Sifi Ghrieb entame sa visite à Chlef par la conserverie du poisson: « Il faut accélérer la production »

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, effectue, jeudi, une visite de travail dans la wilaya de Chlef.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb a entamé sa visite dans la wilaya de Chlef par la supervision du complexe industriel et commercial Capten, une conserverie agroalimentaire de thon et de sardines, filiale Mahroussa dépendant du groupe industriel Agrodive, dans la commune de Ténès.
En présence des ministres de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, le premier ministre a, de prime abord, salué les efforts consentis pour la relance de cette unité de production, située à 7 km à l’ouest de la ville de Ténès, qui fait partie des usines confisquées dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Le Premier ministre appelle à accroître les capacités de production

Le premier ministre a instruit de lancer rapidement la production et d’accroître les capacités d’installation. « Vous devez réaliser des extensions du projet dans les brefs délais pour absorber la main d’œuvre locale et diversifier la production. Avoir des objectifs d’atteindre 11 a 12 % des parts de marché au démarrage est important mais il faut lancer rapidement la production surtout que l’usine ne nécessite pas de lourde investissement », a ordonné le premier ministre, appelant à l’élaboration d’une étude précise sur les capacités de stockage.
En présence du Wali de Chlef et des responsables locaux, Ghrieb a demandé à ce que l’extension du projet prévu pour renforcer les capacités de congélation soit réalisée en proximité du complexe de production. Par rapport à l’approvisionnement, sifi Ghrieb a indiqué que le complexe devra tirer profit de la convention signée entre le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et de la Pêche et la République de Mauritanie pour éviter d’importer ailleurs en cas de non disponibilité de production locale.

« Un plan d’action qui n’est pas adossé à des chiffres est voué à l’échec »

Sur son instruction, le complexe devra présenter la semaine prochaine une feuille de route qui définira les délais de réalisation et les partenaires envisagés. « Un plan d’action qui n’est pas adossé à des chiffres et à des deadlines est voué à l’échec ».
Pour sa part le ministre de l’Industrie a souligné qu’au regard du potentiel que recèle ce complexe, notamment en matière de superficie, les perspectives tracées sont en dessous des attentes. « Il faut être ambitieux et investir . Vous avez de l’espace même pour créer d’autres lignes de production », a t’il dit.

Fermée depuis 2020, la conserverie a fait peau neuve à la suite d’une opération de mise à niveau. Tout en conservant son nom d’origine, «Capten», l’entreprise a changé de statut juridique, passant d’une SARL à une SPA – Complexe industriel et commercial.

La récupération de l’usine redonne espoir aux employés

Selon l’exposé présenté par le directeur général de Mahroussa, Malek Akhounak, la récupération de cette usine a représenté une véritable bouffée d’oxygène pour les travailleurs, réintégrés après sa reprise par le groupe Agrodive. Il a fait savoir que l’unité de production, qui rappelant le a été créé en 1990, va être redémarrée avec 46 employés, avec la perspective de créer 180 emplois après le lancement de la production.

« Depuis la reprise par Agrodive, les salaires ont été régularisés », a-t-elle précisé. Le site s’étend sur une superficie totale de 19 834 m², dont 3 520 m² bâtis. La capacité installée de transformation de poisson en conserve alimentaire sont de l’ordre de 5 à 6 tonnes / 8 h pour la ligne de la sardine et 3 à 5 tonnes pour la ligne du thon, selon la disponibilité de la ressource humaine et matériel. Mais aussi d’après la matière première .

« Pour maintenir cette cadence de production nous avons prévu d’assurer des approvisionnement d’intrants de production sans interruption », a t-il indiqué précisant que le complexe vise 12 % marché de conserve nationale dont la taille est de 30 000 tonnes /an.

Prochaine diversification de la gamme des produits

Le complexe dispose de 2 lignes de production pour la sardine dont une manuelle et une l’autre automatique, tandis que pour le thon, l’usine dispose de 2 lignes de production de formats 65 g et 950 g. «Pour la sardine, nous travaillons principalement avec la production locale, mais nous importons également de Tunisie et de Croatie, selon le calibre. Quant au thon, il s’agit de thon rose importé de Chine, de Thaïlande et d’Espagne. Nous envisageons d’élargir notre gamme en introduisant prochainement la conserve d’anchois», a-t-elle ajouté,  annonçant que la remise en service de l’unité est prévue d’ici la fin de l’année, ou au plus tard début 2026.

Concernant les perspectives , elles se déclinent en matière de diversification de la production par la diversification de la gamme des produits fabriqués, goûts et formats ainsi qu’en matière de développement infrastructurel. Dans ce cadre il est prévu de lancer des travaux de réalisation et d’équipement d’une extension de  4 modules, dédiées à une chaine du froid industriel; un stock des produits finis; un bloc de fabrication de la farine de poissons et des anchois ainsi qu’un bloc administratif.

En matière d’emploi des ressources humaines, le nouveau plan de charge du nouveau complexe industriel, sollicitera une main d’œuvre additionnelle importante et qualifiée, de l’ordre de 84 salariés. A noter que des premiers essais de production ont d’ailleurs été effectués à l’occasion de la visite du Premier ministre

A noter que le Premier ministre Ghrieb poursuivra sa visite de travail en inspectant également le projet de réhabilitation et d’agrandissement des équipements pour l’industrie du verre de table, au niveau de la Nouvelle verrerie de Chlef NOVER, filiale de l’Entreprise nationale des verres et abrasifs (ENAVA).
Wassila Ould Hamouda
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