Lutte contre la cybercriminalité : Engagement constant de l’Algérie en faveur du multilatéralisme

Après avoir signé la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la cybercriminalité, Lounès Magramane souligne l’attachement de l’Algérie au multilatéralisme qui constitue un pilier des réponses à apporter devant la montée des crimes électroniques.

 En effet, la Conférence de haut niveau  tenue, ce dimanche à Hanoi (Vietnam) lors de la signature de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, a été une occasion pour le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Lounès Magramane, de réitérer l’engagement constant de l’Algérie en faveur du multilatéralisme.

La transformation numérique au cœur des priorités nationales

Mettant en avant l’importance de la  coopération internationale en tant qu’instrument essentiel pour relever les défis mondiaux émergents, Magramane salue le rôle de l’Algérie dans la présidence du Comité spécial chargé d’élaborer cette convention. Cette convention constitue un cadre juridique contraignant pour une réponse collective aux risques multiformes liés à la cybercriminalité. Elle prévoit aussi la création de mécanismes visant à adapter les enquêtes pénales traditionnelles à l’environnement des technologies de l’information et la mise en place d’un mécanisme mondial d’échange de preuves électroniques concernant les crimes graves.

Abordant les efforts de l’Algérie sur le plan national, Magramane met en avant l’intérêt majeur porté par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la transformation numérique, qu’il a placée au cœur des priorités nationales, à travers l’adoption d’une stratégie ambitieuse dans ce domaine. A cette occasion, les organisateurs ont salué le rôle de l’Algérie et ses efforts soutenus, par le biais de l’ambassadrice Fouzia Mebarki, qui a conduit avec succès le processus de négociation pendant quatre années, en sa qualité de présidente du Comité spécial chargé d’élaborer le texte de cette convention, efforts ayant abouti à son adoption par l’ONU et à l’ouverture de la cérémonie de signature à Hanoï. L’adoption de cette convention vient ainsi s’ajouter aux succès enregistrés par la diplomatie algérienne au cours des dernières années, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Un rôle central

Cette convention est le premier instrument international dédié à la lutte contre la cybercriminalité, dans lequel l’Algérie a joué un rôle central, en présidant le comité ad hoc chargé de son élaboration et en conduisant le processus de négociation depuis mai 2021, ayant abouti à son adoption lors de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2024. Ce nouveau cadre juridique international vise à renforcer la coopération internationale pour lutter contre la cybercriminalité, allant des images de violences sexuelles sur des enfants, aux arnaques et au blanchiment d’argent.  Le nouveau traité criminalise diverses infractions liées à la cybercriminalité, facilite le partage transfrontalier de preuves électroniques et établit un réseau de coopération 24h/24 et 7j/7 entre les Etats. Il entrera en vigueur une fois ratifié par chacun des Etats signataires.

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2024 après cinq ans de négociations, la Convention contre la cybercriminalité établit le premier cadre universel d’enquête et de poursuite des infractions commises en ligne  aux fraudes financières en passant par le partage non consensuel d’images intimes. «La nouvelle convention devrait remodeler la manière dont les pays luttent contre la cybercriminalité à l’heure où les menaces numériques sont en forte augmentation », a indiqué l’ONU sur son site.  «Pour de nombreux gouvernements, notamment ceux des pays du Sud, ce traité représente une opportunité d’accéder à des formations, à une assistance technique et à des canaux de coopération en temps réel. Selon les experts du secteur, le coût mondial de la cybercriminalité devrait atteindre 10.500 milliards de dollars par an d’ici 2025″, selon l’ONU.

Amirouche Yazid

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