Faouzi Saichi n’est plus: un comédien de comédies

Faouzi Saichi est décédé, lundi, à l’âge de 74 ans à la suite d’une maladie.
Un peu comme Mustapha El Anka, il était l’acteur fétiche de Mahmoud Zemmouri qui l’avait distribué dans presque tous ses films. Il avait joué notamment dans «Les folles années du Twist» avec Malek, le fils de Lakhdar Hamina, «Hollywood à Tamanrasset» et «Beur blanc rouge».
Trompettiste de jazz de 1968 à 1972, aux côtés d’Ahmed Malek, de Haddad Djillali, de Bill Hamani et de Mustapha Anwar, «ce garçon dans l’air du temps», comme il se plaisait à le rappeler, Saichi a rejoint la Radio où il a joué dans des pièces en français.
Le comédien, féru de cinéma et silhouette familière des cafés et cinémas d’Alger-Centre où sa famille s’était installée pendant la guerre, ne s’est pas contenté d’apparaître sous les traits du joyeux luron. Sa carrière a débuté dès sa première apparition, en 1977, dans «Leila et les autres» de Sid Ali Mazif, mais il a crevé l’écran dans «Un toit, une famille» de Rabah Laradji.
Il a surclassé Nour Echarif, le comédien égyptien, quand il rafla le prix de la Meilleure interprétation masculine au Festival de Carthage, en Tunisie. Dans cette comédie aigre-douce, il tenait le rôle d’un jeune, qui sans logement, se retrouve le jour de son mariage dans un train qui emporte au loin le couple. Le sujet était sérieux mais son traitement léger et captivant.
Le fils de Aïn Sefra, grand admirateur des comédies italiennes, était aussi connu sous le nom de Rmimez, un personnage qu’il a incarné dans un film de Djamel Bendedouche. Ce dernier figure parmi les nombreux réalisateurs avec qui il a collaboré. En plus de Merzak Allouache, la liste compte Rachid Bouchareb, Kamel Laiche et Nadir Moknachi. Saïchi, tout au long de ces dernières années, a incarné des personnages dans des séries télévisées comme «Nass Mlah City» ou «Djemai Family».
Les tournages de films devenus rares, sa présence sur le petit écran a augmenté sa notoriété. Boute-en-train, Faouzi Saichi se désolait de ce qu’était devenu le cinéma algérien qu’il avait connu plus resplendissant. Il fréquentait souvent le siège de l’association «Lumières» qui lui avait d’ailleurs rendu un hommage. Cela ne l’empêchait nullement de garder toujours sa bonne humeur et de l’espoir. Des hommages, notamment à Alger et Tizi Ouzou, ont immortalisé le comédien. L’ENTV a réalisé également un documentaire qui retrace sa carrière et sa vie quotidienne. Amar Rabia a donné aussi la parole à ceux qui l’ont connu et côtoyé.
R. Hammoudi