Croissance et réformes économiques: Le FMI met en avant les avancées de l’Algérie

En matière de croissance et réformes économiques, le FMI met en avant les avancées de l’Algérie.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui a conclu sa consultation annuelle de l’article IV avec l’Algérie pour 2025, met en avant la solidité de la reprise économique enregistrée depuis la pandémie de la Covid-19. Selon le rapport de l’institution, publié jeudi dernier, la croissance a été portée par une importante activité hors-hydrocarbures et l’atténuation de l’inflation.

«L’économie algérienne a enre­gistré une forte reprise»

Il ressort égale­ment du rapport la performance des réformes engagées par les autorités publiques pour moderniser la ges­tion publique et diversifier l’économie. Le FMI relève que l’économie algérienne affiche des perspectives positives à court terme.

«L’économie algérienne a enre­gistré une forte reprise depuis la pandémie, soutenue par la hausse des prix des hydrocarbures et l’augmentation des dépenses publiques», indique le rapport qui précise que la croissance s’est maintenue en 2024 et devrait se poursuivre en 2025, malgré un contexte marqué par la baisse des prix des hydrocarbures.

L’institution note également que l’inflation a amorcé un recul et devrait rester modérée dans les mois à venir. «Les pressions inflation­nistes, alimentées par des chocs mondiaux, tels que la guerre en Ukraine et les sécheresses récur­rentes, se sont nettement atténuées en 2024, grâce notamment à la bais­se des prix alimentaires», souligne le FMI. Cette analyse vient, le moins que l’on puisse dire, corrobo­rer le constat établi par la Banque d’Algérie sur l’amélioration de la situation macroéconomique du pays.

«Le dinar s’est appré­cié face à l’euro»

En effet, le rapport du FMI met en avant des indicateurs qui sont plutôt positifs, s’agissant notamment des réserves de change qui, d’après cette institution, sont confortables. «Le dinar s’est appré­cié face à l’euro mais s’est affaibli face au dollar. Les réserves sont demeurées solides», indique le FMI qui met en exergue les réformes engagées dans le secteur financier, les avancées en matière de numéri­sation et d’amélioration du climat des affaires et les perspectives de croissance favorables à court terme.

L’institution internationale salue les avancées dans la modernisation du système bancaire et la surveillance prudentielle qui contribuent à la sta­bilité financière. «La Banque d’Algérie a accompli des progrès considérables en matière de supervi­sion fondée sur les risques, de ges­tion de crise et d’indépendance opérationnelle des entités de supervi­sion. La vigilance reste, toutefois, cruciale, compte tenu, notamment, des risques liés aux interdépen­dances persistantes entre l’État, les banques publiques et les entreprises publiques».

Dans le même sens, le FMI a fait observer que «les autori­tés ont démontré un engagement notable à corriger les lacunes en matière de lutte contre le blanchi­ment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) identifiées par le GAFI et devraient finaliser les recommandations restantes pour faciliter la sortie de la liste des juri­dictions sous surveillance renfor­cée», fait observer le FMI.

Diversification et climat des affaires 

Les initiatives visant à améliorer le climat des affaires, à stimuler le développement du secteur privé et à diversifier l’économie ont été évo­quées par le FMI qui estime qu’elles sont essentielles pour permettre à l’Algérie de réaliser pleinement son potentiel.

Les lois sur l’investissement et le foncier de 2022-2023 et le lancement d’une plateforme numérique de guichet unique consti­tuent, selon le FMI, «des avancées importantes pour alléger les lour­deurs administratives et encourager l’investissement privé».

Pour prépa­rer l’après-hydrocarbures, le FMI estime, néanmoins, que des réformes plus profondes sont néces­saires pour égaliser les conditions de concurrence, stimuler la compé­titivité et encourager l’innovation.

Bonne gouvernance: des efforts à saluer 

Dans son rapport, le FMI n’a pas manqué de saluer les réformes récentes entreprises dans le cadre du renforcement de la gouvernance et la réduction des vulnérabilités à la corruption. «Ces efforts doivent se poursuivre. La stratégie nationale de préven­tion et de lutte contre la corruption de juillet 2023, les nouvelles lois sur la monnaie et le crédit de juin 2023, sur les marchés publics, la création d’un registre centralisé des bénéfi­ciaires effectifs et les initiatives de numérisation pour renforcer le suivi budgétaire et la collecte des recettes constituent des avancées impor­tantes», lit-on dans le document.

Comme défis à relever, le FMI rap­pelle qu’il est nécessaire de pour­suivre les réformes budgétaires pour réduire la dépendance aux revenus des hydrocarbures et renforcer les recettes fiscales hors hydrocarbures. Le Fonds préconise, dans ce sens, «de poursuivre la réforme de la politique fiscale guidée par une stratégie de recettes à moyen terme, d’intégrer un plan de financement crédible dans le budget, afin de ren­forcer la gestion de trésorerie et de consolider la surveillance et la gouvernance des entreprises publiques pour réduire les risques budgé­taires».

Le FMI fait état de l’importance d’une plus grande flexibilité du taux de change et la poursuite de la ratio­nalisation des subventions énergé­tiques pour dégager des marges de manœuvre budgétaires en faveur de dépenses mieux ciblées. L’Algérie devra aussi renforcer sa résilience face aux défis externes. Parmi les principaux risques externes figurent «la volatilité des prix des matières premières, les évolutions des politiques commer­ciales mondiales et l’intensification des conflits au Moyen-Orient ou en Ukraine et la volatilité du marché pétrolier».

Wassila Ould Hamouda

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