Dessalement de l’eau de mer : la souveraineté hydrique au cœur du projet national

Face aux défis croissants liés au changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau douce, l’Algérie engage une stratégie ambitieuse de dessalement de l’eau de mer.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision du président Abdelmadjid Tebboune pour qui la souveraineté hydrique est désormais un pilier fondamental de la sécurité nationale.

Une source stable et indépendante d’approvisionnement

Cette vision repose sur trois principaux piliers, à savoir la réduction de la dépendance climatique, face à la baisse de pluviométrie où le dessalement s’érige en alternative durable. La mobilisation nationale des entreprises algériennes, comme Sonatrach et sa filiale AEC qui sont au cœur du dispositif prévu. Puis, le déploiement territorial des stations réparties de sorte à couvrir les zones les plus touchées par le stress hydrique. Avec une baisse significative des précipitations et une croissance démographique ascendante, le pays devrait faire face à une demande en eau de plus en plus forte. Dans ce contexte, le gouvernement a fait du dessalement une priorité. Cette technologie permet de transformer l’eau de mer en eau potable, assurant ainsi une source stable et indépendante d’approvisionnement.

Faisant de cette option son cheval de bataille pour venir à bout d’une problématique qui taraude l’esprit de tous les Etats, le président Tebboune a souligné à maintes reprises que «l’eau est une question de souveraineté». Il n’a pas eu de cesse d’appeler à une gestion rationnelle et durable de cette denrée si précieuse. Lors de la dernière rencontre gouvernement-walis, tenue en décembre 2024, le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement à renforcer les infrastructures hydrauliques du pays, à travers la mise en service de nouvelles stations de dessalement.

Un plan d’urgence pour parer la crise hydrique

Sitôt dit sitôt fait. Le président Tebboune a procédé, durant l’année 2025, à l’inauguration de 5 nouvelles stations, à savoir la station de Cap Blanc à Oran, dotée d’une capacité de 300.000 mètres cubes/jour. Elle devrait approvisionner en eau potable l’ensemble des wilayas environnantes, notamment celles de l’intérieur qui sont le plus exposées au stress hydrique. En l’espace de deux jours (22 février), le président a mis en service la station de Fouka2 à Tipasa qui vient soulager la région de l’Algérois, exprimant une forte demande sur l’eau au vu de la densité de la population. En termes de capacité de production, cette station est dotée d’une capacité de 300.000 mètres cubes/jour, tout comme celle mise en service, durant le même mois, à Koudiet Eddraouche, à El-Tarf. Celle-ci devrait, quant à elle, répondre aux besoins de certaines wilayas de l’Est, telles que Souk Ahras et Tébessa.

La mise en œuvre de l’engagement du président s’est poursuivie sur la même lancée où l’on a vu la mise en branle de l’usine de Cap Djinet2 (Boumerdès) en mars 2025, dotée de la même capacité de production précitée. Pour ce qui est de la 5e station, implantée à Tighremt, dans la wilaya de Béjaia, le projet avance bon train avec une mise en service qui s’opère progressivement jusqu’à ce que l’usine soit opérationnelle à 100% avant la fin de l’année. Grâce à cette cadence accélérée visant à répondre au plan présidentiel d’urgence, l’Algérie compte aujourd’hui 19 stations de dessalement opérationnelles réparties le long de son littoral. Avec une valeur d’investissement de 2,4 milliards de dollars, ces installations vitales font passer la couverture en eau potable dessalée de 18% à 42%, à même d’assurer les besoins de 15 millions d’habitants. Des chiffres en constante augmentation, d’autant que le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Le cap est mis sur l’objectif d’atteindre à moyen terme les 60% de couverture grâce à un plan complémentaire en cours.

Un réseau en pleine expansion

Selon le programme national arrêté par le gouvernement au titre du quinquennat 2025-2030, l’on prévoit encore 7 nouvelles infrastructures de dessalement de l’eau de mer dans les wilayas de Tlemcen, Mostaganem, Tizi Ouzou(2 stations), Chlef, Jijel et Skikda. Ces projets, portés par l’Algerian Energy Company (AEC), filiale de Sonatrach, visent à renforcer la sécurité hydrique, tout en favorisant l’autonomie technologique du pays. En effet, les nouvelles stations seront construites et maintenues par des entreprises algériennes, réduisant ainsi la dépendance aux partenaires étrangers. Pour le président Tebboune, la question de l’eau dépasse le cadre technique, elle est d’ordre politique. Dans ses discours, il a souvent insisté sur le fait que l’Algérie doit «maîtriser ses ressources» et «ne jamais dépendre de l’extérieur pour un bien aussi vital que l’eau».

Cette vision se traduit par des investissements massifs, mais aussi par des réformes structurelles, comme l’intégration du recyclage des eaux usées dans les plans régionaux. C’est dans cette orientation que le chef de l’Etat a exhorté le gouvernement à lancer un programme de réalisation de plusieurs stations d’épuration des eaux usées, dont les ressources seront orientées vers des usages agricoles et industriels. C’est dire que le dessalement devient ainsi un levier de développement durable, mais aussi un symbole de résilience face aux aléas climatiques. En misant sur cette technologie, l’Algérie affirme sa volonté de garantir à ses citoyens un accès équitable et pérenne à l’alimentation en eau potable.

 Vers une gestion intégrée et durable

Au-delà des infrastructures, le gouvernement veille à accompagner ces projets par la mise en place des programmes de formation pour renforcer les compétences locales dans le domaine du dessalement. Dans ce sillage, des partenariats avec les universités et les centres de recherche ont été conclus, dans le souci de développer une expertise nationale, essentielle pour assurer la pérennité du secteur.

Cette approche intégrée vise à créer un écosystème autour de l’eau où chaque acteur, public, privé et scientifique, contribue à la sécurité hydrique du pays. Une démarche qui reflète la volonté du président Tebboune de faire de l’eau un enjeu stratégique, au même titre que l’autosuffisance alimentaire, l’énergie et la défense.

A. Mehdid

 

 

 

 

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