Virée dans les marchés d’Alger, une ambiance des plus ordinaires

Lors d’une virée dans les marchés d’Alger, il est constaté une ambiance des plus ordinaires la veille de la fête religieuse de «Achoura», qui coïncide avec celle de l’indépendance célébrée le 5 Juillet.
Il n’y a pas grand monde dans les marchés à Alger-Centre. Le marché Laâqiba (Belouizdad), situé pourtant dans l’un des quartiers les plus populaires d’Alger, est pratiquement vide. Quelques clients seulement se pressent autour des marchands des fruits dont les prix ont augmenté.
Des hausses de prix inexplicables
«La plupart ont déjà fait leurs courses, hier (vendredi). Comme samedi est un jour férié, les consommateurs ont fait leurs marchés plus tôt, au cas où les produits ne seraient pas disponibles en quantité suffisante. C’est pour une raison de prix également. Plus tôt ils s’approvisionnent, moins ils paient», commente un marchand de fruits qui reconnaît que les prix des fruits et légumes ainsi que du poulet ont augmenté à l’approche de la fête de l’Achoura. On remarquera que la disponibilité de ces produits ne pose aucun problème au niveau de ce marché.
Les prix des fruits et de certains légumes, comme les navets très utilisés par les familles algériennes dans les fêtes religieuses, font grincer les dents. Les cerises qui, il y a quelques jours, ne dépassaient pas les 600 DA, sont cédées à pas moins de 1.000 DA, le raisin à 350 DA, le melon à 120 DA/kilo, les prunes à 200 DA… et les navets à 120 DA/kilo. Les prix, cependant, à Laâqiba restent plus cléments qu’au marché Ferhat Boussaâd, à Alger-Centre.
Là, les navets ne sont pas cédés à moins de 200 DA. Ici également, il n’y a pas grand monde. Les étalages sont un vrai plaisir pour l’œil tellement les légumes sont de qualité, de diverses couleurs et joliment interposés. Idem pour les fruits bien mûrs qui semblent juteux, donnant envie de mordre dedans sans modération en cette période de chaleur. Mais les quelques clients paraissent surtout attirés par les pattes traditionnelles qui connaissent, elles aussi, une hausse des prix. Un kilo de «rechta» est à 150 DA, alors que son prix ne dépasse pas les 100 DA en temps ordinaire. Les boucheries sont pratiquement vides. Le prix du poulet est à 400 DA/kilo contre 380 DA/kilo, il y a quelques jours.
Le prix du poulet augmente à chaque fête religieuse
«La hausse des prix du poulet à l’approche des fêtes religieuses est devenue automatique, même s’il est disponible en quantité suffisante. Quand son prix augmente au niveau du marché de gros, nous suivons le mouvement. Il n’a augmenté que légèrement, ceci dit, 20 DA de plus seulement alors qu’avant, la hausse était plus importante», fait-il remarquer en signalant que les habitants du quartier, constituant la majorité de leurs clients, ont, eux aussi, fait leurs emplettes au cours des jours passés.
À la sortie du marché, il y a foule, bien qu’elle soit modeste. Des marchands de fruits informels proposent des produits moins chers qu’à l’intérieur du marché. Cela dit, profitant également de l’occasion de cette fête religieuse, ils n’ont que légèrement baissé leurs prix. Les fraises, dont la saison est terminée depuis le mois de mai, sont vendues à 400 DA le kilo, alors que leurs prix ne dépassaient pas les 350 DA/kilo en pleine saison. «Il faut attendre au moins une semaine pour que la mercuriale retrouve son rythme normal», fait observer un consommateur.
Farida Belkhiri