Ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset: L’ANESRIF annonce l’achèvement des études

L’ANESRIF annonce mercredi l’achèvement des études de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset sur sa page officielle sur les réseaux sociaux.

L’annonce de l’Agence Nationale d’Études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF)  fait état de l’achèvement total des études du corridor transsaharien Alger–Tamanrasset. Le projet gagne en clarté et la trajectoire est désormais définie avec des étapes ordonnées pour une liaison Nord–Sahel pérenne.

Exploitation mixte de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset

La feuille de route du projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset sort du cadre théorique pour gagner en consistance opérationnelle. En effet, selon l’ANESRIF les segments Chiffa–Boughezoul, Laghouat–Ghardaïa, Ghardaïa–El Menia et El Menia–In Salah sont déjà bouclés, tandis que la section In Salah–Tamanrasset se poursuit, avec une extension programmée vers In Guezzam. Dans le même temps, un 1e tronçon Boughezoul–Djelfa–Laghouat sur 250 km est en exploitation. Au nord, Ksar El Boukhari–Boughezoul (41,9 km) est lancé pour assurer la continuité depuis la vallée de la Chiffa. Le projet avance donc par séquences, à savoir le lancement des études, des travaux, des approvisionnements, puis la mise en service par étapes.

Concrètement, l’ANESRIF met en avant une architecture technique calibrée pour une exploitation mixte voyageurs–fret. Les sections neuves visent des vitesses cibles de 220 km/h en voyageurs, avec des gares de conception moderne, des évitements dimensionnés et une signalisation adaptée aux contraintes climatiques du Sahara. La plateforme combine terrassements, drainage, ouvrages d’art et dispositifs de protection contre le sable, avec une préparation méthodique des emprises et des bases de vie, explique l’Agence.

L’industrialisation des composants, dont les traverses en béton armé, les rails et appareils de voie, est structurée pour sécuriser les cadences de chantier et la maintenance future. En amont des fronts de travaux, l’Anesrif affirme que les opérations de déplacement et de protection des réseaux d’électricité, de gaz et de fibre optique se poursuivent pour limiter les conflits d’emprise.

Capitaliser des compétences locales

Sur le plan opérationnel, la mise ne service du tronçon long de 250 km,Boughezoul–Djelfa–Laghouat le 29 octobre 2023 constitue un jalon utile, rappelle encore l’ANESRIF. Et d’ajouter: «Elle fournit un retour d’expérience sur la robustesse de l’infrastructure, la performance des gares et l’ajustement des services». Les enseignements portent sur la programmation des sillons, l’ordonnancement des opérations de maintenance et la montée en fréquence progressive. «Cette base réelle doit faciliter l’ouverture des prochains segments, tout en affinant les plans de circulation et les ressources nécessaires aux dépôts et ateliers», relève l’Agence.

S’agissant du chantier Ksar El Boukhari–Boughezoul, la même source souligne qu’il s’inscrit dans une logique de continuité fonctionnelle puisque la ligne doit relier la pénétrante centre au réseau saharien en homogénéisant profils, vitesses et standards techniques. L’agence note aussi que le fait de confier l’exécution à des entreprises nationales sous le contrôle de bureaux d’études publics «permet de capitaliser des compétences locales, tout en garantissant un suivi serré des jalons». Aussi, les ouvrages d’art y tiennent un rôle central pour franchir les oueds et préserver les écoulements, avec un dimensionnement pensé pour les épisodes pluviométriques rares mais intenses.

Il faut savoir que l’intérêt économique de la ligne saharienne Alger-Tamanrasset tient à 3 leviers. Le premier est la réduction des temps de parcours et l’amélioration de la prévisibilité logistique, indispensables aux chaînes d’approvisionnement à moyenne et longue distance. Le 2e est l’augmentation de capacité dans la mesure où le rail absorbe des flux réguliers à coûts d’exploitation stabilisés à maturité, et réduit l’exposition aux aléas routiers. Le 3e levier est territorial en ce sens que l’ouverture de gares et d’embranchements dans les wilayas du sud offre des points d’accès au rail pour l’agro‑industrie, la logistique minière et les services, facilitant l’acheminement des intrants et l’expédition des productions vers le Nord.

L’extension jusqu’à In Guezzam, un corridor d’échanges transfrontaliers

À terme, la perspective d’une extension jusqu’à In Guezzam place ce corridor dans une logique d’échanges transfrontaliers. «En reliant les zones d’activités à des plateformes multimodales, la ligne peut améliorer la compétitivité des exportateurs, soutenir la diversification hors hydrocarbures et renforcer l’intégration régionale», assure l’ANESRIF. L’articulation avec les autres axes en cours de modernisation doit créer des itinéraires alternatifs, fluidifier le transit et répartir la charge entre route et rail.

La ligne saharienne n’est donc pas seulement une infrastructure de transport. C’est un outil d’aménagement et de compétitivité. En rapprochant bassins de production, marchés et frontières, elle peut alléger le coût logistique des filières, créer des effets d’agglomération autour des gares et favoriser l’emploi local qualifié sur la durée.

L’exploitation déjà engagée au centre du tracé aide à calibrer l’offre et à préparer la montée en charge au fur et à mesure de l’achèvement des segments vers Ghardaïa, El Menia, In Salah et, enfin, Tamanrasset. Dans ce schéma, chaque mise en service partielle n’est pas une fin, mais la condition d’un corridor continu qui, demain, reliera le Nord aux portes du Sahel tout en renforçant les capacités intérieures du pays.

Lyes Mechti

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