Eau potable: trouver des solutions durables à Bejaïa

Les autorités de Bejaïa multiplient les visites et réunions pour trouver des solutions durables à la crise de l’approvisionnement en eau potable.
La question de l’approvisionnement de la population en eau potable reste suffisamment brûlante pour inciter les autorités locales à enchaîner les visites sur le terrain et enfiler les réunions pour trouver des solutions à même d’atténuer les inquiétudes du citoyen.
C’est ainsi que le wali de Bejaïa, Kamel Eddine Kherbouche, a entrepris une nouvelle inspection au niveau de la station de dessalement d’eau de mer de Tighremt (commune de Toudja) pour s’enquérir des progrès accomplis dans le processus de montée en cadence de la production. Selon le chiffre communiqué par la cellule communication de la wilaya, l’usine fournirait environ 180.000 m3 par jour.
Auparavant, le wali s’était enquis de l’avancement des travaux du projet d’ap-provisionnement en eau potable des communes d’Aït Rzine, Boudjellil, Ighil Ali, Tazmalt, Beni Melikech et Ighram, toutes situées au sud de la wilaya et subissant un stress hydrique important.
Pour l’occasion, étaient présents le directeur des ressources en eau, des chefs des daïras de Tazmalt, Akbou, des P/APC de Tazmalt, Boudjellil, Beni Melikech et Ighramet des responsables liés directement à la réalisation de ce projet qui consiste en la construction de structures de stockage et stations de pompage au niveau des communes de Beni Melikech, Boudjellil et Ighram.
Avertissements aux entreprises déficientes, aplanissement des contraintes par le dialogue, notamment les différends avec les citoyens, et incitation à relever le rythme de réalisation, autant d’instru-tions et d’ordres qui ont caractérisés les discussions entre le wali et les responsables des entreprises réalisatrices, lequel a rappelé l’importance cruciale de ce projet dans l’amélioration des conditions de vie des populations concernées.
Il y a lieu de rappeler que le wali Kamel Eddine Kherbouche avait, estimé dans une récente déclaration publique, que «l’achèvement du projet de raccordement des six communes Aït R’zine, Ighil Ali, une partie de Tazmalt, Boudjellil, Ighrem, Akbou à partir du barrage de Tichy Haf, est suffisant pour résoudre le problème d’approvisionnement dans cette région du sud de la wilaya». Il avait également assuré que la wilaya de Bejaïa ne souffre actuellement pas d’un manque de disponibilités hydriques. La région dispose, selon lui, de ressources susceptibles de couvrir la demande locale et une partie des besoins des wilayas limitrophes.
Vétusté du réseau de distribution
En chiffres, il a indiqué que 130.000 mètres cubes sont produits au niveau du barrage de Tichy Haf (Bouhamza), 60.000 m3 par le barrage de Ighzer Ouftis (Darguina), 150.000 m3 provenant des forages, en sus de la part destinée à la région de Bejaïa en eau dessalée, soit qui est de 200.000 m3 quand l’usine de dessalement atteindra sa pleine capacité de production qui est de 300.000 m3. Cela n’empêche pas que les citoyens, qu’ils résident en ville ou en zone rurale, vivent le calvaire.
Une situation qui pourrait être atténuée par le palliatif de l’alimentation par les 60 camions citernes dont dispose la wilaya. Le manque d’eau et la perturbation de sa distribution sont mis en grande partie sur le compte de la vétusté du réseau de l’agence de l’Algérienne des eaux (ADE) qui, faut-il le préciser, ne gère pas les réseaux de l’ensemble des communes. L’ADE ne dispose pas encore de moyens à même de prendre en charge cette mission.
Toutefois, des accords de transfert de la gestion de l’AEP sont graduellement signés avec les APC, à l’instar de la convention paraphée jeudi passé avec Beni Maouche. A terme, il est prévu que l’ADE hérite de la gestion de l’eau pour toutes les communes. C’est un gage de modernisation et d’efficience, à condition, toutefois, que l’agence de Bejaïa reçoive les montants financiers nécessaires pour intégrer les employés communaux, rénover les réseaux et acquérir les équipements nécessaires à cette mission.
O.M.