Forum d’affaires algéro-vietnamien: Vers une coopération diversifiée

Lors du forum d’affaires algéro-vietnamien mardi à Alger, les 2 pays se dirigent vers une coopération diversifiée.

L’Algérie et le Vietnam confirment le dynamisme de leur relation, jugée exemplaire à l’aune des échanges économiques et commerciaux en pleine croissance. Portés par une histoire tissée autour du mouvement de libération et d’une amitié qui remonte aux années 1950, les deux pays misent sur une coopération pragmatique, sur des bases solides et anciennes, qui se traduisent aujourd’hui par une volonté commune de progresser, avec une confiance politique régulière, un soutien mutuel dans les instances internationales et une collaboration centrée sur la complémentarité économique.

Signature de plusieurs accords mémorandums mercredi

La visite du Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, inaugure une nouvelle phase dans le partenariat entre les 2 pays. L’événement, salué comme porteur d’un nouvel élan dans la relation bilatérale, traduit la volonté commune de consolider l’échange dans des domaines essentiels comme l’économie, le commerce et la coopération scientifique.

À cette occasion, des accords et des mémorandums important sont discutés lors des travaux de la 13e session de la commission mixte algéro-vietnamienne, entamés mardi à Alger. Ils seront officialisés et signés lors d’un forum d’affaires qui sera coprésidé mercredi par les 2 Premiers ministres, algérien et vietnamien.

Il faut dire que le point de convergence entre l’Algérie et le Vietnam réside dans la volonté mutuelle de diversifier et stimuler la coopération, en s’appuyant sur le potentiel existant de chaque économie. La perspective de nouveaux accords dans l’agroalimentaire, l’énergie verte, la logistique ou même le tourisme renforce l’attrait du partenariat, chaque secteur incarnant pour les deux parties une opportunité durable.

Cette dynamique qui s’accélère se matérialise, par exemple, dans la présence grandissante des entreprises vietnamiennes sur les marchés algériens et africains. Inversement, l’Algérie s’appuie sur le savoir-faire vietnamien pour favoriser la transformation industrielle et technologique, en tirant parti de missions de formation et d’une recherche conjointe orientée vers l’innovation. Ces dernières années, les échanges commerciaux se sont accélérés, atteignant un volume de plus de 450 millions de dollars en 2025, en hausse de près de 200% par rapport à l’année précédente.

Créer un cadre juridique facilitateur

L’Algérie importe du Vietnam café, noix de cajou, poivre, produits aquatiques, chaussures, textile et exporte vers ce pays notamment des dattes et de l’huile d’olive. Dans le domaine de l’énergie, le partenariat entre les deux parties s’appuie sur une joint-venture pétrolière exemplaire, notamment autour du gisement de Bir Seba, exploité par Petrovietnam, Sonatrach et des partenaires thaïlandais, qui a produit près de 57 millions de barils à la fin de 2024.

La commission mixte a eu à discuter des moyens à même de dépasser les obstacles persistants (distance, coûts logistiques, manque d’informations et différends réglementaires) avec une priorité accordée à la création d’un cadre juridique facilitateur, à l’augmentation du volume des investissements et à la diversification des partenariats dans des filières comme les hydrocarbures, la transformation numérique, la production pharmaceutique et l’énergie verte.

Le dialogue intersectoriel entre les deux pays se veut direct, d’autant que le forum d’affaires réunit une vingtaine d’entrepreneurs, publics et privés, pour lier de nouveaux accords et mémorandums d’entente. L’objectif est clair, celui de faire du Vietnam un partenaire de premier plan dans la région et tout en lui offrant un accès privilégié aux marchés africains. Les entreprises vietnamiennes sont ainsi encouragées à investir dans les mines, l’agroalimentaire et la transformation industrielle.

Au-delà du volet économique, cette relation se renforce dans les domaines culturels, universitaires et sportifs, avec un accent sur les échanges directs entre jeunes, universitaires et entrepreneurs. La simplification du visa et l’ouverture logistique facilitent les rencontres et la construction de nouveaux projets intercontinentaux. La coopération, fondée sur une histoire commune et une aspiration partagée à l’indépendance et au développement, se réinvente, portée par la volonté politique et la complémentarité des ambitions.

Lyes Mechti

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