Festivals de cinéma: Amorcer une dynamique durable

Le calendrier culturels s’enrichit, chaque année, de festivals de cinéma nationaux ou internationaux. Il faudra amorcer une dynamique durable.

Festivals international du film d’Alger, d’Imedghassen, méditerranéen d’Annaba qui se tient jusqu’au 30 septembre, auxquels s’ajoutent les Festivals du film arabe d’Oran, du court-métrage de Timimoun, de la littérature et du cinéma de la femme de Saïda et celui du film européen.

Le festival est avant tout un espace de réflexion

Lors de ces rendez-vous, réalisateurs, comédiens, critiques et cinéphiles se croisent. Mais loin des projecteurs et des tapis rouges, quelle valeur ajoutée apportent-ils? Pour le réalisateur et producteur Lotfi Bouchouchi, la véritable valeur de ces festivals réside dans leur rôle de passerelle entre professionnels. Selon lui, «ils doivent
être pensés comme des espaces de travail où les professionnels se rencontrent, échangent et construisent
ensemble».

«Un festival, c’est avant tout l’occasion de réfléchir à des coproductions, de découvrir de nouveaux talents et de faire émerger des collaborations», ajoute-t-il. Selon lui, au-delà de l’éclat des productions et des cérémonies, «il est essentiel que ces événements soient fructueux. À la fin, il faut que l’on en sorte avec des projets concrets et pas seulement des souvenirs», insiste-t-il. Pour Bouchouchi, c’est à cette condition que ces manifestations pourront jouer pleinement leur rôle et devenir des leviers pour développer notre cinéma.

Le festival, une vitrine du cinéma algérien

Critique de cinéma, Tayeb Touhami estime que l’objectif principal d’un festival est de mettre en valeur le cinéma local. «La présence de grandes productions internationales permet aux films algériens de se confronter à d’autres œuvres et de gagner en visibilité», souligne-t-il. Pour lui, les festivals de cinéma sont avant tout une vitrine pour le
cinéma algérien et rencontrer des stars du cinéma, locales et internationales, est important. Car, poursuit-il, ces échanges contribuent à faire connaître nos artistes à qui s’ouvre la voie à une reconnaissance plus large, arabe et internationale.

«Ces festivals devraient évoluer vers de véritables marchés de la production et de la coproduction car producteurs et porteurs de projets se rencontrent et débattent. On ne se limite pas à projeter des films pendant quelques jours, mais à créer une dynamique durable, afin que des projets concrets puissent voir le jour, après la
clôture du festival». Touhami regrette, toutefois, que ces manifestations soient souvent concentrées sur la fin de l’année. Une meilleure répartition sur l’ensemble de l’année serait, selon lui, plus bénéfique.

Les festivals représentent une « véritable école« 

Nadir Benouis, diplômé en études cinématographiques à l’Institut d’art d’Oran, acteur, assistant réalisateur et lauréat d’un prix national pour un court-métrage documentaire consacré aux danseurs contemporains en Algérie, souligne l’importance de ces rendez-vous. «Les master classes organisées en marge des festivals représentent
une véritable école. Elles permettent d’apprendre directement auprès de professionnels, de perfectionner notre
regard et d’acquérir des outils indispensables pour progresser», explique-t-il. La dimension théorique de ces ateliers est un atout majeur pour les jeunes cinéastes.

«Les astuces, les analyses et les informations que nous recevons dans ces ateliers sont précieuses. Elles nous donnent des bases solides et des repères essentiels», confie-t-il. «Pour moi, il s’agit d’une véritable école parallèle où je peux améliorer mon travail, affiner mon regard et donner plus de profondeur à mes films», confie-t-il. Les festivals en Algérie sont des rendez-vous incontournables. L’enjeu est d’en faire plus qu’une une parenthèse, mais un tremplin pour un meilleur cinéma.

Souha Bahamid

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