours (du 31 juillet au 09 Août 2025) au niveau du CEM Larbi Mezani et la maison de Keddache Ali. Et ce avec la participation de plus de 160 artisans venant de 14 wilayas. Une maison du bijoutier qui s’étale sur une superficie de 500 m² pour une capacité d’une 60ne de bijoutiers.
Placée, cette année, sous le slogan «Un bijou, une identité, un patrimoine», cette nouvelle édition qui comme toutes les précédentes accorde une attention particulière aux artisans locaux. «Ce sont pas moins de 110 bijoutiers d’Ath Yenni qui seront regroupés sur les 2 sites» précise à Horizons, le président de l’Assemblée Populaire Communale (APC) de cette localité montagneuse, Abdellah Djennane qui est aussi président du comité communal des fêtes, organisateur de l’événement. «Outre les bijoutiers locaux, d’autres bijoutiers venus de Tamanrasset, Batna, Annaba et Sidi Bel Abbès, ainsi qu’un artisan corailleur de la wilaya d’El Tarf sont aussi présents à cette édition» ajoute Djennane.

«Le bijou honore une mémoire collective»
À leur côté, on retrouve d’autres métiers de l’artisanat tels que la tapisserie, la vannerie, la poterie, la maroquinerie, la joaillerie et l’habit traditionnel. Djenane dans son discours inaugural a tenu à relever que, «outre le savoir-faire ancestral, le bijou honore une mémoire collective, une identité forgée dans la lumière des montagnes mais aussi une tradition qui résiste au temps avec dignité». Tant pour lui au-delà des parures qui scintillent sur les étals «c’est tout un patrimoine immatériel façonné par le feu des siècles, poli par les années et savamment travaillé par des mains passionnées».
Le précédent, le wali Abou Bakr Essidk Boucetta a tenu lui aussi à mettre en exergue cette passion et cet amour des artisans d’Ath Yenni «qui perpétuent un savoir faire plusieurs fois séculaire et constitue une mémoire vivante de ce legs ancestral». Pour sa part, Sid Ali Youcef, le P/APW, dont l’institution soutient cette manifestation avec une enveloppe de 800.000 DA, tient à souligner l’engagement de l’APW à soutenir cette fête du bijou mais aussi toutes les fêtes «qui honorent le patrimoine, la culture et l’identité locale et nationale».
Ath Yenni honore 2 de ses fils
De leur côté, les artisans émettent de nombreuses doléances au 1e magistrat de la wilaya à l’effet d’intercéder auprès des institutions et intervenants dans le marché de l’argent et du corail pour «accéder plus facilement aux produits rentrant dans la fabrication du bijou à l’effet de préserver cette activité nourricière pour de nombreuses familles mais aussi pour perpétuer ce métier qui tend à disparaître avec la cherté des matières premières». D’ailleurs l’un d’eux n’ a pas manqué de relever cette «décadence» en rappelant que «par le passé, il y avait au moins un millier d’artisans qui ne dépassent guère les 150 actuellement».
Enfin, en plus de l’exposition-vente, les organisateurs ont prévu des conférences thématiques sur le bijou et l’artisanat, des galas artistiques, des chorales traditionnelles (Urar Lkhalath) et diverses animations, sont au programme de cette nouvelle édition. Pour conclure, et comme il est de tradition, Ath Yenni honore par la remise de l’Étoile d’Argent à deux de ses enfants qui, chacun à sa manière, a marqué par son parcours la région. Il s’agit de l’ex-footballeur international et directeur général actuel de la JSK, Hakim Medane et du précurseur du festival «racont’Art» Hacène Metref.
C’est dire que cette fête du bijou met en lumière la richesse et la diversité des créations artisanales, particulièrement les bijoux en argent décorés d’émaux et sertis de corail, œuvres des joailliers mais aussi le parcours des personnalités de la région qui ont porté haut le nom des Ath Yenni.
Rachid Hammoutène
