Ligue 1 : les principales nouveautés de l’exercice 2025-2026

Le championnat de Ligue 1 Mobilis reprend ses droits ce jeudi.
Le nouvel exercice 2025-2026 de la Ligue 1 algérienne est marqué par plusieurs nouveautés.
Limitation de déplacement des supporters, une mesure pour juguler la violence
Dans un contexte marqué par une intensification des enjeux sportifs et la recrudescence de la violence à l’approche de la fin précédente saison du championnat de Ligue 1, la Fédération algérienne de football (FAF) avait pris une décision majeure en matière de sécurité dans les enceintes footballistiques et de gestion des foules. Alors, la Fédération a pris les choses en main dans la perspective de mettre le hola. Dans l’urgence et face aux risques, elle a mis en place de mesures strictes concernant les déplacements des supporters des équipes visiteuses, limitant, ainsi, leur mouvement lors des six dernières journées.
Cette mesure, loin d’être improvisée, s’inscrit dans le cadre des recommandations issues de la réunion de concertation tenue le 22 avril 2025 entre la FAF, la LFP, les présidents des clubs professionnels ainsi que les représentants des pouvoirs publics et des services de sécurité. La FAF rappelle ainsi que les organisateurs des matchs – c’est-à-dire les clubs hôtes – ont la responsabilité de garantir le bon déroulement des rencontres, conformément à la réglementation en vigueur. L’impact de cette mesure aura été rapide puisqu’il a été constaté un recul, quoique relatif, de la violence dans les stades. C’est pourquoi l’instance de Walid Sadi a décidé de reconduire la limitation du déplacement des supporters en prévision du nouvel exercice footballistique devant débuter ce jeudi par le déroulement de deux matchs de la 1re journée.
Une meilleure organisation des matchs
Cela témoigne de la volonté de la Fédération de renforcer ses actions sur le terrain pour permettre le déroulement des compétitions dans un cadre calme et serein. La mesure de restriction des déplacements n’est donc pas seulement préventive ; elle traduit aussi une approche de gestion plus rigoureuse et proactive. En parallèle à cette décision, la FAF a tenu à rappeler aux clubs la nécessité de respecter strictement la réglementation en matière de sécurité sur et autour du terrain. Elle a notamment réaffirmé l’application de la circulaire n°47 du 27 mars 2025, qui interdit formellement la présence de toute personne étrangère à l’organisation du match sur la ligne de touche, dans les tunnels ou autour des vestiaires. Toute infraction à cette règle entraînera des sanctions fermes, conformément aux textes réglementaires. Cette double démarche – restriction des déplacements des supporters et rappel au respect des règles d’organisation – reflète la volonté claire de la FAF de maîtriser tous les paramètres pouvant affecter la bonne tenue des rencontres, surtout quand l’enjeu est grand.
Il s’agit notamment d’un signal fort de la FAF aux supporters qui, malgré la légitimité de leur ferveur envers leur équipe favorite, doivent apprendre à faire passer la sécurité des biens et des supporters sur toute autre considération. En dépit de la frustration née de la privation des supporters à accompagner leurs clubs respectifs lors des rendez-vous en déplacement, il faut noter que cette mesure est prise dans leur intérêt et celui du développement de la discipline. L’ensemble des acteurs du ballon rond local sont, du coup, invités à faire preuve de responsabilité, de retenue et de professionnalisme lors de la nouvelle saison et faire en sorte de véhiculer une belle image d’une «Algérie nouvelle et victorieuse».
La VAR pour les 240 matches de la L1
La technologie de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) devra franchir une nouvelle et importante étape en Algérie. Après un lancement progressif lors de la saison 2024-2025, la Fédération s’étant contentée d’utiliser cette technologie dans plusieurs matches, la VAR devra être généralisée à l’ensemble des rencontres de Ligue 1 dès le début de la saison 2025-2026. Les 240 matches du championnat auront lieu donc avec l’assistance de la VAR. Pour rappel, la première utilisation officielle de la VAR dans le championnat algérien a eu lieu lors des matches ES Sétif – MC El Bayadh et Olympique Akbou – NC Magra. A cette époque, la Fédération algérienne de football (FAF) avait opté pour une mise en œuvre progressive, et ce, avec le consentement de la Direction nationale d’arbitrage (DNA). Faisant partie des engagements du président de la FAF en septembre 2023 lors de la période électorale, la généralisation de l’utilisation de la vidéo assistance a fait son chemin et aujourd’hui elle va devenir réalité avec l’acquisition du matériel en fin de saison dont quatre vans VAR, hautement équipés.
Et c’est le président de la LFP, Mohamed Amine Mesloug, qui se réserve la primauté d’annoncer, en marge de l’opération du tirage au sort du calendrier le 31 juillet dernier, l’agréable surprise sur la généralisation de l’utilisation de la VAR à toutes les rencontres du championnat professionnel. «Cette saison, un autre défi nous attend : l’utilisation de la VAR à tous les matches», a-t-il déclaré. Le dirigeant se félicite, par ailleurs, d’un fait notable : «Nous sommes actuellement la première Fédération africaine à disposer de ses propres stations VAR, ce qui est une excellente chose.» Cet atout logistique permet à l’Algérie de gagner en autonomie dans la gestion technique et opérationnelle de la vidéo-assistance. La LFP a déjà entamé un travail de coordination avec les clubs pour adapter les infrastructures aux exigences de cette technologie. Des séminaires et des journées d’information sont organisés continuellement pour former les arbitres. L’objectif est de garantir une couverture optimale de tous les matches et de veiller à la conformité des installations.
