«Ghedwa… ya men aâch» séduit le public de Béjaïa

«Ghedwa… ya men aâch» séduit le public de Béjaïa. La production du TNA dénonce avec un humour grinçant l’absurdité de la guerre et sa violence.
La salle de spectacles de la maison de la culture Taos Amrouche a abrité, lundi dernier en fin d’après-midi, la représentation de «Ghedwa… ya men aâch» (demain, si Dieu nous prête vie), une production théâtrale du TNA mise en scène par Berkati Brahim qui a su captiver le public éclectique venu célébrer le 4e art.
Un pique-nique absurde pour dénoncer la guerre
«Ghedwa… ya men aâch» est une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre d’un auteur dramatique de notoriété, l’Espagnol Fernando Arrabal qui l’a créée en 1959, sous le titre «Pique-nique en campagne», comme l’indique son titre, met en scène l’absurde idée d’une famille dans un pays en guerre décidée à faire un pique-nique en rase campagne, avec leur fils soldat, alors qu’elle se trouvait en plein champ de bataille.
L’absurde de la situation saute évidemment aux yeux et va servir pour dénoncer la guerre et toutes les attitudes inhumaines qui en découlent, sur un ton et des dialogues qui se veulent déséquilibrants par leur dérision et leur décalage par rapport à la situation autour d’eux.
La famille vaque tranquillement à ses occupations, indifférente à l’insupportable violence qui fait rage aux alentours, jusqu’à ce que la détente familiale soit brutalement interrompue par l’intrusion des tireurs invisibles qui les exécutent les uns après les autres. Tous périssent, au grand contentement des ambulanciers qui trouvent, enfin, à transporter des cadavres que doit nécessairement faire une guerre, mais un peu trop tout de même à leur goût.
Menée sur un rythme soutenu, dans un décor assez fruste dans une salle qui n’est pas adaptée au théâtre classique, aidé parfois par une projection vidéo pour donner de la réalité à la situation, comme cette attaque d’hélicoptère qui rappelle la fameuse scène emblématique du film «Apocalypse Now» de Francis Ford Coppola menée sur un village vietnamien au son de «La Chevauchée des Walkyries» de Wagner.
Le théâtre burkinabè face au terrorisme et à la honte
Dans la soirée, la scène du Théâtre régional de Bejaïa a été occupée par une troupe du Burkina Faso qui a donné, devant un vaste public de curieux et d’amoureux du théâtre, une représentation de la pièce «LeRefus de la honte», du metteur en scène Paul P. Zoungrana qui est aussi le président de la Fédération nationale du théâtre du Burkina Faso qui compte près de 300 troupes théâtrales.
L’œuvre interroge la société burkinabè à travers ses maux, en particulier le terrorisme. A travers un personnage déraciné, une veuve que les traumatismes vécus et son handicap physique n’ont pas découragé pour gagner dignement sa vie, la pièce théâtrale rend hommage à des héros tombés pour la patrie et tente, à travers leur exemple, d’inculquer à la jeunesse des valeurs positives qui permettront à la société de se tracer une autre voie. Une problématique qui n’est pas sans rappeler un pan d’histoire de l’Algérie.
Ouali M.