Plan de Trump pour Ghaza: Une Proposition et des obstacles

Le plan de Trump pour mettre fin à l’agression contre Ghaza est une proposition qui rencontrera éventuellement des obstacles.

De l’ONU, à la Chine et la Russie en passant  par l’État de Palestine, de nombreux autres pays, européens, arabes et musulmans, ont salué le plan de paix dévoilé lundi dernier par le président américain Donald Trump pour mettre fin à l’agression sioniste contre la bande de Ghaza. Mais des incertitudes persistent.

Une réunion aura lieu en présence du Qatar et de la Turquie

Le mouvement de résistance Hamas, à qui le Qatar a remis la proposition américaine, a annoncé l’étudier «de manière responsable». Selon une source palestinienne proche du mou­vement, ce dernier a entamé «une série de consultations de ses cadres politiques et militaires» qui pourrait néanmoins «durer plusieurs jours en raison de leur complexité». À l’issue de ces consultations, Hamas fournira une réponse «représentant le Hamas et les mouvements de la résistance», précise cette source. Le Qatar a confirmé la tenue de cette réunion à laquelle devait participer «aussi la partie turque».

Le président américain Donald Trump lance, pour sa part, mardi un ultimatum à Hamas, lui donnant «3 ou 4 jours» pour répondre à son plan soutenu par l’entité sioniste. Mais pas que, l’Autorité palestinienne a mis en avant les «efforts sincères et déterminés» de Donald Trump, selon un communiqué, et dit «accorder sa confiance en sa capacité à trouver un chemin vers la paix».

L’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Turquie, l’Indonésie et le Pakistan ont salué, dans un communiqué commun, «le rôle du président américain et ses efforts sincères» visant à mettre fin à l’agression. Ils ont affirmé «leur volonté de s’engager de manière positive et constructive avec les États Unis et les parties prenantes afin de finaliser l’accord et d’assurer sa mise en œuvre».

«De nouvelles possi­bilités» pour livrer l’aide nécessaire aux Palestiniens

En Eu­rope où le plan a suscité le même enthousiasme, les dirigeants n’ont pas manqué de qualificatifs. Pour certains d’entre eux, c’est la «meilleure chance» pour mettre fin à l’agression, alors que d’autres y voient un «projet ambitieux» et «une opportunité» à saisir pour une «véritable chance de paix». La Russie a fait part de son souhait de voir ce plan «mis en œuvre et contribuer à orienter les événements au Moyen-Orient vers une conclusion pacifique». De son côté, la Chine a appelé «toutes les parties concernées à mettre en œuvre scrupuleusement les résolutions pertinentes de l’ONU, à parvenir immédiatement à un cessez-le-feu complet à Ghaza», réaffirmant son soutien à une solution à 2 États.

Le responsable des affaires hu­manitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a estimé sur X que ce plan ouvrait «de nouvelles possi­bilités» pour livrer l’aide nécessaire dans le territoire palestinien. «Nous sommes prêts et avons hâte de travailler – sur le plan pratique comme sur le principe – pour saisir cette op­portunité de paix», a-t-il déclaré.  Quant à l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, pressenti pour jouer un rôle majeur au sein d’un comité supervisant la transition à Ghaza, il a salué un plan «audacieux et intelli­gent» qui offre la «meilleure chance de mettre fin à deux années» d’agression.

Des zones d’ombre

Toutefois, si le président américain Donald Trump a qualifié son plan d’«historique», y voyant même un motif pour l’attribution du prix Nobel de la paix, il n’en demeure pas moins que, pour de nombreux observateurs, sa mise en œuvre reste très incertaine, d’autant que, ne manque-t-on pas de relever, la proposition américaine est truffée de zones d’ombre, no­tamment sur le calendrier du retrait de l’occupant sioniste, et le cadre du désarmement de Hamas, des détails déjà exigés par le mouvement de résistance lors des négociations passées.

Une source palestinienne a tenu à rappeler aussi qu’il (Hamas) «souhaite parvenir à un accord global pour mettre fin à l’agression, assurer le retrait complet de l’occupant de la bande de Gaza, la levée du blocus imposé depuis 2007, et reconstruire la bande de Ghaza». Aussi, analyse un spécialiste du Moyen-Orient au

Conseil européen des relations internationales (ECFR), «si ce plan est une base de négociations, le Hamas pourrait y répondre favorablement mais si c’est « à prendre ou à laisser », ça va poser problème, parce que le Hamas ne peut pas accepter un plan si imprécis». Et de pour­suivre en soulignant que les concessions qu’il serait disposé à faire sont assorties «d’un projet politique menant à la fin du conflit israélo-palestinien». Reste également à souligner la position difficile dans laquelle il se trouve. «En refusant le plan, il apparaîtra aux yeux du monde comme celui qui fait obstruction et sape la paix internationale», commente Iyad al Qarra, un analyste palestinien de Ghaza.

Netanyahu œuvrera pour maintenir ses troupes à Ghaza

«Mais si le Hamas accepte le plan dans sa forme actuelle, cela reviendra à légitimer la destruction et l’élimination de la résistance», souligne-t-il. Un éventuel refus que le mouve­ment opposerait à la proposition américaine est, de l’avis d’autres analystes, ce qu’espère le Premier ministre sioniste qui y verrait une raison pour poursuivre son agression et «finir le travail» à Ghaza comme il l’a annoncé lors de sa rencontre avec le président Trump, d’autant que le plan américain prévoit un retrait progressif de l’occupant du territoire palestinien, ce qui le mettrait en difficulté avec sa base électorale.

C’est pourquoi, il déclare mardi que l’armée «resterait dans la majeure partie de la bande de Ghaza». En fait, le dénommé Benjamin Netanyahu espère probablement un rejet du plan par le Hamas, ou un «oui mais» avec des condi­tions inacceptables de son point de vue, pour le rejeter à son tour. Cela ne serait pas la 1e fois du reste qu’il œuvrera à saboter les efforts diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu, en vue de prolonger l’agression pour servir ses propres intérêts politiques.

Dans sa vidéo de mardi, il redit son opposition à un État palestinien, allant jusqu’à affirmer que cela ne figurait pas dans le plan de Trump. Et pour cause, indique-t-on, «si le Hamas dit oui, il n’aura plus de gouvernement». Sa chute politique ouvrira la porte à la justice pour en­clencher les procès. Et alors que l’incertitude est de mise sur le plan, le bilan de l’agression génocidaire menée par les forces d’occupation sionistes contre la bande de Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, s’est alourdi à 66.097 martyrs et 168.536 blessés. 41 Palestiniens ont été tués par les forces de l’occupant dont 17 près de la zone de distribution d’aide humanitaire.

Farah Chibane

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