SONATRACH et ENI signent un accord de 1,35 milliard de dollars

SONATRACH et ENI signent lundi à Alger un accord de 1,35 milliard de dollars. L’accord prévoit l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures à Ouargla.

Il s’agit d’un accord de partage de production d’une portée stratégique conclu entre la Compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et le géant italien ENI. Ce partenariat entre SONATRACH et ENI prévoit l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur le périmètre centré sur la région de Zemoul El Kbar(wilaya de Ouargla).

Valoriser les ressources du sous-sol national

L’accord s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique renouvelée et vise à renforcer la position de l’Algérie sur la scène internationale des hydrocarbures. L’investissement total, chiffré à 1,35 milliard de dollars, témoigne de l’ambition des deux parties de valoriser les ressources du sous-sol national tout en intégrant des solutions technologiques de pointe.

Intervenant à cette occasion, le PDG de SONATRACH, Rachid Hachichi, a souligné qu’«un investissement global d’envergure a été alloué à ce projet, estimé à 1,35 milliard de dollars américains, dont 110 millions de dollars dédiés aux travaux de recherche et d’exploration». Cela reflète «la confiance de nos partenaires envers les capacités de l’Algérie et de ses institutions, notamment Sonatrach, dans le développement de projets énergétiques prometteurs», ajoute-t-il.

Un volume de production global estimé à 415 millions de barils

L’accord, d’une durée initiale de trente ans avec possibilité de prolongation de 10 années supplémentaires, prévoit un volume de production global estimé à 415 millions de barils de pétrole, dont 9,3 milliards de mètres cubes (m³) de gaz naturel. Le projet conjugue exploration, développement et exploitation et consacre une enveloppe spécifique aux travaux de recherche et d’exploration.

Hachichi précise, par ailleurs, que «ce contrat constitue également une avancée qualitative pour l’intégration des solutions numériques les plus récentes et des technologies innovantes dans les domaines de la production et de l’exploitation, en plus d’améliorer la performance des puits et de récupérer les réserves. Cela est en phase avec l’évolution de l’industrie pétrolière et gazière à l’échelle internationale, et confirme la volonté de Sonatrach de s’imposer comme entreprise pionnière en innovation et en modernisation».

Longues négociations

La signature de ce contrat est l’aboutissement de longues négociations entamées après la conclusion du protocole d’accord du 19 mai 2024. Elle s’inscrit dans le cadre juridique instauré par la loi n° 19-13 du 11 décembre 2019, qui encadre les activités liées aux hydrocarbures en Algérie. Le projet accorde une place prépondérante au contenu local, en favorisant l’intervention d’opérateurs nationaux pour la réalisation des différents travaux. Il s’agit d’une orientation qui vise à stimuler l’économie algérienne, à créer de la valeur ajoutée et à soutenir le tissu entrepreneurial local.

Selon le PDG de SONATRACH «compte tenu de ses dimensions de développement, ce projet accorde une attention particulière au renforcement du contenu local, en encourageant le recours aux opérateurs nationaux pour l’exécution des travaux liés à ce contrat. Cela contribue à la création de valeur ajoutée dans l’économie nationale et au soutien du tissu entrepreneurial local».

Commercialisation du gaz sec issu du périmètre de Zemoul El Kbar

Au-delà de la dimension industrielle, l’accord revêt une importance stratégique pour la sécurité énergétique de l’Algérie et ses capacités d’exportation. La commercialisation du gaz sec issu du périmètre de Zemoul El Kbar est prévue, avec la signature d’une convention gazière qui définit les modalités de vente à l’international.

Hachichi a rappelé qu’ «outre le contrat d’hydrocarbures pour l’exploration et l’exploitation dans le périmètre de Zemoul El Kbar, que nous concluons aujourd’hui avec notre partenaire ENI, une convention gazière est également prévue. Elle vise à définir les termes du contrat d’hydrocarbures liés à la commercialisation des quantités de gaz sec issues du périmètre de Zemoul El Kbar et destinées à l’exportation».

Promouvoir la formation spécialisée des employés algériens

Aussi, l’introduction de technologies avancées dans la gestion des gisements et l’exploitation des ressources constitue l’un des axes importants de cet accord. L’intégration de solutions numériques et d’innovations dans les processus de production permettra d’accroître l’efficacité opérationnelle, de maximiser la récupération des hydrocarbures et de répondre aux standards internationaux en matière de performance énergétique.

Un autre volet essentiel de l’accord concerne le développement des compétences. Une convention-cadre a été signée entre SONATRACH, ENI et ENI Corporate University afin de promouvoir la formation spécialisée des employés algériens. Le PDG de Sonatrach explique que cette convention vise à «développer les compétences techniques et humaines des employés de SONATRACH à travers des programmes de formation spécialisés supervisés par ENI Corporate University, garantissant un transfert efficace et durable de savoir-faire et de connaissances techniques modernes».

Lyes Mechti

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