La décision de Tebboune mise en œuvre

La décision du président Tebboune est mise en œuvre. Le coup d’envoi des travaux de la SDEM à Tlemcen est donné samedi.
Le littoral de Marsa Ben M’hidi, à Tlemcen, est le cadre de ce coup d’envoi officiel des travaux de la nouvelle station de dessalement de l’eau de mer à Aïn Adjroud. La première pierre de cette infrastructure, inscrite dans le programme national visant à sécuriser l’alimentation en eau potable a été symboliquement posée sous la houlette du PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, et de son homologue de l’Entreprise algérienne de dessalement de l’eau (EADE), Lahcen Bada. Adopté lors du Conseil des ministres présidé en octobre dernier par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, ce programme complémentaire prévoit la réalisation de 3 stations SDEM de grande capacité à Tlemcen, Mostaganem et Chlef.
Production de 300.000 m³ d’eau dessalée/jour/station
À terme, chaque installation sera capable de produire 300.000 m³ d’eau potable quotidiennement, selon les explications fournies sur place par le représentant de l’EADE, Mouloud Hachlaf. Étendue sur 15 hectares, la future usine de Tlemcen, dont la réalisation a été confiée à Cosider Canalisations, ambitionne de desservir 3 millions d’habitants répartis sur la wilaya et ses environs, un enjeu crucial dans un contexte de raréfaction des ressources hydriques conventionnelles. Le choix de l’emplacement sur la plage d’Aïn Adjroud ne doit rien au hasard.
Cette partie du littoral, historiquement marquée par une forte demande en eau potable et soumise à la pression touristique estivale, nécessite une sécurisation accrue des approvisionnements. Les autorités ont donc opté pour une solution qui allie performance industrielle et respect de l’environnement, la station étant conçue pour limiter l’impact sur les ressources naturelles grâce à l’inté-gration progressive d’énergies renouvelables dans son fonctionnement.
Mais au-delà de la production destinée à Tlemcen, le réseau devrait bénéficier également aux communes riveraines et alimentera le tissu agricole, particulièrement dynamique dans la région. Des formations dédiées au dessalement seront lancées par ailleurs, en collaboration avec les instituts spécialisés, une synergie qui participera à l’émergence de nouvelles compétences locales et à la consolidation du savoir-faire national dans les métiers de l’eau.
Répondre à la croissance démographique
La station utilisera le procédé de l’osmose inverse, et sa 1e tranche devant entrer en service dans moins de deux ans produira déjà la moitié de la capacité totale, soit 150.000 m³/jour. Au volet socioéco-nomique, le projet laissera sa marque en générant 1.500 emplois dont une centaine de postes permanents, renforçant la dynamique locale. Interrogé à l’issue de la cérémonie, le PDG de Sonatrach rappelle que ce chantier s’intègre dans une stratégie nationale articulée autour de la diversification des ressources hydriques pour garantir l’accès à l’eau potable et répondre à la croissance démographique et urbaine des régions ouest du pays.
La même feuille de route prévoit également l’implantation de 2 autres infrastructures jumelles à Chlef et Mostaganem, afin d’assurer la sécurité hydrique régionale tout en réduisant la pression sur les retenues de surface et nappes souterraines. Globalement, l’Algérie vise la production de 5,6 millions m3 d’eau dessalée par jour à l’horizon 2030, pour faire face aux défis liés au changement climatique et à la demande croissante.
Ce chantier s’inscrit dans la continuité des efforts déjà déployés ces derniers mois par la mise en service de 5 stations similaires dans les wilayas d’El Tarf, Bejaïa, Boumerdès, Tipasa et Oran. Il traduit concrètement les engagements des pouvoirs publics à anticiper et sécuriser les ressources vitales pour les générations futures. Le choix de confier la réalisation à des entreprises nationales, associées aux principaux acteurs institutionnels du secteur, reflète la volonté de bâtir une expertise locale tout en catalysant l’économie régionale.
Lyes Mechti
