Révision de la loi électorale: Les partis politiques saluent la démarche

Les partis politiques saluent samedi à Alger la démarche du président pour la révision de la loi électorale.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé vendredi soir, lors de sa rencontre périodique avec la presse, une révision des dispositions techniques du code électoral et réaffirmé que l’argent sale dans le financement des campagnes sera combattu.

Reformuler l’article 200 du code électoral

Les partis politiques ont réagi et affirment leur volonté de contri­buer à l’émergence d’un cadre électoral plus juste et inclusif. Le député du FLN Sid Ahmed Tmameri, membre de la commission inter-partisane chargée d’élaborer des propositions sur la révision du code électoral, indique que le FLN, le RND, le Front El Mostaqbal et El Bina ont transmis au chef de l’État des propositions «couvrant l’ensemble du processus électoral pour renforcer la démocratie, garantir le libre choix des citoyens et corriger les dysfonctionne­ments observés».

Parmi les axes majeurs, «l’assouplissement des conditions de procuration pour les fonctionnaires et agents en déplacement, le respect strict des délais de publication des listes de par­rainage, et surtout la clarification de l’article 200 du code électoral», souligne-t-il. Cet article relatif aux conditions d’éligibilité et à l’exclusion des candidats pour des motifs liés à la probité ou à des liens supposés avec la corruption, est jugé, selon lui, trop flou et sujet à des interprétations.

Les partis de la majorité proposent «de le refor­muler afin de garantir que toute décision d’exclusion soit clairement motivée, notifiée dans des délais raisonnables et assortie d’un droit de recours effectif, dans le respect du droit constitutionnel de se por­ter candidat». Tmamri souligne que ces ajustements s’inscrivent dans la continuité de la feuille de route présidentielle annoncée dès le début du second mandat, qui prévoit une concertation préalable avec les acteurs politiques sur les textes les concernant.

Propositions des partis

Saïd Nefici, député du mouvement El Bina, salue l’initiative et rappelle que son parti, en coordination avec les formations précitées, a remis un document au chef de l’État contenant des propositions concrètes. «Nous avons réaffirmé notre soutien au système électoral actuel fondé sur la liste ouverte, tout en proposant d’ajuster le quota des femmes à un tiers notamment dans les régions où la parité reste difficile à appliquer. Nous avons formulé plusieurs recommanda­tions techniques sur la durée de la campagne et les délais procéduraux», précise-t-il.

Pour Ahmed Sadouk, député du Mouvement de la société pour la paix (MSP), «l’application du code électoral actuel a mis en lumière plusieurs lacunes, notamment dans les conditions de candidature».

Lamine Osmani, président du parti «Voix du peuple» estime que le rôle de l’administration doit rester strictement logistique. «La neutralité du processus démocratique dépend de la séparation claire entre la logistique et les décisions substantielles, comme l’acceptation des candidatures ou la composition des bureaux de vote», ajoute-t-il. Il rappelle que son parti a formulé, dans le cadre des concer­tations en cours, plusieurs propositions techniques.

Une démarche politique essentielle

Le RND publie un communiqué dans lequel il affirme que la décision du Président de revoir la loi électorale vise à «renforcer la dimension démocra­tique et l’efficacité du processus électoral». Le parti appelle à réviser les lois relatives aux élections afin d’assurer le respect des droits constitutionnels nationaux et locaux des citoyens, affirmant que ces orientations présidentielles constituent une démarche politique essentielle pour renforcer la souveraineté de l’État, garantir la parti­cipation active des citoyens et consolider leur rôle dans les institu­tions.

Le politologue et député Ali Rebidj salue l’annonce d’une révision du code électoral. Il rappelle qu’il avait suggéré des modi­fications visant à renforcer l’indépendance du cadre électoral et à clarifier les conditions d’éligibilité, afin d’éviter les interprétations subjectives.

Aya Malak

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