À Alger, l’ébauche de la nouvelle Afrique

C’était la projection dès la naissance : faire de l’Afrique un pôle immense tourné vers le progrès, intra connecté et basé sur des passerelles.
Vœux d’initiateurs, qui un soir de 1963 donnèrent naissance à l’Organisation de l’Union africaine dans le sillage des indépendances. L’Afrique, une fois libre, devait se consacrer à son développement, en comptant sur ses propres moyens.
L’union politique doit être actée en réalités économiques et commerciales
Hélas, la quête ne sera pas facile. Le néocolonialisme fructifia les divisions et les oppositions. L’Afrique passera de la domination à l’instabilité jusqu’à une insécurité chronique, charriée par des idéologies qu’on croyait étrangères au continent. Les cinquante dernières années ont été difficiles mais en même temps riches en enseignements. Les Africains secoués par les bouleversements du monde finirent par comprendre la portée stratégique de leur union, là où partout on s’organise en constellation dotée d’organisations fortes.
Les Africains comprennent que l’union politique doit absolument être actée en réalités économiques et commerciales et que pour ce faire, il ne leur faut pas simplement le cadre, qui existe déjà, mais bien plus, sa vitalisation à travers un engagement concret. Alger qui a toujours rythmé aux sons africains revient, encore une fois, au centre de l’affaire. En accueillant l’IATF 2025, elle lui donne une dimension inégalée jusque-là avec la participation de pas moins de 140 pays.
Une jeunesse exceptionnelle
Cette participation est loin de relever du simple protocolaire. Derrière se profile une démonstration riche en promesses. La Foire d’Alger offre aux entreprises une plateforme exceptionnelle pour accéder au marché africain, qui compte plus de 1,4 milliard de personnes et dont le produit intérieur brut dépasse les 3,5 billions de dollars. Elle attirera plus de 2.000 exposants de 140 pays qui participeront à ses diverses activités. Cerise sur le gâteau : des accords d’investissement et des projets d’une valeur de plus de 44 milliards de dollars devraient être conclus.
Autant dire un envol qui reflète bien le thème de cette manifestation bâtie sur le socle des passerelles. L’Afrique, diverse et grande, en a besoin. Pour son avenir, pour sa stabilité, pour la sécurité dans un monde avec qui les Africains veulent instaurer une coopération digne et intelligente. Le pari est à la dimension des attentes du continent. À voir l’engouement qui marque la manifestation, on est presque sûr que l’Afrique après Alger sera une nouvelle Afrique, forte de ses propres expériences et portée par sa jeunesse exceptionnelle.
T. Draoui