Consultation sur le marché financier: Ce que proposent les algériens

La consultation sur le marché financier a clôturé mercredi. Ce que proposent les algériens, selon le président de la COSOB, Youcef Bouzenada.
La consultation nationale sur l’avenir du marché financier lancée par la Commission d’Organisation et de
surveillance des opérations de Bourse (COSOB) du 24 août au 30 septembre a suscité un engouement notable d’autant qu’elle a été ouverte à tout le public «Les objectifs ont été atteints. Nous enregistrons avec satisfaction les résultats de cette opération qui s’inscrit dans le cadre de l’élaboration du plan d’incitation et de diversification du marché financier», déclare à Horizons le président de la COSOB, Youcef Bouzenada.
Un plan d’incitation sera adressé au CNESE
Détail: la consultation s’est faite juste sur les réseaux sociaux. «C’est un bon résultat sachant que nous n’avons pas eu recours au média lourd», précise le responsable. Décortiquant les résultats, il fait savoir qu’au 30 septembre 2025, 315 participants ont été enregistrés lors de cette opération de consultation ouverte. L’échantillon reflète une diversité de profils, allant des étudiants aux dirigeants d’entreprise. «Cette large participation témoigne d’un intérêt croissant de la société civile, des milieux académiques et des professionnels pour l’avenir du marché financier algérien», commente Bouzenada.
Dans leurs réponses les participants ont émis le souhait de voir s’établir un marché financier plus moderne, plus inclusif et mieux connecté aux standards internationaux, selon le 1e responsable de la COSOB. «Toutes les propositions vont être minutieusement traitées et filtrées. Un document portant le plan d’incitation sera par la suite élaboré et transmis au Conseil national économique, social et de l’Environnement avant la fin de l’année en cours», indique Bouzenada.
Un fort intérêt pour l’innovation
Selon les résultats de la consultation, il convient de noter que les chercheurs arrivent en tête avec 30,2 % des contributions, suivis des fonctionnaires avec 22,9 % et des étudiants avec un taux 22,5 %. Les entrepreneurs et les professionnels du secteur privé apportent également une contribution significative avec des taux respectifs de 21,6 % et 14% tandis que les dirigeants d’entreprise ne représentent que 7,3 %. Enfin, la catégorie «autre» concentre 19,0% des participations, traduisant l’ouverture de la consultation à des profils variés, allant des pharmaciens aux experts en génie civil, souligne la COSOB.
Si l’on se réfère à ces résultats, force est de constater que cette répartition de consultation démontre que le débat sur le marché financier n’est plus réservé aux seuls spécialistes et acteurs du marché. Il s’ouvre à la société civile et reflète un intérêt citoyen pour la modernisation des institutions économiques. L’intérêt d’ailleurs porté sur l’émergence de la fiance technologique (Fintech) comme priorité traduit une attente forte de digitalisation et de transparence du secteur financier. En effet, parmi les thèmes proposés lors de cette consultation, l’innovation et l’inclusion se sont taillé la part du lion des contributions.
Les propositions de la consultation sur le marché financier
Le thème «Fintech et innovation» a, ainsi, dominé avec 49,5% des réponses avec 156 contributions. Il est suivi par le financement des PME et startups avec 46,3 %, 146 réponses et par l’inclusion et l’éducation financière soit de 43,5%, 137 réponses. Les autres thématiques importantes incluent les nouveaux instruments financiers avec 36,2 %, la finance durable et islamique avec 28,9% ainsi que la modernisation réglementaire avec 28,3 %. La dynamisation du marché secondaire reste en retrait avec 23,8%, tout comme le rôle des investisseurs institutionnels avec 21,6%.
En analysant les propositions formulées, il ressort la volonté de rapprocher l’Algérie des pratiques internationales, tout en tenant compte de spécificités locales comme la finance islamique. «Les propositions formulées vont au-delà des constats pour suggérer des mesures opérationnelles», indique la COSOB.
Parmi elles figurent l’obligation d’introduire en bourse des grandes entreprises publiques non stratégiques, la création de plateformes numériques pour le crowdfunding (financement participatif) et le trading inspirée des expériences internationales, l’imposition de rapports annuels détaillés pour les sociétés cotées, comparables aux normes de la SEC américaine, ou encore l’intégration d’un module d’éducation financière dans les parcours universitaires. Plusieurs contributions plaident également pour la mise en place d’instruments financiers islamiques tels que les sukuk, la promotion de la transparence et de l’information boursière et enfin l’incitation fiscale pour dynamiser le marché secondaire.
Wassila Ould Hamouda