Offensive du 20 Août 1955 dans le nord-constantinois: Une étape majeure

L’Offensive du 20 Août 1955 dans le nord-constantinois est l’étape majeure qui a fait date avec un double objectif atteint.
Étape majeure dans la lutte du peuple algérien pour son indépendance, l’offensive du nord-constantinois, moins d’une année après le déclenchement de la Révolution, a eu un double effet. Elle a permis, d’un côté, de desserrer l’étau militaire que l’armée française a tenté d’imposer aux combattants algériens. D’un autre côté, l’offensive a porté un coup fatal à la propagande française, selon laquelle la Révolution tendait à s’essouffler.
Desserrer l’étau sur l’Aurès et plusieurs autres régions assiégées
D’où l’importance de cette opération signée par les combattants de la Wilaya II historique, qui ont su donner de l’écho à l’insurrection. Historiens et témoins de cette époque s’accordent à dire que l’offensive du 20 Août 1955 du Nord-Constantinois a marqué le cours de la Révolution algérienne et du Mouvement national dans son ensemble. Cet événement rappelle à l’évidence que la lutte pour le recouvrement de la souveraineté nationale était très rude et elle a connu des trajectoires douloureuses et tragiques.
Et la victoire au bout n’était pas le fruit du hasard. En fait l’offensive du Nord-Constantinois répondait à l’exigence du contexte à la fois difficile et sensible. L’objectif était de desserrer l’étau sur l’Aurès et plusieurs autres régions assiégées par l’armée coloniale depuis le déclenchement de la Révolution. C’était face au calcul des autorités françaises qui misaient sur un étouffement dans les rangs des combattants, ce qui aurait pu impacter le moral et la mobilisation des troupes dans les autres régions.
Il s’agit pour ainsi dire d’une attaque à multiples objectifs. L’action a été mise en branle par Zighoud Youcef, le chef de la Wilaya II, qui a remplacé Didouche Mourad, tombé au champ d’honneur le 18 janvier 1955. Il faut se mettre dans le contexte de l’époque pour saisir la portée de cette offensive et les objectifs qu’elle a pu réaliser en dépit d’un rapport de forces déséquilibré et défavorable aux Algériens. Mais au-delà de l’impact militaire de l’opération, c’est ce qu’elle a pu constituer sur le plan diplomatique qu’il faudrait aussi retenir. C’est en effet un prélude à l’internationalisation de la cause algérienne.
L’offensive a rattrapé le mensonge français
L’offensive a rendu caduque la thèse des autorités françaises et de leurs médias, qui jusque-là ne parlaient pas de la Révolution algérienne, mais des «événements». La propagande française tentait jusqu’à cette période de désinformer l’opinion publique, en disant que les déclencheurs de la Révolution de Novembre sont des «hors-la-loi» et des «bandits». La propagande colonialiste visait alors à semer le doute sur le caractère populaire de la Révolution algérienne et à ternir l’image des moudjahidine.
L’offensive du Nord-Constantinois venait alors de tordre le cou à cette thèse en déphasage avec la réalité. De par son ampleur et l’effet qu’elle a eu, l’offensive a rattrapé le mensonge français. Autrement dit, cette attaque est une réponse aux visées et intentions de l’armée coloniale d’encercler et d’assiéger les combattants afin d’étouffer dans l’œuf l’insurrection du 1e Novembre 1954 annonciatrice de la rupture avec le système colonial.
Et pour mesurer l’impact de cet évènement au sein des autorités françaises, il suffit d’observer la réaction musclée de ces dernières. Mais cette réaction n’avait pas empêché la réalisation des objectifs de l’offensive, à savoir le desserrement de l’étau sur la région des Aurès, l’installation de l’effroi parmi les colons français et l’internationalisation de la cause algérienne.
Amirouche Yazid