Promotion des femmes magistrates : le PNUD salue l’expérience algérienne

La représentante résidente du programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) en Algérie, Natasha Van Rijn, a mis en lumière, ce mercredi à Tipasa, «l’expérience algérienne en matière de promotion des femmes magistrates qui constitue aujourd’hui une référence régionale».
«Grâce à la volonté politique du ministère de la Justice, à l’engagement des magistrates et aux partenariats avec le PNUD, l’Algérie s’impose progressivement comme un modèle de transformation institutionnelle, non seulement en Afrique, mais aussi dans la région arabe», précise Natasha Van Rijn, lors de son allocution à l’ouverture de la 2e phase du projet de soutien au développement de la carrière de la femme magistrate.
«La femme représente plus de 49% des magistrats»
Dans cet ordre d’idées, le directeur général des ressources humaines du ministère de la justice, Ahmed Amine Boughaba, a rappelé, dans une allocution lue au nom du ministre de la Justice, garde des sceaux, Lotfi Boudjemaa, que la femme représente quasiment la moitié du corps des magistrats. « La femme représente plus de 49% des magistrats. Avec une représentativité importante dans l’ordre judiciaire administratif et au niveau des tribunaux de commerce spécialisés», a-t-il précisé.
Sur un plan plus large, le représentant du ministre a tenu à rappeler que « notre pays accorde un intérêt suprême au principe de la protection des droits et des libertés du citoyen d’une manière générale et de la femme en particulier, et ce en adaptant son arsenal juridique aux teneurs des chartes et des conventions internationales paraphées par l’Algérie ». En ce sens, « l’Etat encourage la participation active de la femme dans tous les domaines», a-t-il soutenu.
Renforcer les conditions d’accès des femmes aux postes de responsabilité au sein de la magistrature
Ahmed Amine Boughaba rappelle l’engament du ministère de la justice dans ce projet conjoint avec le PNUD qui sous-tend notamment l’encouragement de la promotion de la femme à des postes de responsabilité et de prise de décision dans les instances et administrations publiques. Et d’ajouter : «Le ministère de la justice salue et valorise l’appui du PNUD à accompagner les différentes phases du projet, et ce notamment dans l’optique de juguler les éventuels écueils qui peuvent apparaitre dans la carrière des femmes magistrates». « Cette deuxième phase qui s’étale de 2025 à 2029, vient après le succès palpable de la première phase du projet signé 13 novembre 2023 qui a été jalonné par l’organisation de plusieurs ateliers de formation sur différentes thématiques au profit des femmes magistrates», a signalé Boughaba.
Natasha Van Rijn a abondé dans le même sens notant que « ce projet prolonge le plan initial du projet de 2024 qui a permis d’identifier les obstacles structurels, institutionnels ou socioculturels, limitant la progression des carrières des femmes magistrates ». Et de poursuivre : «L’objectif que nous partageons aujourd’hui est de renforcer les conditions d’accès des femmes aux postes de responsabilité au sein de la magistrature ». Sur le plan régional, la représentante du PNUD souhaite qu’un réseau arabe des femmes juges voie le jour, dans lequel l’Algérie peut jouer un rôle crucial.
Créer un environnement propice à l’égalité femmes-hommes
« L’expérience réussie de l’Algérie, notamment à travers le travail mené avec le Conseil supérieur de la magistrature et l’introduction pour la première fois dans une institution judiciaire arabe, le Gender Seal d’Égalité, la positionne de fait comme leader et catalyseur régional pour faire progresser la place des femmes dans la justice», reconnaît-elle. Les concepteurs du projet escomptent sa concrétisation à travers des campagnes de sensibilisation et d’ateliers de formation notamment, afin de « créer un environnement propice à l’égalité femmes-hommes et garantir ainsi un changement dans les perceptions relatives à la femme face aux postes de responsabilités ».
Outre les représentants des instances judiciaires et du ministère de la justice, cet atelier a vu la participation des élèves magistrats, des représentants du ministère des affaires étrangères, de la communauté nationale à l’étranger et des affaires africaines, du ministère de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme et du conseil national des droits de l’homme.
Amirouche Lebbal