Lutte contre la surcharge des classes: L’État à pied d’œuvre

Pour la lutte contre la surcharge des classes, l’État est à pied d’œuvre. Le compte à rebours est lancé. Dans moins d’un mois, plus de 10 millions d’élèves rejoindront leurs classes le 21 septembre 2025.
Ils feront leur retour en classe pour entamer une nouvelle année scolaire. Prévue initialement pour le 11 septembre, la rentrée a été finalement fixée au 21 septembre 2025, un report de dix jours décidé afin de laisser aux autorités le temps de finaliser les préparatifs et corriger les insuffisances constatées. Des préparatifs intensifiés, chantiers d’infrastructures, distribution des manuels scolaires, régularisations administratives et innovations pédagogiques: autant de dossiers mobilisent actuellement les services du ministère de l’Éducation nationale.
L’idéal, limiter à 25 élèves par classe
Pour l’ancien syndicaliste, Meziane Meriane, ce délai supplémentaire constitue «opportunité de finaliser ce qui reste à améliorer», plutôt qu’un contretemps. Il précise que «plusieurs opérations de rénovation ont déjà été menées et d’autres avancent à un rythme soutenu afin que tout soit prêt avant le 21 septembre». Contrairement aux années précédentes, insiste-t-il, les chantiers «ne devront plus empiéter sur le déroulement des cours». Autre point mis en avant par l’ancien syndicaliste, la distribution anticipée des manuels scolaires.
«Il est préférable de remettre les manuels aux élèves 10 ou 15 jours avant la rentrée. Ces supports doivent être disponibles dès la première semaine, voire avant», recommande-t-il. Malgré ces avancées, Meziane Meriane alerte sur la surcharge des classes, qui freine l’application d’une pédagogie différenciée. «L’idéal serait de limiter les effectifs à 25 élèves par classe, alors que certaines en accueillent 40 à 50», déplore-t-il.
Une entrée scolaire ambitieuse et exigeante
Face à ces préoccupations, l’administration se veut rassurante. L’inspecteur Youcef Ramdani souligne «la mobilisation de la tutelle autour de l’organisation administrative et pédagogique», citant, notamment, la gestion des postes vacants et l’intégration des enseignants contractuels dans un processus transparent qui débutera en septembre. Il met également en avant la coordination en cours avec les collectivités locales, afin d’assurer la livraison des nouvelles infrastructures, l’équipement des cantines et la disponibilité du transport scolaire.
Côté pédagogie, l’une des principales nouveautés sera l’introduction d’un manuel d’anglais pour les élèves de première année moyenne. Pour Ramdani, il s’agit d’une réforme «structurante» qui «vise à adapter le système éducatif aux nouvelles exigences du monde contemporain et à renforcer la maîtrise des langues étrangères dès le cycle moyen».
De son côté, le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), Abdelkrim Boudjenah, met en garde contre l’éventuelle surcharge des classes. La rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce donc à la fois ambitieuse et exigeante. Les efforts en matière d’infrastructures, de réorganisation administrative et d’innovation pédagogique sont indéniables. La réussite de cette rentrée dépendra de la conjugaison des efforts dans l’action afin que l’école algérienne offre aux élèves des conditions d’apprentissage dignes des ambitions affichées.
Samira Azzegag