L’UGTA prépare sa rentrée : restructuration et formation en perspective

À l’occasion de la rentrée sociale, le SG de l’UGTA, Amar Takdjout, dresse un état des lieux des priorités syndicales, marquées par la nécessité de restructurer les instances, de tenir les congrès dans les délais et préparer les prochaines échéances nationales et internationales.
«Nous avons atteint près de 80% de régularisation des structures anciennes, il reste environ 20% à mettre à jour. Mais au-delà, il faut surtout adopter le réflexe d’organiser les congrès dans les délais, afin d’éviter les cumuls d’années sans légitimité», affirme le SG de l’UGTA dans un entretien accordé à Horizons.
Les syndicats doivent justifier le nombre de leurs adhérents
Le leader de la centrale syndicale a rappelé que la législation est de plus en plus contraignante et que les syndicats sont désormais interpellés par les employeurs et les administrations sur la validité des mandats. «Beaucoup de correspondances nous parviennent pour signaler que des mandats arrivent à terme. C’est un problème auquel nous devons répondre avec rigueur», lance t-il, soulignant que la représentativité syndicale demeure un enjeu crucial pour l’UGTA.
Takdjout insiste sur l’importance de la représentativité, rappelant que chaque année, les syndicats doivent justifier le nombre de leurs adhérents. «Les travailleurs et les syndicalistes doivent s’adapter à la réalité du monde du travail et renforcer l’organisation», souligne t-il.
Une série de rencontres internationales majeures
Par ailleurs, l’UGTA prépare une série de rencontres internationales majeures. Dès le 4 septembre, Alger accueillera la Conférence arabe du textile et de l’habillement, organisée par la Fédération arabe du secteur, avec la participation d’une quinzaine de pays. En octobre, la capitale abritera la Conférence de la Confédération syndicale internationale arabe (CSIA), consacrée à l’information syndicale, avec la présence de représentants de 32 pays. La rencontre verra également la participation de syndicats européens, dont la Confédération syndicale belge.
La fin octobre sera, également, marquée par une autre rencontre internationale, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert et la Confédération allemandes des syndicats (DGB), portant sur les énergies renouvelables et la décarbonisation. Takdjout explique le choix de ces thématiques par leur actualité qui interpelle.
Une conférence syndicale autour de l’exécution des décisions de justice en faveur des travailleurs
«Les syndicats ne peuvent pas rester en marge des grandes mutations (transition énergétique, changement climatique, intelligence artificielle…). Ce sont des questions qui impactent directement le monde du travail, avec des pertes d’emplois, des reconversions et des besoins de formation», précise Takdjout. Dans ce sillage, il met en garde contre les conséquences sociales de ces transformations rapides.
«Les syndicats doivent anticiper, car les travailleurs seront les premiers concernés par ces bouleversements. Il est essentiel d’engager dès maintenant une réflexion collective», préconise-t-il. Selon lui, deux autres thématiques seront également à l’ordre du jour, outre la conférence syndicale que l’UGTA compte organiser autour de l’exécution des décisions de justice en faveur des travailleurs, souvent restées sans suite et la santé au travail.
Un programme avec l’Actrav pour la formation des syndicalistes
«La première question est d’une grande importance, car des jugements sont rendus au profit des travailleurs, mais ne sont pas appliqués et on ne trouve pas de solution», déplore le SG de l’UGTA.
L’UGTA a élaboré par programme en partenariat avec le bureau des activités pour les travailleurs (Actrav) de l’Organisation international du travail (OIT) pour la formation des syndicalistes. «Il y a de l’activité, et nous lançons aussi une réflexion sur l’opportunité de créer des commissions dédiées afin d’évaluer nos propositions sociales et mesurer l’impact de chacune d’elles», conclut Amar Takdjout.
W.O.H.