Les mille et une couleurs du marché d’automne de T’kout

Les mille et une couleurs du marché d’automne de T’kout, qui transforme l’ancien souk agricole en un grand festival culturel et touristique pour tous.
Le marché de l’automne de T’kout (Batna), qui se tient chaque année fin août, s’est transformé au fil du temps. D’un simple souk dédié aux produits de la terre, il est devenu un événement culturel et touristique majeur, attirant des visiteurs de tous horizons.
Organisé cette année du 23 au 29 août, cet événement à la notoriété croissante n’est plus seulement une vitrine des produits agricoles locaux. Grâce à la volonté de ses organisateurs, il est désormais une manifestation culturelle et touristique de premier plan, qui met en valeur le patrimoine et les attraits de cette région montagneuse.
L’association culturelle « Idhles Tamezgha », en coordination avec la commune de T’kout, a joué un rôle clé dans cette transformation ces 4 dernières années. Au programme traditionnel d’exposition de produits agricoles s’ajoute désormais un volet culturel riche : spectacles artistiques, soirées littéraires, concours intellectuels et animations pour enfants, le tout dans une ambiance festive où l’on peut déguster des mets traditionnels.
Adel Guettala, membre actif de l’association « Idhles Tamezgha », a déclaré à l’APS que l’ajout d’activités culturelles vise à mettre en valeur le riche patrimoine, matériel et immatériel, de T’kout et à promouvoir la ville comme destination touristique. Il a souligné que la cité regorge de monuments anciens qui illustrent la beauté de l’architecture locale authentique, à l’image du village ancien (dechra).
De son côté, la directrice de la Culture et des Arts de la wilaya de Batna, Amira Deliou, a souligné « la nécessité d’accompagner cette action culturelle qui valorise et préserve le patrimoine, dans le cadre de la stratégie adoptée par le secteur au service du développement durable».
Un souk attractif pour les agriculteurs, artisans et visiteurs
Malgré les fortes chaleurs de la fin août, l’engouement pour l’édition 2025 ne s’est pas démenti. Producteurs, commerçants, artisans et visiteurs étaient au rendez-vous. Des touristes et des troupes folkloriques ont même afflué de nombreuses wilayas du pays (Tamanrasset, Tizi Ouzou, Alger, Constantine, etc.) et même de la Tunisie voisine.
Selon Abdelfarid Abdeslam, chercheur en histoire de la région, « le vieux souk de cette ville n’a rien perdu de son lustre, grâce à l’adhésion des habitants et à leur détermination à le voir organisé chaque année, jusqu’à ce qu’il devienne une date incontournable ».
Pour sa part, le Dr Djamel Meserhi, chercheur à l’université de Batna 1, a indiqué que ce marché est « un événement économique dont la dimension anthropologique a tissé, au fil des années, un lien étroit entre la population de T’kout et les habitants des régions voisines ».
Selon le Dr Meserhi, le choix de la fin de l’été a été dicté par le calendrier agricole local. Cette période était jugée particulièrement favorable à l’échange de produits, mais aussi propice aux réunions des dignitaires de la région, chargés de régler les différends et d’assurer la cohésion sociale.
C’est aussi l’occasion de célébrer les mariages et autres événements heureux, animés par les célèbres troupes de « Rahaba » (chanteurs en habits traditionnels accompagnés de gasba et de bendir). Ces traditions, ainsi que des rituels comme « Chaïb Achoura », confèrent une dimension sociale et patrimoniale authentique à cette grande fête de l’automne.