Ressources hydriques à Bejaïa: l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable en question

Le Conseil exécutif de la wilaya de Bejaïa a tenu, récemment, une réunion consacrée à la question de l’approvisionnement en eau potable.
Le Conseil exécutif de la wilaya de Bejaïa, sous la présidence du wali Kamel Eddine Kherbouche, a tenu récemment, à l’occasion de la visite d’une délégation du ministère de l’Hydraulique, une réunion consacrée à la question de l’approvisionnement en eau potable.
Plusieurs projets pour faire face à la crise hydrique
Outre les cadres du ministère, étaient présents le président de l’Assemblée populaire de wilaya, le directeur général de l’hydraulique, le directeur général de l’Algérienne des eaux, le secrétaire général de la wilaya, les chefs de daïra, les présidents des APC ainsi que les directeurs exécutifs. L’alimentation en eau potable dans la wilaya de Bejaïa connaît encore quelques couacs en dépit de l’amélioration notable des disponibilités hydriques.
En effet, outre le retour des pluies qui ont notamment redonné vie au barrage de Tichyhaff, Bejaïa a bénéficié d’un programme d’urgence qui lui a permis de faire face à une grave crise de l’eau en s’approvisionnant à partir des nappes phréatiques après avoir remis de nombreux forages en service et d’en doter d’autres. Des travaux de réalisation d’une usine de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 300.000 m3 par jour avaient été lancés également pour sécuriser définitivement l’approvisionnement en eau potable des populations.
Aujourd’hui, cette usine est entrée en fonction et fournit des milliers de mètres cubes quotidiennement à l’agence locale de l’Algérienne des eaux. Selon les chiffres rendus publics la semaine dernière, l’usine de dessalement de Tighremt livre quotidiennement 180 000 m3, alors qu’il est admis que les besoins de la wilaya s’élèvent à 200 000 m3 quotidiennement. Ce dernier chiffre a bien évidemment évolué depuis et il faudrait se sur le volume nécessaire.
Or, à ce jour, certains quartiers de Bejaïa ville ou d’autres agglomérations importantes et de nombreux villages des communes rurales ne sont pas alimentés suffisamment en AEP. Les plaintes des citoyens sont régulières à ce propos, y compris sur la qualité d’une eau livrée, souvent impure au point d’en douter de sa potabilité. Il faut, toutefois, signaler que la distribution de l’eau potable n’est pas que celle de l’ADE.
De nombreuses communes gèrent leur propre réseau. Ces réseaux ne sont pas toujours adéquats ni les équipes qui les font fonctionner suffisamment professionnelles. Il est prévu que la distribution de l’eau potable soit confiée intégralement et sur tout le territoire de la wilaya par l’Algérienne des eaux.
Évaluer les besoins réels en eau potable
Cette entreprise, cependant, ne dispose pas des moyens financiers à même de pouvoir intégrer dans ses effectifs les employés communaux ni d’entretenir les réseaux, d’acquérir des équipements ou de réaliser les ouvrages hydrauliques nécessaires à l’amélioration de la situation dans laquelle se débattent les populations de nombreuses communes.
Toutes ces contraintes ont été exposées par les différents intervenants. L’optimisme était toutefois de mise parmi les responsables quant à la capacité de trouver des solutions. Ainsi, le directeur de l’hydraulique a indiqué que d’importants projets seront inscrits à la réalisation dans le cadre de la prochaine loi de finance, parmi lesquels il a cité le lancement des études d’aménagement de plusieurs oueds dont ceux de Agrioun, Soummam, El Kseur et Amizour.
Le wali de Bejaïa a, quant à lui, relevé l’abondance des ressources hydriques et annoncé des sessions de travail afin d’évaluer les besoins réels en eau potable, tout en faisant remarquer que l’achèvement prochain du raccordement de six communes du sud de la wilaya au barrage de Tichy Haff résoudra le manque d’approvisionnement dont elles souffrent. De son côté, le directeur de l’ADE a mis en avant la disponibilité de son entreprise à relever les volumes d’eau distribuées à partir de la «source bleue» aux différentes localités alimentées à partir de ce point d’eau.
O.M.