Sonatrach renforce sa présence en Afrique

À l’occasion de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), le groupe Sonatrach a marqué un double événement stratégique en procédant, lundi, à la signature d’un protocole d’accord avec la Compagnie nationale kényane du pétrole.

La cérémonie de signature s’est déroulée à la direction générale de Sonatrach en présence de son PDG, Rachid Hachichi, et son homologue, le PDG de la Compagnie nationale de pétrole du Kenya, Leparan Gideon Ole Morinto, et de nombreux cadres du secteur.

Réalisation de projets conjoints dans l’exploration et la production d’hydrocarbures

S’agissant du protocole d’accord signé avec son partenaire du Kenya, le PDG de Sonatrach a souligné qu’il s’inscrit dans le cadre de l’IATF 2025 et «illustre la volonté commune de nos deux pays de renforcer la coopération africaine dans des domaines stratégiques et prometteurs». Cette signature  confirme, selon lui, «la conviction profonde de Sonatrach que l’intégration et le partenariat africains constituent la voie la plus sûre pour atteindre un développement global et durable au bénéfice des peuples de notre continent».

Versant dans les détails, Hachichi a expliqué que ce protocole établit, en réalité, un cadre opérationnel de coopération entre Sonatrach et la société kényane, à travers l’échange d’expériences et de savoir-faire, la réalisation de projets conjoints dans l’exploration et la production d’hydrocarbures et l’approvisionnement du marché kényan en gaz de pétrole liquéfié (GPL) et en produits pétroliers. Il englobe également la réalisation de l’étude de faisabilité pour le développement d’une plateforme commerciale dédiée au GPL, aux lubrifiants et aux produits pétrochimiques. La coopération prévue va encore plus loin, puisqu’elle inclut, a-t-il souligné, l’étude des mécanismes de développement de l’utilisation du GPL comme carburant automobile et pour les usages domestiques, ainsi que le renforcement des compétences professionnelles des employés de la compagnie kényane à travers des programmes de formation de qualité assurés par Sonatrach.

Renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du pétrole, du gaz et de l’énergie

Poursuivant son discours, Hachichi a rappelé que ce protocole s’inscrit dans la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé entre les gouvernements de l’Algérie et du Kenya, visant à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du pétrole, du gaz et de l’énergie. «Il constitue une étape qualitative dans le parcours du partenariat énergétique entre nos deux pays et reflète l’ambition de Sonatrach d’élargir ses activités au niveau continental, tout en consolidant sa place en tant qu’acteur majeur du secteur énergétique aux niveaux régional et international», a-t-il indiqué tout en exprimant sa fierté «pour cette réalisation qui profitera à nos deux pays et à nos deux peuples, et a réaffirmé l’engagement permanent de Sonatrach en faveur de la coopération, de la construction de partenariats fructueux et de la promotion des objectifs du développement durable en Afrique.

Pour sa part, le PDG de la Compagnie pétrolière du Kenya, Leparan Gideon Ole Morinto, a déclaré que «cette collaboration permettra de combiner l’expertise de l’Algérie avec les besoins et opportunités du Kenya, ouvrant la voie à des projets communs concrets et bénéfiques pour les deux pays». Il a rappelé qu’entre 2024 et 2025, plusieurs rencontres et visites ont eu lieu entre Sonatrach et la  compagnie qu’il dirige afin d’explorer des opportunités de coopération dans le secteur énergétique. «Les discussions ont porté sur l’approvisionnement en GPL, l’exploration et la production de gaz et de pétrole, ainsi que sur les infrastructures de stockage et de transport», a-t-il précisé. Selon lui, ce protocole d’accord (MoU) a pour objectif  de sécuriser l’approvisionnement du Kenya en GPL, de favoriser le transfert de technologies et la formation du personnel kényan, de renforcer la sécurité énergétique du Kenya, et de développer des partenariats en exploration, raffinage et distribution. Ce partenariat s’inscrit, a-t-il affirmé, « dans une vision plus large de coopération africaine, soutenue par la tenue en Algérie de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) ».

60 milliards de dinars pour le soutien de l’industrie nationale

En parallèle, Sonatrach a signé trois accords d’une valeur d’investissement global de 60 milliards de dinars pour la réalisation de projets stratégiques relatifs au développement des infrastructures de transport par canalisations. Ils visent le soutien de la production nationale et la promotion du contenu local. Hachichi les a qualifiés de «contrats structurants». Selon lui, ils s’inscrivent dans la politique adoptée par Sonatrach pour développer les infrastructures stratégiques et renforcer le système national de transport des hydrocarbures par canalisations, considéré comme l’épine dorsale de la sécurisation et de la continuité de l’approvisionnement énergétique, tant au niveau national qu’international. «Les contrats conclus aujourd’hui entre l’activité Transport par canalisations de Sonatrach et des entreprises nationales, qu’il s’agisse de filiales du groupe ou d’entreprises algériennes leaders dans l’industrie et la construction traduisent, dans leur essence, la vision stratégique de Sonatrach visant à soutenir et à promouvoir le contenu local, en encourageant les entreprises nationales à jouer un rôle central dans la réalisation et le développement des grands projets liés aux hydrocarbures, a déclaré Hachichi avant d’enchaîner : «Il s’agit d’un choix stratégique constant, maintes fois exprimé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et que nous nous attachons à concrétiser à travers ce type de contrats.»

D’après l’exposition présentée par Dahmani Ahcène, directeur de planification, d’étude et des activités de transport par canalisation à Sonatrach, le premier projet signé avec ENAC-Cosider Canalisation porte sur la réalisation de l’expansion du gazoduc GG1 42 reliant Hassi R’mel à la station de compression de Moudjebara (wilaya de Djelfa) et à Medjedel (wilaya de M’sila), afin de renforcer la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel et de répondre aux besoins de dix wilayas du centre du pays, ainsi qu’à six centrales électriques, dont celle d’El Hamma qui alimente la capitale. Signé avec GCB Spa-Sarpi SPA, le deuxième a pour objectif d’assurer le remplacement d’une partie de l’oléoduc 0H1 «30» reliant les stations de compression d’Ohanet PK 112 et de Mederba PK 270 (wilaya d’Illizi), par des conduites en époxy renforcé de fibre de verre, conformes aux normes modernes de sécurité et de qualité. Le dernier, le projet, conclu avec le fournisseur Sarl Maghreb Pipe Industries (MPI) consiste à la fabrication d’environ 163 km de canalisations en époxy renforcé de fibre de verre. Ce projet a un délai contractuel de 15 mois alors que les deux premiers ont un mois pour la réalisation. «Une avancée dans le cadre de la politique de substitution aux importations et de la marche progressive vers l’autonomie industrielle, le renforcement de la chaîne de valeur locale et la réduction de la facture d’importation», a-t-il indiqué.

Wassila Ould Hamouda

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