Des familles transforment les week-ends en temps d’apprentissage

En attendant la rentrée scolaire, des familles transforment les week-ends en temps d’apprentissage, entre activités culturelles, sportives et citoyennes.
Depuis l’annonce du report de la rentrée scolaire pour le 21 septembre prochain, de nombreuses familles algériennes ont décidé de donner une autre dimension à leurs week-ends.
La rentrée buissonnière et créative
L’idée : maintenir le rythme d’apprentissage de leurs enfants, mais différemment, en transformant ces journées en véritables oasis culturelles et sportives.
Dans plusieurs wilayas, les jardins publics et les maisons de jeunes accueillent désormais des rencontres collectives où parents et enfants se retrouvent autour d’ateliers de lecture, de jeux éducatifs et de débats ludiques. «Ces rencontres connaissent un succès inattendu, car elles recréent un climat scolaire tout en renforçant les liens sociaux», témoigne Samira, mère de 2 enfants.
À Alger, des initiatives citoyennes ont vu le jour dans des espaces culturels de proximité, comme la maison de la culture Bachir-Mentouri ou certaines bibliothèques municipales. Des clubs de lecture improvisés permettent aux enfants d’échanger sur leurs livres préférés, sous le regard attentif des parents. Leurs discussions sont souvent prolongées par des animations artistiques, où conteurs et musiciens locaux apportent une touche de créativité. Le sport n’est pas en reste. Dans plusieurs quartiers, les associations de jeunes organisent des mini-tournois de football, de basket et de volley, mobilisant enfants et adolescents. «Le but n’est pas de former des champions, mais de créer un espace où l’énergie est canalisée positivement», explique Mourad, éducateur sportif à Blida. Ces moments deviennent aussi une école de respect et de solidarité.
Une éducation citoyenne hors les murs
Ces initiatives sont souvent accompagnées d’ateliers de sensibilisation à la protection de l’environnement. À Oran, des campagnes de nettoyage des plages ont été lancées, mêlant éducation civique et activités ludiques. Les enfants découvrent que l’apprentissage peut se faire en ramassant des déchets, en triant ou en plantant un arbre, gestes simples mais porteurs d’un profond sens citoyen. Les réseaux sociaux contribuent à amplifier ce mouvement. Des pages locales partagent les programmes hebdomadaires et encouragent les familles à rejoindre ces rendez-vous.
«Nous recevons chaque semaine de nouvelles familles», confie Leïla, vice-présidente d’une association culturelle à Constantine. «C’est la preuve qu’il existe une réelle attente pour des espaces d’éveil hors du cadre scolaire classique», ajoute-t-elle. Ainsi, ce contretemps scolaire a permis de révéler de nouvelles formes d’éducation citoyenne, culturelle et ludique. Un apprentissage hors les murs qui, loin de remplacer l’école, vient la compléter en ouvrant aux enfants d’autres horizons d’éveil et de découverte.
Samira Sidhoum