Une récolte record de liège attendue à Tizi Ouzou

Une récolte record de liège attendue à Tizi Ouzou, avec près de 5.000 q prévus, soit plus du double de 2024, relançant une filière stratégique.
Les subéraies jouent en Algérie un rôle économique, social et environnemental important. Elles offrent chaque année des emplois à des milliers de personnes dans les travaux sylvicoles, notamment la récolte du liège, ainsi qu’à près de 2.000 saisonniers et permanents dans l’industrie de transformation.
À Tizi Ouzou, elles représentent une richesse notable grâce aux vastes potentialités forestières de la région. Pour cette année 2025, les services forestiers de la wilaya tablent sur une récolte de près de 5.000 q, plus précisément 4.997 q. En effet, selon Goucem Abdelhamid, conservateur divisionnaire de la Conservation locale des forêts, qui est intervenu sur les ondes de la radio locale, «cette année, la récolte s’annonce très bonne pour la superficie de 23.000 ha ciblée, alors que la superficie totale forestière est de 112.180 ha», a-t-il indiqué. Un volume plus important que celui de l’année dernière qui était de 1.946 q.
Une production en hausse mais loin des records
«Nous sommes au 17 août de cette année à plus de 3.000 q de liège récoltés depuis le lancement de la campagne le 2 juin dernier», a encore souligné l’invité de la radio locale. Il est à noter que le potentiel forestier de la wilaya classe Tizi Ouzou au 3e rang à l’échelle nationale, après Jijel et Skikda. La récolte de ce produit ligneux ne cesse d’accroître d’année en année dans la wilaya de Tizi Ouzou, en passant de 1.200 q, 1.248 q et 1.946 respectivement en 2022, 2023 et 2024. Il reste que la production du liège a connu ses heures de gloire durant la seconde moitié de la 2e décennie des années 2000, où il a été enregistré plus de 16.000 q en 2018, un record, après avoir atteint des pics de 8.700 et 9.400 q en 2017 et 2019, a soutenu, de son côté, Mohamed Skendraoui, chef de service de la faune et de la flore, joint par nos soins. Toutefois, ces prévisions sont tributaires de la situation sanitaire de l’arbre.
En effet, selon ce chef de service à la Conservation de Tizi Ouzou, «l’arbre pourrait être affecté par des champignons et des insectes qui lui sont nuisibles, mais aussi par les aléas climatiques et les incendies, et la production ne sera réellement quantifiée qu’à partir du mois d’avril, avant d’être récoltée en été». Ce dernier nous a aussi indiqué que les subéraies ne doivent pas faire l’objet de culture intensive, mais en rotation, «tant elles ont besoin d’un temps de repos naturel qui se situe entre 9 et 12 ans». «D’ailleurs, même au plan économique, ces rotations sont recommandées», fait-il savoir. Si bien que les spécialistes, économiquement parlant, suggèrent d’avoir une régularité dans la production, aussi bien pour les besoins de l’industrie de transformation du pays que pour l’exportation, sachant que le liège est un produit très demandé sur le marché international, pour la fabrication de bouchons et de panneaux d’isolation.
Pour conclure, il est bon de rappeler que le liège algérien est considéré comme un produit de grande qualité, très apprécié à l’étranger de par ses multiples utilisations, notamment dans l’isolation thermique et sonore, la cosmétique, le matériel orthopédique et la conservation de la saveur et du goût des produits viticoles.
Rachid Hammoutène