168.776,82 quintaux de viandes blanches produits en 2024 à Tizi Ouzou
168.776,82 quintaux de viandes blanches sont produits en 2024 dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Ce bilan la production de viandes blanches pour l’année 2024 est dévoilé par les services agricoles de la wilaya de Tizi Ouzou, en marge de la seconde édition du salon de l’apiculture et du petit élevage.
Le poulet de chair vient en tête
Dans le détail, c’est le poulet de chair qui vient en tête avec 154.685,93 Qx soit près de 92% de cette production. La dinde de chair arrive derrière avec 5.585 Qx suivie de la viande de caille avec 1.306,18 Qx alors que la viande de réforme notamment les poules pondeuses, il a été produit 5.756,60 Qx. « Réformée ne veut pas dire qu’elle est impropre. Elle est souvent achetée par les restaurants dit fastfood, mais aussi par les industries agroalimentaires pour la fabrication de pâtés », nous précise un aviculteur rencontré sur place. Aussi à travers les chiffres communiqués, il ressort que c’est les 4ème et 1er trimestres de l’année où l’on produit le plus.
«En termes de trimestres, il faut comprendre par année agricole et non année civile», nous dit Nadir Boussa, chef de service à la direction des services agricoles de la wilaya. Et ce pratiquement pour toutes les espèces, y compris pour la viande de lapin avec une production totale de 1.443,11 Qx. Ces trimestres sont les périodes où la production est plus importante avec des quantités estimées entre 44 et 46.000 Qx alors que le 2ème trimestre est le moins productif.
La production en œufs de consommation estimée en 2024 à 111.690.000 unités
«En fait, cela s’explique pour diverses raisons. La première est que comme chacun le sait le mois sacré du Ramadhan intervient ces dernières années lors du 1er trimestre qui fait que la demande sur le poulet de chair est forte induisant une forte production tout comme le poulet est très demandé au cours du dernier trimestre avec la rentrée établissements scolaires et universitaires, dont les restaurants en sont très demandeurs », nous dit encore Nadir Boussa. Ce dernier explique aussi que la baisse des deux autres trimestres de l’année est motivée par la reconstitution du cheptel et le vide sanitaire obligeant les aviculteurs à nettoyer leurs poulaillers de fond en comble pour éviter les virus pour leur nouveau cheptel.
Ceci pour la production de viandes blanches. Aussi pour rester dans la filiale aviaire, la production en œufs de consommation a été estimée en 2024 à 111.690.000 unités. Enfin, cette filière est l’une des filières agricoles qui échappe le plus au circuit formel. C’est ainsi que nous avons appris que 60% des aviculteurs activent dans l’informel. « Toutefois, nous vétérinaires veillent à la traçabilité des viandes dès lors qu’elles sont commercialisées dans le circuit de la distribution », nous indique une autre fois Nadir Boussa qui ne manque aussi de mettre en exergue les efforts consentis par les pouvoirs publics à l’effet de voir ces mêmes aviculteurs retrouver le circuit légal « en allégeant les procédures administratives pour leur intégration dans le fichier de nos services ».
Les aviculteurs appelés à adhérer à la politique du ministère de l’agriculture
Il reste que le plus gros danger pour les consommateurs en termes d’hygiène restent les abattoirs informels que l’on retrouve un peu partout même sur les axes routiers. « Il est vrai que les ménages sont attirés par les prix pratiqués qui semblent avantageux, mais dans les faits il n’ y a pas une grande différence lorsqu’une fois éviscéré (vidé) le poulet perd 25 à 35% de son poids. Donc, remis sur la balance, le prix du poulet revient presque à celui pratiqué dans les commerces ou la grande distribution avec en plus la garantie d’un poulet sain », précise Nadir Boussa.
Pour conclure, il espère voir les aviculteurs adhérer à la politique du ministère de l’agriculture consistant à réduire la durée de vie de leur cheptel en passant de 45 jours à un mois pour des poulets tournant autour de 1,4 à 1,6 kg pièce, comme cela se fait dans les pays à forte production et de consommation aviaires. « Non seulement cela réduira les coûts avec cette période de 15 jours de moins pour l’élevage avec tout ce que cela induit comme dépenses pour les intrants et autres aliments, mais aussi le renouvellement rapide du cheptel », explique Boussa qui « invite aussi les ménages à changer leur culture de consommation du poulet en acceptant des poulets ne dépassant guère ce kilo et demi comme ils le font durant le mois du Ramadhan avec la volaille importée qui connaît un gros succès ».
Rachid Hammoutène