Certificat antidrogue obligatoire, un dangereux fléau à éradiquer
Dans le cadre de la lutte contre la drogue dans le milieu sportif, le ministère des Sports a transmis une circulaire (n°003 du 19 juin) à l’ensemble des fédérations nationales. Celle-ci impose, dès la saison 2025-2026, la présentation d’un certificat antidrogue et substances prohibées pour les athlètes, entraîneurs et arbitres avant le coup d’envoi des parties de football. Le président de la Fédération et néanmoins ministre des Sports, Walid Sadi, a confirmé cette mesure, affirmant : «Les drogues sont devenues un fléau qui menace notre jeunesse, y compris les sportifs. Les chiffres sont préoccupants, et nous voulons préserver un environnement sportif sain.» La FAF ne se limitera pas à un simple test au début de saison. Des contrôles inopinés seront également effectués dans les centres d’entraînement tout au long de l’année. Ils concerneront les joueurs, mais aussi les entraîneurs et les arbitres. Ces actions seront menées par des comités de contrôle spécialisés, composés de médecins spécialisés.
Il faut noter qu’une autre correspondance de la FAF a été adressée aux Ligues, dans laquelle elle a précisé les catégories concernées par les certificats négatifs et les contrôles imprévus, à savoir les seniors, les U20 et les U18. Le segment d’âges choisi est parfaitement réfléchi, il concerne la catégorie la plus vulnérable face à ce fléau. Parallèlement, des ajustements ont été introduits dans la procédure d’engagement des clubs. Si le Prévention cardio-médicale pour les athlètes (PCMA) reste obligatoire, son envoi via la plateforme FAF Connect n’est plus requis. Il sera remplacé par une attestation de consentement signée par le médecin du club, le médecin ayant établi le PCMA, le secrétaire général et le président du club. Des réformes saluées par les clubs et perçues comme un équilibre entre rigueur médicale et simplification des procédures.
Les clubs de la capitale face au manque d’infrastructures
A 48 heures de la grande entame du championnat de L1, les clubs de la capitale font face à une crise majeure ayant trait à l’absence de stades homologués pour accueillir leurs matches officiels. Seuls l’ES Ben Aknoun et le Paradou AC semblent avoir réussi à trouver des enceintes pour les accueillir. Les gars de Ben Aknoun ont réussi à décrocher l’accord des autorités locales de Mohamed Belouizdad en vue d’évoluer au stade du 20 Août 1955. Ce dernier fait l’objet de travaux pour lever les réserves de la LFP. Pour sa part, le Paradou AC recevra ses adversaires officiellement au stade Omar Benrabah à Dar El Beïda. Le MC Alger devra jouer dans son nouvel antre d’Ali Amara de Douéra, quand bien même cette infrastructure a besoin du renouvellement de sa pelouse. Pour les autres clubs algérois, la situation est bien plus complexe. Deux grandes enceintes sont actuellement hors service : le stade Nelson Mandela de Baraki et le 5-Juillet de Dély Ibrahim.
Le CR Belouizdad, malgré une autorisation provisoire pour recevoir au stade Salem Mabrouki de Rouiba, se heurte à l’état déplorable de la pelouse et des installations. Les travaux de réhabilitation pourraient s’étaler sur trois mois, rendant le site inutilisable en ce début de saison. Face à cela, le CRB ainsi que l’USM Alger ont sollicité le wali de Blida pour jouer au stade Mustapha Tchaker. Une autorisation leur a été accordée, à huis clos uniquement. Cette décision fait suite aux incidents de vandalisme survenus lors d’une précédente rencontre de coupe d’Algérie, ainsi qu’à de nouveaux actes de dégradation lors d’un match amical entre l’USM Blida et Ben Aknoun. Les autorités locales, craignant de nouveaux débordements, refusent tout assouplissement. Le nouveau stade des Eucalyptus est aussi pressenti pour abriter des matches du CRB ou de l’USMA.
Le MBR veut surprendre, l’ESBA veut durer
Le championnat de Ligue 1 Mobilis comptera deux nouveaux visages lors de cette saison, le MB Rouissat et l’ES Ben Aknoun en l’occurrence. Les deux formations ont validé leur accession au terme d’une saison intense en Ligue 2 amateur. Le MB Rouissat, club du Sud algérien, a arraché sa montée dans la poule Centre-Est au prix d’une lutte acharnée avec l’USM El Harrach. L’identité du lauréat n’a été connue qu’au terme de la dernière journée, confirmant ainsi l’accession historique du club parmi l’élite. Une première participation en Ligue 1 que le club veut marquer de son empreinte. Son président affiche déjà ses ambitions : «Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration, nous comptons créer la surprise face aux grandes équipes.»
De son côté, l’ES Ben Aknoun signe un retour rapide dans l’élite après l’échec de la saison 2023-2024, où le club avait été relégué aussitôt après sa montée. Cette fois, les dirigeants ne veulent rien laisser au hasard. En engageant l’entraîneur, Mounir Zeghdoud, fort de son expérience avec plusieurs clubs de L1, le club algérois veut se maintenir durablement dans la courdes grands. Avec ces deux promus, la Ligue 1 gagne en diversité géographique et en ambition. Rouissat veut surprendre, Ben Aknoun veut durer.
K. Yamine