Le patrimoine, l’un des socles de l’identité
Le patrimoine, socle de l’identité, est la meilleure des cartes pour le pays, assurant son avenir touristique et le renforcement de sa souveraineté nationale.
Jamais on n’a autant parlé, comme ces dernières années, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine. Avant et après le mois dédié à celui-ci en avril-mai, le sujet suscite toujours l’intérêt et la curiosité.
On serait tenté de croire qu’il s’agit d’une simple et nécessaire entreprise de mise en valeur de sites sans lesquels la relance du tourisme serait une chimère. On pourrait construire autant d’hôtels ou de campings qu’on veut, mais rien ne vaut une balade au milieu du site millénaire de Tipasa ou au cœur d’une cité du M’zab. En réalité, la démarche s’inscrit dans un cadre plus large. Tous les pays s’enorgueillissent de posséder des monuments ou de riches traditions. Que seraient la Chine sans sa muraille et ou l’Inde sans le Taj Mahal ? Le Tango à Buenos Aires ou le chaâbi d’Alger sont une partie de l’âme des habitants.
Un enjeu de souveraineté et d’identité nationale
Partout les États et les peuples ne cessent de revendiquer la restitution de biens culturels spoliés, notamment durant la période coloniale qui ne se réduit pas seulement à un pillage de ressources. Sans la récupération de cette «partie de son âme», la souveraineté d’un peuple restera amoindrie.
Dans un contexte de renforcement et de protection des identités nationales face au rouleau compresseur de la mondialisation, on ne se contente pas de légiférer, mais des actions concrètes contre le pillage sont menées.
L’Unesco ne cesse d’alerter contre le vol de pièces archéologiques et coordonne ses efforts avec Interpol pour retrouver des milliers de vestiges qui alimentent un fructueux marché dans le monde.
Dans notre pays qui possède des sites de vestiges antiques ou remontant au moyen âge, des touristes nationaux ou étrangers sont tentés de revendre des jarres, des pièces de monnaie, des statues.
Sensibiliser pour mieux protéger
L’Algérie lutte et avance sur plusieurs fronts. Elle ne se contente pas de traquer les trafiquants. Le travail des unités de la gendarmerie et de la sûreté nationale créées à cet effet ne suffit pas.
En amont, c’est la sensibilisation des citoyens et la valorisation de ce patrimoine qui importent pour renforcer l’identité d’une société qui se montre attachée et fière de toutes ses composantes. Les initiatives des musées qui ne se contentent plus d’être des lieux de dépôt d’objets, mais s’ouvrent davantage au public en multipliant les activités, leur spécialisation s’inscrivent dans cette volonté.
Un patrimoine visible, levier de développement
La création d’une dizaine de parcs culturels, la relance du dossier de classement de rites, de pratiques sur la liste du patrimoine universel de l’Unesco complètent ces efforts.
En une vingtaine d’années, du raï à la chedda en passant par les costumes féminins de l’Est algérien, le patrimoine algérien est mieux sauvegardé et plus visible. C’est la meilleure des cartes pour notre pays dont l’ambition est de devenir une destination touristique de choix et une économie émergente.
R.Hammoudi