Samir Derradji, DG de la promotion des exportations
«L'IATF contribuera à améliorer les chiffres du commerce en Afrique»

Samir Derradji, directeur général de la promotion des exportations au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, revient sur l’importance de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), prévue à Alger du 4 au 10 septembre. Il évoque les objectifs fixés et la stratégie de l’Algérie pour en faire un levier de développement du commerce intra-africain et d’intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Quelle est l’importance de l’IATF 2025 pour l’Algérie?
Il s’agit d’un événement de haut niveau qui concerne tous les intervenants et acteurs de l’économie et du commerce africains : gouvernements, hommes d’affaires, associations, organisations professionnelles et patronales.
Ce salon revêt une importance particulière pour l’augmentation et la diversification du volume du commerce intra-africain, étant donné qu’il est organisé tous les deux ans. La dernière édition a eu lieu en 2023, en Égypte.
L’Algérie compte aussi capitaliser l’IATF pour consolider son rôle de hub commercial régional et s’inscrire durablement dans la Zone de libre-échange continentale africaine…
Nous sommes convaincus qu’avec le développement de ses produits et de son infrastructure économique, l’Algérie occupera une place importante sur le marché africain. Ainsi, les préparatifs en cours ont impliqué les hommes d’affaires à travers les organisations patronales qui ont exprimé un grand intérêt pour cet événement pour concrétiser et exploiter les opportunités d’exportation disponibles, tout en valorisant les atouts du tissu économique algérien.
Par ailleurs, l’Algérie œuvre au développement de lignes de transport maritimes, aériennes et terrestres vers plusieurs capitales africaines, ce qui contribuera largement à gagner des parts significatives sur les marchés africains. Nous cherchons aussi à concrétiser cette ambition en organisant des salons dédiés aux produits algériens dans plusieurs pays africains, en participant aux foires internationales, officiellement ou individuellement. La création d’espaces pour la tenue de rencontres bilatérales ou multilatérales entre hommes d’affaires peut favoriser des contacts directs et permettre l’exploration d’opportunités de partenariat.
Il y a aussi les objectifs fixés pour l’IATF 2025. Comment l’Algérie contribue-t-elle à leur réalisation?
L’organisation se fait conjointement entre l’Algérie et la Banque africaine d’import-export-Afreximbank. Les objectifs fixés ont été définis par la banque organisatrice, dont l’Algérie est membre et au sein de laquelle elle a récemment augmenté sa participation. Il est prévu la participation de plus de 75 pays, 2.000 exposants et 35.000 visiteurs ainsi que la conclusion de contrats d’une valeur de 44 milliards de dollars, incluant des partenariats d’investissement et des accords d’exportation de l’Afrique vers divers pays.
L’Algérie a créé toutes les conditions et accordé toutes les facilités nécessaires pour atteindre ces objectifs, en mettant à disposition son infrastructure logistique et ses différentes structures. Ces chiffres devraient contribuer à la promotion et à l’augmentation des échanges commerciaux africains, tout en permettant aux participants de découvrir des opportunités de partenariat et d’exportation vers différents pays africains, en particulier vers l’Algérie, en tant que pays hôte disposant d’un avantage certain pour créer un maximum de connexions.
Justement côté organisation, comment le pays se prépare-t-il à accueillir cet événement ?
L’Algérie s’attelle depuis longtemps à la préparation de cet événement majeur, à travers les différents départements ministériels. Tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés pour assurer une organisation optimale, d’autant que le salon sera marqué par de nombreuses visites et rencontres de haut niveau et par un nombre important de visiteurs et d’exposants, notamment étrangers.
À travers les différents sommets et rencontres internationales de haut rang qu’elle a déjà organisés, l’Algérie a démontré qu’elle dispose des capacités lui permettant d’accueillir et de gérer de grandes manifestations internationales.
Quel rôle joue le ministère du Commerce extérieur dans la préparation et la coordination avec les autres départements ministériels?
Notre secteur joue un rôle essentiel dans la préparation de cet événement, puisqu’il a la compétence d’organiser des foires internationales. Toutefois, cette manifestation majeure implique la participation de tous les départements ministériels.
L’organisation de cet événement nécessite une synergie des efforts et l’octroi de diverses facilités indispensables à sa réussite, notamment les volets sécuritaire, logistique et douanier.
En quoi l’IATF 2025 peut-il contribuer à renforcer l’échange intra-africain et la part du continent dans le commerce mondial ?
Le volume des échanges commerciaux africains s’élève à environ 1.260 milliards de dollars, dont 610 milliards de dollars d’exportations et 650 milliards de dollars d’importations, ce qui fait apparaître un déficit commercial de plus de 40 milliards de dollars. Les exportations africaines ne dépassent pas 2,5% des exportations mondiales de marchandises, un chiffre très faible comparé aux ressources humaines et naturelles dont regorge le continent qui représente un espace d’avenir prometteur, notamment grâce aux taux de croissance enregistrés par plusieurs pays et à l’augmentation de la population qui atteint 1,5 milliard d’habitants. Ces atouts font de l’Afrique un pôle économique par excellence, particulièrement avec la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine-Zlecaf.
Il convient d’accorder une grande importance au commerce des services, dont les exportations mondiales dépassent 80.000 milliards de dollars dans différents domaines. L’Afrique n’en détient que 2%. Il est certain que ce salon et d’autres manifestations africaines contribueront à améliorer ces chiffres, grâce à l’organisation de divers salons spécialisés qui englobent l’innovation des start-up, exposition de produits, manifestation culturelle , forums d’affaires et de nombreuses autres activités.
Entretien réalisé par Wassila Ould Hamouda