Badarri presse les responsables de l’ONOU

Badarri presse les responsables de l’ONOU lors d’une réunion pour accélérer les préparatifs de la rentrée universitaire 2025-2026.

À l’approche de la rentrée universitaire fixée au 13 septembre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de  la Recherche scientifique redouble d’efforts pour garantir une reprise fluide, modernisée et en adéquation avec les ambitions nationales. Une réunion de cadrage, présidée par le ministre Kamel Baddari en présence des cadres du ministère et des responsables de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), a lancé les ultimes opérations logistiques, pédagogiques et organisationnelles.

Le Cadre algérien des qualifica­tions entre en vigueur en 2025-2026

Si Alger constitue le point de départ de ce plan d’action, l’ensemble du territoire est concerné. La rentrée universitaire 2025­-2026 sera profondément marquée par une nouvelle approche de l’orientation, avec un recentrage affirmé vers les filières scienti­fiques et technologiques.

Selon les données préliminaires fournies par le conseiller du ministre, M. Daoudi, 65% des nouveaux bacheliers seront affectés à des spécialités relevant des sciences exactes, des mathéma­tiques, de l’informatique et des sciences de l’ingénieur. Cette stratégie vise à renforcer les compétences nationales dans les secteurs por­teurs de l’économie du savoir et de la transfor­mation numérique. Afin d’accompagner cette orientation, le Cadre algérien des qualifica­tions entre en vigueur cette année.

Il s’agit, selon les explications du premier responsable du secteur, d’un outil structurant qui permet aux étudiants d’explorer, via une plateforme numérique dédiée, les débouchés professionnels associés à chaque parcours de formation. Les critères d’affectation, compre­nant la moyenne au baccalauréat, la spécialité, la localisation géographique et la disponibilité des places pédagogiques, restent inchangés.

Une attention particulière est accordée aux bacheliers des filières littéraires, souvent confrontés à un éventail restreint de débou­chés. Pour répondre à cette problématique, quatorze nouvelles spécialités leur seront pro­posées dès cette rentrée. Ces cursus ont été conçus dans une logique d’employabilité, avec l’ambition de rééquilibrer l’offre de formation en faveur d’une insertion professionnelle effective.

Une formation pédagogique structurée et décentralisée 

Dans le cadre de sa stratégie de consolida­tion du système éducatif national, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique mise sur la formation initiale ciblée des futurs enseignants. Les Écoles normales supérieures (ENS) consti­tuent l’ossature de cette politique. Ces établis­sements, à la différence des universités clas­siques, offrent un cursus pédagogique spéci­fique, centré sur les sciences de l’éducation, la didactique disciplinaire et la pratique profes­sionnelle. Pour la rentrée 2025-2026, 32.000 places pédagogiques ont été ouvertes au sein des ENS.

Cette offre de formation s’accompagne de l’ouverture d’une vingtaine d’annexes régionales réparties dans plusieurs wilayas du pays, afin de renforcer la couvertu­re territoriale et de rapprocher les centres de formation des zones à fort potentiel éducatif. Les diplômés des ENS bénéficient, à l’issue de leur formation, d’une intégration directe dans les établissements scolaires publics avec le sta­tut de fonctionnaire, en vertu d’une coordina­tion étroite avec le ministère de l’Éducation nationale. Cette mesure répond à une double exigence. Garantir un encadrement pédago­gique qualifié dans les cycles fondamental, moyen et secondaire, tout en renouvelant dura­blement le vivier national des enseignants.

Des infrastructures renforcées et modernisées 

Sur le plan des capacités d’accueil, l’enseignement supérieur connaît une expansion notable. Le parc national dépasse désormais les 1,9 million de places pédagogiques, grâce à la réception de nouveaux établissements et à l’extension d’infrastructures existantes. En matière d’hébergement, environ 9. 500 lits supplémentaires sont en cours d’installation, portant la capacité totale à 775.822 lits.

Actuellement, plus de 560. 000 étudiants sont logés dans 491 résidences universitaires à tra­vers le pays, dont 25 nouvelles structures récemment achevées. Un programme national de réhabilitation est en cours pour améliorer le cadre de vie des étudiants. Ces travaux portent sur la rénovation des blocs sanitaires, le ren­forcement des dispositifs de sécurité, la modernisation des équipements collectifs et l’embellissement des espaces communs.

Parmi les cités universitaires concernées par la réhabilitation, celle d’Ouled Fayet, à Alger, fait figure de site pilote. Elle bénéficie d’une opération de mise à niveau complète, lancée à la suite d’un appel d’offres national. Ce projet d’envergure englobe la rénovation des logements, la modernisation des installa­tions sanitaires, l’amélioration de la sécurité incendie, ainsi que la réhabilitation des espaces de restauration.

Cette initiative s’inscrit dans une politique de redressement ciblé des résidences les plus anciennes ou les plus dégradées du pays, suite aux incidents surve­nus par le passé et largement médiatisés. Ouled Fayet devient ainsi un modèle de réfé­rence pour la modernisation des campus algé­riens.

Mobilité, accessibilité et services

La mobilité des étudiants constitue un axe central de la stratégie ministérielle. La flotte nationale de bus universitaires atteint désor­mais 6.000 véhicules, avec un renforcement des liaisons aux heures de pointe. Par ailleurs, une refonte de la carte de transport autour des pôles universitaires est en cours, afin de favo­riser l’intégration des lignes de tramway et de métro dans les circuits étudiants.

La vie académique sera également marquée par une extension des horaires d’accès aux infrastructures pédagogiques. Les biblio­thèques universitaires et les laboratoires de recherche resteront ouverts 24 heures sur 24, permettant aux étudiants et chercheurs de poursuivre leurs travaux en dehors des heures de cours. Ces derniers seront, quant à eux, étendus jusqu’à 22h, conformément à la nou­velle philosophie de formation axée sur la flexibilité et la performance. En parallèle, de nouveaux restaurants universitaires centraux seront inaugurés dans les principaux pôles d’enseignement, pour améliorer l’accès à une alimentation saine et équilibrée.

À l’aube de cette nouvelle année universi­taire, les signaux convergent vers une muta­tion en profondeur du système d’enseignement supérieur. La combinaison d’une offre acadé­mique recentrée sur les besoins du marché, d’un effort soutenu d’investissement dans les infrastructures, et d’une réforme ambitieuse des services aux étudiants, laisse entrevoir une rentrée universitaire porteuse d’espoir et de renouveau. Le 13 septembre marquera ainsi non seule­ment une reprise académique, mais également une avancée concrète vers une université algérienne moderne, inclusive et tournée vers l’avenir.

Samira Azzegag

Bouton retour en haut de la page